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Actualités - Chronologie

Mondial - 2006 La candidature de l'Afrique du Sud remise en cause

Battue en demi-finale des Jeux africains par la Zambie (1-0), vendredi à Johannesburg, l’Afrique du Sud n’a pas seulement perdu un match de football. Elle a aussi compromis ses chances d’obtenir la Coupe du monde de 2006, pour laquelle elle est en concurrence avec le Maroc, le Brésil, l’Allemagne et l’Angleterre. Car la finale, opposant la Zambie au Cameroun, se déroula dimanche, dans le vaste stade de Johannesburg, devant un maigre public, dont les rangs ne s’épaissirent qu’à l’approche de la cérémonie de clôture qui suivait. Deux jours plus tôt, la demi-finale Cameroun-Ouganda, qui avait commencé devant cinquante spectateurs, avait déjà montré que les exubérantes foules noires du football sud-africain adorent leur équipe mais ne se déplacent pas pour les autres. «Le Mondial a connu un énorme succès populaire aux États-Unis, en 1994, et en France, en 1998, et en connaîtra sans doute un semblable au Japon et en Corée du Sud en 2002. Peut-on courir le risque de jouer devant des stades plus qu’à moitié vides en 2006 ? Et même presque totalement vides si l’Afrique du Sud est éliminée dès la première phase», a déclaré à l’AFP un observateur de la Fifa qui a requis l’anonymat. Dans une ville très étendue où les transports en commun brillent par leur discrétion, ne pas posséder une voiture est un handicap. À cette difficulté de se déplacer, s’ajoute l’impossibilité financière largement répandue d’acheter un billet d’entrée, aussi minime soit son prix. Préparation insuffisante S’agissant des multiples imperfections ayant émaillé les Jeux africains, les organisateurs n’ont cessé de répéter qu’il ne fallait pas faire de ces Jeux un test. De fait, il est plus facile d’organiser une compétition unisport qu’un rassemblement omnisport de vingt disciplines. D’autre part, l’Afrique du Sud n’était pas demandeuse des Jeux africains, alors qu’elle brûle d’accueillir le Mondial de football. Reste que les choses n’avaient pas été suffisamment préparées (transports assez chaotiques et signalisation absente). En outre, le match pour la cinquième place, Algérie-Côte d’Ivoire, commença avec un énorme retard car les deux équipes étaient également vertes de la tête aux pieds. Il fallut donc courir acheter des shorts blancs pour les distinguer l’une de l’autre. À l’heure où les minutes pèsent leur comptant de dollars à la télévision, on imagine l’effet désastreux que peuvent avoir des retards répétés sur de florissants bilans financiers sportifs. Or, l’exactitude n’a pas été le point fort de ces Jeux africains. À propos de la sécurité, des statistiques criminelles régulièrement alarmantes, le meurtre en plein milieu des Jeux d’un diplomate du Zimbabwe arrêté à un feu rouge et les huit coups de feu tirés près d’un car transportant des athlètes ne sont pas de nature à inciter les touristes européens, qui forment les gros bataillons de spectateurs au Mondial, à se précipiter en Afrique du Sud. Clivage renaissant Pour ce qui est des installations déjà utilisables, elles sont plus que satisfaisantes, même si le terrain d’Orlando à Soweto, où l’Afrique du Sud joua la quasi-totalité de ses matches, faisait penser à un champ de patates. Quant aux télécommunications, modernes, elles n’eurent pas à souffrir d’une grève groupusculaire des employés de la société Telkom. Même si le service laisse parfois à désirer, le parc hôtelier est superbe, la population hospitalière et chaleureuse et le climat propice à un beau football pendant l’hiver austral. Cependant, le long isolement dans lequel a été tenu le pays fait encore sentir ses effets un peu partout. «Les organisateurs ont eu tort d’écarter les Blancs et de se priver de leurs compétences», a déclaré à l’AFP Fidèle Waura, président du Comité olympique gabonais. Ladite minorité blanche, qui ne représente que 12,7 % de la population, ne serait d’ailleurs pas autrement désireuse de voir grandir la popularité du football au détriment du rugby et du cricket. Enfin, le clivage entre pays francophones et anglophones, un moment estompé, aurait repris un tour aigu et un vote africain unanime en faveur de l’Afrique du Sud n’est pas du tout acquis.
Battue en demi-finale des Jeux africains par la Zambie (1-0), vendredi à Johannesburg, l’Afrique du Sud n’a pas seulement perdu un match de football. Elle a aussi compromis ses chances d’obtenir la Coupe du monde de 2006, pour laquelle elle est en concurrence avec le Maroc, le Brésil, l’Allemagne et l’Angleterre. Car la finale, opposant la Zambie au Cameroun, se déroula dimanche, dans le vaste stade de Johannesburg, devant un maigre public, dont les rangs ne s’épaissirent qu’à l’approche de la cérémonie de clôture qui suivait. Deux jours plus tôt, la demi-finale Cameroun-Ouganda, qui avait commencé devant cinquante spectateurs, avait déjà montré que les exubérantes foules noires du football sud-africain adorent leur équipe mais ne se déplacent pas pour les autres. «Le Mondial a connu un énorme succès...