L'enquête sur les crimes de l'armée devra remonter jusqu'à 1975
le 20 septembre 1999 à 00h00
L’enquête sur les crimes commis au Timor-Oriental devra englober les violations des droits d’homme jusqu’à 1975, date de l’invasion de la province par l’armée indonésienne, a affirmé dimanche un juriste australien coordonnant un groupe d’enquêteurs. «Il ne faudra aucune limite dans le temps dans cette affaire» a déclaré le juge John Dowd, président du groupe australien de la Commission internationale des juristes. «Le monde doit faire la lumière sur ce qui s’est produit il y a 24 ans», a-t-il dit. Les accusations portées depuis plusieurs années dans diverses instances internationales par les militants des droits de l’homme contre l’appareil militaire indonésien, soupçonné d’avoir commis des atrocités au Timor-Oriental, étaient jusqu’à présent passées globalement inaperçues. Cependant, la crise qui vient de déchirer l’ancienne colonie portugaise annexée par l’Indonésie, comme sa 27e province en 1976, a focalisé l’attention internationale sur les crimes dont pourraient s’être rendus coupables les militaires indonésiens ainsi que les milices pro-indonésiennes qu’ils ont armées et entraînées. Ce regain d’intérêt a suscité des initiatives en faveur de la création d’un tribunal sur les crimes de guerre au Timor-Oriental sur le modèle de ceux qui s’attellent à faire la lumière sur les atrocités commises ces dernières années dans les Balkans et au Rwanda. C’est dans la perspective de la création de cette juridiction réclamée en particulier par le Haut commissaire de l’Onu pour les droits de l’homme, Mary Robinson, que le juge Dowd et son association doivent commencer leurs investigations au cours des prochaines semaines. Le juge australien a révélé dimanche qu’un groupe de juristes allaient rapidement commencer à réunir les preuves sur ces atrocités à la fois en Australie et au Timor occidental (indonésien) visant en particulier les violences commises par les milices et un éventuel génocide au Timor-Oriental. L’ensemble des preuves seront réunies en Australie afin d’être ensuite transmises au tribunal une fois que ce dernier aura été formé. Ces dernières semaines le nombre des atrocités commises au Timor-Oriental a connu une croissance exponentielle. Dans un rapport rendu public vendredi 17 septembre, Mme Robinson a fait l’inventaire des cas d’exécutions de masse et de meurtres arbitraires commis au Timor dont elle a eu connaissance pendant son séjour du 10 au 13 septembre à Djakarta et à Darwin (Australie). Ce document a été publié au moment où la commission des droits de l’homme de l’Onu examine à Genève la possibilité de se réunir en session extraordinaire pour examiner la situation au Timor. Selon Mme Robinson, 120 000 et 200 000 Est-Timorais ont été déplacés : 100 000 se trouveraient au Timor occidental et dans les îles voisines de Flores et Alor, 20 000 seraient encore à la frontière côté Est. Un nombre indéterminé a été déporté dans différentes îles par les militaires indonésiens. La déclaration du juge Dowd englobant toute la période de l’occupation indonésienne pourrait placer sur la sellette les officiers de l’armée indonésienne responsables des massacres passés tout comme l’ont été les criminels de guerre de l’ancienne Yougoslavie ou du Rwanda. Selon la résistance timoraise et les militants des droits de l’homme, quelque 200 000 habitants du Timor-Oriental ont été assassinés au cours des 24 dernières années.
L’enquête sur les crimes commis au Timor-Oriental devra englober les violations des droits d’homme jusqu’à 1975, date de l’invasion de la province par l’armée indonésienne, a affirmé dimanche un juriste australien coordonnant un groupe d’enquêteurs. «Il ne faudra aucune limite dans le temps dans cette affaire» a déclaré le juge John Dowd, président du groupe australien de la Commission internationale des juristes. «Le monde doit faire la lumière sur ce qui s’est produit il y a 24 ans», a-t-il dit. Les accusations portées depuis plusieurs années dans diverses instances internationales par les militants des droits de l’homme contre l’appareil militaire indonésien, soupçonné d’avoir commis des atrocités au Timor-Oriental, étaient jusqu’à présent passées globalement inaperçues. Cependant, la...
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