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Actualités - Chronologie

Découverte Le mécanisme cérébral de la mémoire

Des chercheurs français viennent de démontrer qu’une partie du cerveau, connue pour jouer un rôle dans la mémoire, l’hippocampe, sert de zone de transit aux souvenirs, tout juste acquis, avant d’être lentement transférés et réorganisés dans d’autres régions cérébrales, spécialisées dans le stockage des souvenirs «anciens». Leurs travaux conduits sur des souris en bonne santé, sans aucune atteinte du cerveau, ont paru dans la revue scientifique britannique Nature. Dans le même numéro, une équipe américaine de Californie montre également que le rôle de l’hippocampe dans la connaissance de l’espace ou «mémorisation spatiale» (retenir son chemin ou les éléments d’orientation d’une carte) n’est que transitoire et n’est plus indispensable au bout d’un moment, – à partir du cas d’un homme de 76 ans, souffrant d’amnésie profonde après une lésion étendue de cette région du cerveau. «On savait que l’hippocampe, appelé ainsi en raison de sa forme, jouait un rôle essentiel dans le processus de mémorisation (faits et événements et leur relation), essentiellement d’après des lésions observées chez l’homme», a indiqué un des chercheurs. «Mais le rôle éphémère de cette structure était plutôt controversé», ajoute-t-il. Avec son collègue du laboratoire de neuroscience de l’université de Bordeaux-CNRS, il apporte maintenant «la preuve du rôle éphémère de l’hippocampe» en l’absence de lésion. Les lésions de l’hippocampe entraînent une amnésie des souvenirs récents, en épargnant des souvenirs anciens. Les patients, incapables de fixer de nouveaux souvenirs, perdent aussi le souvenir d’informations acquises avant la survenue de la lésion. Selon une hypothèse courante, la contribution de cette partie du cerveau diminuerait progressivement pour disparaître avec le temps. Les informations installées dans l’hippocampe migreraient en se consolidant lentement pour s’établir définitivement ailleurs dans le cerveau. Restait à confirmer cette hypothèse: c’est désormais chose faite. Grâce à une méthode d’imagerie cérébrale non invasive, qui ne crée pas de lésion et peut être utilisée chez l’homme, les Français ont montré, avec des souris au cerveau intact, qu’il existe bien une réorganisation lente des circuits du cerveau impliqués dans la restitution des informations acquises. Les animaux ont appris à localiser de la nourriture dans un labyrinthe. Les chercheurs ont ensuite surveillé les régions du cerveau activées 5 ou 25 jours après, quand ces connaissances ont été utilisées, à l’aide d’un sucre marqué au carbone 14. La consommation sanguine de cette source d’énergie – le sucre marqué – montre quelle zone du cerveau travaille. Ils ont ainsi pu constater sur les images une diminution progressive de l’activité de l’hippocampe au profit d’un accroissement du travail de certaines structures du cortex, en particulier frontales, à mesure que le temps passait. Les Américains se sont penchés sur un homme dont l’hippocampe a été irrémédiablement endommagé en 1992, ainsi que le lobe cérébral médian temporal, après un épisode infectieux, une encéphalite à virus herpès. Le patient, incapable de reconnaître les membres de l’équipe qui lui ont pourtant rendu visite une bonne quarantaine de fois, a autant de difficultés à préciser quel chemin ou direction il emprunterait pour se rendre dans des endroits proches de sa maison dans la ville où il s’est installé en 1993. En revanche, il est incollable sur la ville californienne de son enfance près de cinquante ans après l’avoir quittée.
Des chercheurs français viennent de démontrer qu’une partie du cerveau, connue pour jouer un rôle dans la mémoire, l’hippocampe, sert de zone de transit aux souvenirs, tout juste acquis, avant d’être lentement transférés et réorganisés dans d’autres régions cérébrales, spécialisées dans le stockage des souvenirs «anciens». Leurs travaux conduits sur des souris en bonne santé, sans aucune atteinte du cerveau, ont paru dans la revue scientifique britannique Nature. Dans le même numéro, une équipe américaine de Californie montre également que le rôle de l’hippocampe dans la connaissance de l’espace ou «mémorisation spatiale» (retenir son chemin ou les éléments d’orientation d’une carte) n’est que transitoire et n’est plus indispensable au bout d’un moment, – à partir du cas d’un homme...