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Actualités - Chronologie

Bassaïev, un héros de la guerre d'indépendance

Le chef de guerre et ancien Premier ministre Chamil Bassaïev, 34 ans, longtemps considéré par Moscou comme un «terroriste tchétchène», est devenu aux yeux des Russes l’un des instigateurs des «attentats islamistes» à Moscou et au Daghestan. «Moscou livre une guerre terroriste contre les musulmans du Daghestan et de Tchétchénie. Les bombardements (russes) ne resteront pas sans réponse et les musulmans du Daghestan et de Tchétchénie répondront de la même façon», a-t-il déclaré début septembre. Malgré ces menaces, Bassaïev a catégoriquement démenti être impliqué dans les attentats qui se sont succédé depuis quinze jours à Moscou et au Daghestan. Ce barbu aux yeux clairs et à la voix posée est considéré comme un combattant intrépide et un spécialiste des opérations spectaculaires. À son actif, un détournement d’avion vers la Turquie en 1991 et une audacieuse prise d’otages de plusieurs centaines de personnes dans un hôpital du sud de la Russie, à Boudennovsk, en 1995. En août et septembre, il a dirigé avec le «commandant» Khattab une rébellion islamiste au Daghestan finalement brisée par les forces russes après des combats meurtriers. «Une guerre qui va durer 20 ou 25 ans a commencé dans le Caucase pour libérer les musulmans de la Volga au Don» et finalement «établir la loi d’Allah à Jérusalem», a-t-il annoncé le 31 août. Quelques heures plus tard, une bombe explosait dans un centre commercial à quelques mètres du Kremlin, faisant un mort et vingt blessés. Considéré par les Tchétchènes comme un héros de la guerre d’indépendance contre Moscou (1994-1996), Bassaïev s’est rapproché des wahhabites (partisans d’un islam radical), sous l’influence de Khattab. Son combat n’est plus tant aujourd’hui la défense de l’indépendance tchétchène que la «guerre sainte» d’abord contre les Russes, puis jusqu’à Jérusalem. Né le 14 janvier 1965 à Vedeno, un bourg de montagnes du sud-est de la Tchétchénie, Bassaïev a rejoint le camp des séparatistes dès la proclamation de l’indépendance en 1991 par le président Djokhar Doudaïev. En 1992, il commande les volontaires envoyés par Doudaïev se battre en Abkhazie aux côtés des séparatistes qui déclarent leur indépendance vis-à-vis de la Géorgie. Selon des sources russes, il aurait aussi combattu du côté azerbaïdjanais pendant le conflit du Nagorny-Karabakh qui a opposé Bakou à Erevan. De retour en Tchétchénie en 1994, il défend le régime de Doudaïev contre les assauts de l’opposition armée soutenue par Moscou. Sa réputation militaire ne fait que croître pendant la guerre. C’est lui qui prend les commandes de la reconquête éclair de la capitale tchétchène, Grozny, le 6 août 1996. La guerre finie, Bassaïev se lance dans la politique. Candidat malheureux à la présidentielle en janvier 1997, il doit s’incliner devant l’ancien chef de l’état-major tchétchène Aslan Maskhadov. Peu après, il échappe à un attentat à Grozny. Premier ministre du président Maskhadov en 1998, il prend la tête en avril 1998 du Congrès des peuples de Tchétchénie et du Daghestan, une organisation dont le but est de «renforcer l’unité des peuples daghestanais, tchétchène et du reste du Caucase». Nommé vice-commandant en chef des forces armées tchétchènes en juillet 1998, il devient l’un des hommes militairement les plus puissants de la république indépendantiste. Bassaïev s’est opposé à plusieurs reprises au président Maskhadov, qu’il accuse d’être trop souple vis-à-vis de Moscou. Avec d’autres anciens chefs de guerre, il a réclamé la destitution du président et sa comparution devant un tribunal islamique «pour avoir trahi et fait de la Tchétchénie une région russe».
Le chef de guerre et ancien Premier ministre Chamil Bassaïev, 34 ans, longtemps considéré par Moscou comme un «terroriste tchétchène», est devenu aux yeux des Russes l’un des instigateurs des «attentats islamistes» à Moscou et au Daghestan. «Moscou livre une guerre terroriste contre les musulmans du Daghestan et de Tchétchénie. Les bombardements (russes) ne resteront pas sans réponse et les musulmans du Daghestan et de Tchétchénie répondront de la même façon», a-t-il déclaré début septembre. Malgré ces menaces, Bassaïev a catégoriquement démenti être impliqué dans les attentats qui se sont succédé depuis quinze jours à Moscou et au Daghestan. Ce barbu aux yeux clairs et à la voix posée est considéré comme un combattant intrépide et un spécialiste des opérations spectaculaires. À son actif, un...