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Actualités - Reportages

Une formation démocratique (photos)

Mme Mireille Kassir, assistante sociale engagée à la Maison de rééducation de Fanar relevant de l’Upel, souligne qu’il s’agit d’«une école interne et non pas d’une prison». «C’est la première chose que je dis aux nouveaux mineurs que nous accueillons, et cela les sécurise, précise-t-elle. Ici, aucun gendarme ne surveille le bâtiment. C’est un adolescent qui garde la porte d’entrée». Elle ajoute: «Quand un enfant nous est amené, nous exigeons que les gendarmes lui enlèvent les menottes avant qu’il franchisse la porte. Il est très important qu’il sache que le train de vie et les règlements appliqués dans cette maison sont tout à fait différents de ceux d’une prison». Interrogée sur les résultats enregistrés, Mme Kassir affirme que les éducateurs s’efforcent de développer chez les délinquants de nouveaux réflexes, en leur inculquant les valeurs sociales essentielles. «Nous leur représentons l’image de la famille: un père, une mère et des frères, déclare-t-elle. Alors, à chacun un rôle et à chacun ses capacités. Mais nous ne pouvons pas prétendre faire des miracles, d’autant qu’il n’est pas aisé de modifier leurs habitudes». Selon Mme Kassir, il est fondamental que le délinquant soit pris en charge conjointement par la Maison de rééducation et par sa famille. «Nous optons pour l’entretien libre et le dialogue avec les parents qui d’ailleurs avouent le plus souvent, une fois leur enfant détenu, que tous les torts sont de leur côté», souligne-t-elle. Mme Mirna Bou Habib, assistante sociale à la Maison de rééducation de l’Upel de Baassir, considère, de son côté, qu’il est important de confier à ces enfants une tâche qui développe en eux le sens de la responsabilité et les rend utiles à leur entourage. «Une équipe de 2 ou 3 garçons fait la vaisselle et le service de table, une autre prend en charge la propreté du local, une troisième équipe entretient la salle des habit», indique Mme Bou Habib. Ces charges sont modifiées chaque mois, et ce travail par relais permet à chacun de s’essayer à tout», souligne-t-elle. Mme Bou Habib qualifie également ces délinquants de «petits hommes», souvent dotés d’une intelligence supérieure à la moyenne, qui les pousse à mettre en œuvre de multiples tactiques. Ils s’enflamment à la moindre étincelle. «Cela est normal, dit-elle. C’est la révolte de leur esprit». Quant à «la vie» que ces adolescents envisagent après leur libération, Mme Bou Habib constate que «la liberté les prend à la gorge et au cœur; l’avenir les tente et, pourtant, ils ont peur du lendemain, de l’inconnu. Certains d’entre eux, surtout ceux qui ont passé de longs mois au sein de la Maison de rééducation et qui éprouvent déjà un sentiment d’appartenance à l’égard de ce centre, sont inquiets quand approche le jour de leur mise en liberté. Tout ce qu’ils désirent, c’est travailler pour subvenir à leurs besoins et mener une vie normale».
Mme Mireille Kassir, assistante sociale engagée à la Maison de rééducation de Fanar relevant de l’Upel, souligne qu’il s’agit d’«une école interne et non pas d’une prison». «C’est la première chose que je dis aux nouveaux mineurs que nous accueillons, et cela les sécurise, précise-t-elle. Ici, aucun gendarme ne surveille le bâtiment. C’est un adolescent qui garde la porte d’entrée». Elle ajoute: «Quand un enfant nous est amené, nous exigeons que les gendarmes lui enlèvent les menottes avant qu’il franchisse la porte. Il est très important qu’il sache que le train de vie et les règlements appliqués dans cette maison sont tout à fait différents de ceux d’une prison». Interrogée sur les résultats enregistrés, Mme Kassir affirme que les éducateurs s’efforcent de développer chez les...