Un calme plat a régné hier sur le marché des changes de Beyrouth, se traduisant par une nette contraction de l’offre du dollar et l’absence d’intérêts particuliers à la demande de cette monnaie. Mais c’est grâce à l’action de la Banque du Liban (BDL) qui a maintenu ses deux taux d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente que le billet vert est parvenu à achever la journée au cours moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà une semaine. Dans ces conditions, les établissements de crédit ont été amenés encore une fois à céder le dollar à la BDL au point inférieur de sa fourchette d’intervention en l’absence d’autres contreparties valables à la demande en dehors d’elle. Pourtant, ce mouvement ne devait pas prendre beaucoup de dimensions en raison du ralentissement de l’offre, a-t-on appris de sources cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé quelque sept millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL à 1 501,00 LL. Coup d’arrêt à la hausse du yen À l’étranger, le dollar est remonté face au yen hier sur les marchés des changes internationaux, après la montée des risques d’intervention concertée de la Banque du Japon et de la Réserve fédérale américaine (Fed). Cette probabilité a été renforcée par l’annonce du ministre japonais des Finances, Kiichi Miyazawa, selon lequel son adjoint pour les affaires internationales, Haruhiko Kuroda, devait s’entretenir à Washington avec son homologue américain, Timothy Geithner, pour discuter de mesures destinées à stabiliser les marchés des changes. Cela d’autant plus que selon le quotidien japonais Yomiuri Shimbun, des discussions ont également été entamées avec les autorités monétaires européennes sur les possibilités d’intervention pour contrer la hausse du yen. En outre, des rumeurs, quoique démenties, faisant état d’une réunion d’urgence du groupe des Sept devait être convoquée pour discuter de l’appréciation de la devise nippone, ont également agi au passif du yen, surtout après un net recul hier de 2,7 % de la Bourse de Tokyo. Le repli du yen a permis à l’euro de se reprendre face au dollar surtout après une mauvaise performance de Wall Street intervenue hier à la suite de la publication de données plus fortes que prévu sur la production industrielle aux États-Unis en août, laissant craindre un nouveau resserrement de la politique monétaire de la Fed. Quant à la livre sterling, elle s’est appréciée aussi face au billet vert, après l’annonce d’une progression beaucoup plus forte que prévu des ventes de détail au Royaume-Uni en août et en réaction à des déclarations optimistes, hier, du chancelier de l’Échiquier, Gordon Brown, sur l’économie britannique. Cela étant, la meilleure tenue du dollar face au yen hier ne devait lui apporter aucun soutien par rapport aux monnaies européennes, le faisant négocier à New York, comme suit : – 1,0405 pour un euro contre 1,0395, la veille – 1,6245 pour un sterling contre 1,6145 – 1,8797 DM contre 1,8810 – 6,3045 FF contre 6,3090 – 1,5410 FS contre 1,5435 – 1 861,10 lires contre 1 862,35 – 105,05 yens contre 104,25. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier de la baisse des actions A de Solidere de 7 1/8 à 7,00 dollars, dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a reperdu hier 0,14 % à 75,43 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 179,84 points. Mais comme tous les jours, ce mouvement de la cote s’est produit, hier, dans des volumes d’affaires très minces, ne dépassant pas au total 17 113 actions d’une valeur de 109 435 dollars. Nouvel accès de faiblesse de Wall Street De son côté, Wall Street s’est montrée une nouvelle fois hier extrêmement nerveuse, jouant au yoyo avant de renouer franchement avec la baisse dans un marché où rode toujours le spectre de l’inflation. L’annonce d’une hausse plus forte que prévu de 0,3 % de la production industrielle américaine en août après 0,7 % en juillet, laissait craindre à nombre d’analystes financiers une surchauffe économique. Cela d’autant qu’on apprenait que le taux d’utilisation des capacités industrielles aurait progressé à 80,8 % contre 80,7 % pendant la même période et que le nombre des demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis avait diminué de 4 000 personnes la semaine dernière pour totaliser 288 000 personnes en raison de quelques créations d’emplois non agricoles. En outre, la clôture anticipée du marché obligataire américain hier, en raison de fortes tempêtes provoquées par l’ouragan Floyd, a également pesé sur la cote dans la mesure que la déclaration de l’état d’urgence à New York incitaient plusieurs opérateurs boursiers à déserter les salles du marché. C’est dans ce contexte que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû irrégulièrement fluctuer entre un plus haut à 10 799,25 points et un plus bas à 10 626,65 points, avant d’afficher en préclôture 10 745,70 points, en baisse de 55,72 points sur la veille. Les Bourses européennes fléchissent dans le sillage du Dow Jones La morosité de Wall Street et la vigueur