Libye Le sommet de l'OUA en quête d'une union africaine
le 09 septembre 1999 à 00h00
Une quarantaine de chefs d’État et de gouvernements africains étaient présents hier en Libye pour un sommet extraordinaire de l’Organisation de l’unité africaine, dont leur hôte, le colonel Mouammar Kadhafi, souhaite qu’il constitue le premier pas vers les États-Unis d’Afrique. Le chef de la révolution libyenne les a conviés dans sa ville natale de Syrte, sur la côte méditerranéenne, à l’est de Tripoli, pour deux jours d’une rencontre qui coïncide avec le 30e anniversaire de son accession au pouvoir. Le sommet, dont la séance plénière s’est ouverte hier soir pour s’achever aujourd’hui, doit discuter d’un éventuel amendement à la charte de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui ouvrirait la voie à une union des pays du continent noir. Pour le chef de la Jamahiriya libyenne, cette union créerait les conditions d’une solution aux conflits territoriaux qui ravagent le continent. Elle permettrait à ses yeux d’organiser la libre circulation des groupes ethniques sans toucher au principe de l’intangibilité des frontières nées de la colonisation réaffirmé par le dernier sommet de l’OUA en juillet à Alger. «Je suis sûr que les États africains ne survivront pas si la situation reste telle qu’elle est en Afrique», a estimé lundi le colonel Kadhafi au cours des travaux préparatoires du sommet. Il a interrogé ses invités sur le modèle d’intégration qu’il fallait suivre, les États-Unis d’Amérique, l’Union européenne ou l’ex-Union soviétique. Le colonel Kadhafi a assuré que certains chefs d’État étaient enthousiastes à l’idée de créer les États-Unis d’Afrique mais que d’autres, tout en se disant favorables à une telle union, exigent davantage de garanties. Face à ces réserves, et compte tenu du temps que demanderait la procédure d’amendement de la charte de l’OUA, les dirigeants africains semblent s’acheminer vers une solution souple consistant à réactiver le traité d’Abuja signé en 1991, qui prévoyait la création d’une union économique africaine. Le colonel Kadhafi a plaidé lundi soir devant les ministres africains des Affaires étrangères pour une mise en œuvre rapide de ce traité et d’autres textes, dont beaucoup sont restés sans effet. «Le traité d’Abuja constitue en soi une révision de la charte de l’OUA (qui date de sa création en 1963). (Il) n’est pas seulement économique, mais également politique, social et militaire. Il a créé une nouvelle charte de l’OUA», a-t-il estimé. Le sommet de Syrte doit adopter au terme de ses travaux une «Déclaration» affirmant, selon une source informée, le désir des dirigeants africains de «raviver les aspirations à une plus grande unité (...) qui transcende les différences linguistiques, idéologiques, ethniques et nationales». Le texte réclame la mise en œuvre du traité d’Abuja et notamment de ses dispositions sur la création d’«un Parlement africain qui fera du continent une communauté de peuples».
Une quarantaine de chefs d’État et de gouvernements africains étaient présents hier en Libye pour un sommet extraordinaire de l’Organisation de l’unité africaine, dont leur hôte, le colonel Mouammar Kadhafi, souhaite qu’il constitue le premier pas vers les États-Unis d’Afrique. Le chef de la révolution libyenne les a conviés dans sa ville natale de Syrte, sur la côte méditerranéenne, à l’est de Tripoli, pour deux jours d’une rencontre qui coïncide avec le 30e anniversaire de son accession au pouvoir. Le sommet, dont la séance plénière s’est ouverte hier soir pour s’achever aujourd’hui, doit discuter d’un éventuel amendement à la charte de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) qui ouvrirait la voie à une union des pays du continent noir. Pour le chef de la Jamahiriya libyenne, cette union...
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