du yen face au dollar et à l’euro ont pesé jeudi sur les valeurs européennes. «L’appréciation du yen/dollar est un problème japonais, mais c’est également un problème mondial. Le G7 ne peut l’ignorer indéfiniment», a expliqué David Coleman (CIBC World Markets). Pour ajouter à l’hésitation des marchés, les autorités boursières américaines ont annoncé la fermeture anticipée du marché obligataire en raison de l’approche de l’ouragan Floyd. Ainsi, l’indice paneuropéen STOXX a perdu 1,08 %, l’Eurotop 100 0,67 % et l’Eurtop 300 0,75 %. Le secteur européen des technologiques a été durement touché par la baisse de 4,10 % du fabricant néerlandais d’équipement pour semi-conducteurs ASM Lithography, et par celle de 4,15 % de l’allemand SAP AG. À Paris, où la fermeté de France Télécom sur des résultats semestriels meilleurs que prévu a permis de limiter les pertes et le CAC 40 a reculé de 0,46 % à 4 640,55 points. «Plus que jamais, les fondamentaux de la zone euro plaident pour une déconnexion de la tendance dictée par Wall Street. L’économie européenne, Grande-Bretagne incluse, repart. La remontée des taux à long terme européens témoigne d’un regain de confiance dans la croissance. Les marchés d’actions du Vieux continent vont finir par en prendre acte, pourvu que les taux longs ne dépassent pas sensiblement le niveau de 5 % et que l’économie et la Bourse américaines atterrissent en douceur», a écrit ainsi Roland Gagnon, stratège de CDC Bourse dans sa revue mensuelle Stratégie de marché. L’allemand Allianz flambe À Londres, en baisse pour la septième fois en huit séances, le FTSE a perdu 0,88 %. Contre la tendance générale, British Telecom, poids lourds de la cote, a gagné 4 % après avoir annoncé s’être allié avec l’américain AT&T Corp dans la téléphonie mobile. National Power, la vedette du jour, a pris 7,05 % sur des spéculations croissantes d’annonce d’une scission de ses opérations britanniques et internationales. À l’inverse, British Aerospace a perdu 5,55 %, HSBC a abaissé sa recommandation sur le titre à «garder» à la suite de résultats semestriels décevants. À Francfort, où le DAX a terminé en repli de 1,54 % ou 82,76 points, à 5 304,42 points en raison notamment de la chute des valeurs automobiles. Dans ce marché morose, la flambée d’Allianz a été remarquée. L’assureur allemand a terminé sur un gain de 5,93 % à 268 euros, des rumeurs prêtant au groupe l’intention de restructurer son portefeuille de participations et de céder les quelque 21 % qu’il détient dans la banque allemande Dresdner pour permettre à celle-ci de conclure une alliance transfrontière. Les automobiles étaient particulièrement délaissées. DaimlerChrysler a abandonné 4,73 % à 67,50 euros et Volkswagen a perdu 1,54 % à 54,91 euros. Tokyo : forte chute de la cote La Bourse japonaise a fortement baissé jeudi, l’envolée du yen ayant nettement assombri les perspectives d’une reprise économique balbutiante, mais elle est néanmoins parvenue à réduire ses pertes en fin de journée. L’indice Nikkei 225 a terminé sur un recul de 485,63 points, soit 2,73 %, à 17 291,59, après avoir accusé dans l’après-midi un recul de plus de quatre pour cent, à 17 058,13. Le contrat décembre sur indice a perdu quant à lui 460 points, à 17 130. L’indice Topix de la première section de la cote a abandonné 1,9 %, à 1 495,78, et le Nikkei 300 1,7 %, à 292,63. On a dénombré 820 valeurs en baisse pour 387 en hausse, dans un volume de 6 025 millions d’actions. «Le Yen a monté trop vite pour refléter avec précision l’état de santé de l’économie», a souligné l’analyste Kiyoshi Kumura, de Société générale securities Ltd. Après le congé de mercredi au Japon, les opérateurs ont rerouvé un yen qui se traitait à 104-105 par dollar, contre 106, 55/58 mardi en clôture au Japon puis, mercredi à New York, un plus bas depuis plus de trois ans et demi d’environ 103,25. La crainte de voir l’envolée du yen entamer les bénéfices réalisés à l’étranger par les entreprises japonaises et entraver une reprise économique laborieuse a entraîné un recul des valeurs vedettes internationales telles que les fabricants d’électronique Fujitsu Ltd et NEC Corp et les constructeurs d’automobiles Honda Motor Co Ltd et Mazda Motor Corp. Ce sentiment baissier s’est également propagé à des compartiments comme la banque et les firmes de courtage. Après avoir accusé dans l’après-midi sa plus forte baisse depuis le début de l’année en une seule séance, le Nikkei a pu néanmoins se reprendre un peu en fin de séance grâce à des achats d’opérateurs espérant réaliser des bénéfices à court terme. La Bourse risque fort néanmoins de rester sur la défensive, compte tenu des inquiétudes que fait planer le yen quant aux perspectives de résultats des entreprises. «La baisse du dollar en dessous des 105 yens nous a paniqués car elle a fait craindre que son recul ne soit pas près de s’arrêter bientôt, précise Hiroshi Arano, de Dai-Ichi Kangyo Asahi Asset Management Co Ltd. Il a baissé beaucoup plus vite qu’on s’y attendait».
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