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Actualités - Chronologie

Football - Ukraine-France Djorkaeff libéré par Zidane(photo)

Il est des joueurs stressés par les événements, inhibés par des lendemains d’importance ou impressionnés de disputer une rencontre cruciale. Tel n’est pas le cas de Youri Djorkaeff, «le neuf et demi» de l’équipe de France, libéré par le retour de Zidane et «impatient» de relever face à l’Ukraine un défi taillé à ses mesures. «Ce match à fort enjeu arrive au moment opportun. Il faut remonter à France-Brésil pour en retrouver un de cette importance. La France, au cours de ses campagnes, a souvent été confrontée à de pareils challenges et elle a très rarement déçu», explique le meilleur buteur des Bleus en activité (20). Le compte à rebours a commencé pour les champions du monde en général et pour Djorkaeff en particulier. «Ce choc est planifié depuis plusieurs semaines. Il est dans ma tête. Nous allons à Kiev pour gagner, nous ne savons pas jouer autrement», martèle-t-il. Effacée sa saison en pointillés avec l’Inter de Milan. Évacuée la longue incertitude ayant précédé sa signature à Kaiserslautern. Ses pensées convergent vers l’Ukraine. À ceux qui l’annoncent sur le déclin, il en appelle à «la vérité du terrain». Neuf ou dix : longtemps, il a constitué un cas d’école avant de trancher ce dilemme en s’autoproclamant «neuf et demi». Le retour aux affaires de Zinedine Zidane, auquel il abandonnera l’axe, lui rendra sa liberté de manœuvre, vraisemblablement derrière une pointe. Sa qualité individuelle est intacte, «le physique aussi», assure-t-il. « Un client » Interrogé sur l’éventualité d’un milieu à trois récupérateurs, comme à l’Euro-96 ou en Roumanie, «la référence», en octobre 1995, il se montre sibyllin. «Plus le match approche, plus il se dégage quelque chose du groupe. Certains vont peut-être sortir du lot, d’autres s’éteindre. À partir de ces paramètres, le sélectionneur se déterminera. Il est prématuré de spéculer sur telle ou telle organisation», analyse-t-il. Conscient de la valeur de l’Ukraine, «un des clients en Europe», il prédit «un duel» physique et tactique. «La technique ce sera un peu la cerise sur le gâteau. À l’aller, les Ukrainiens avaient livré un véritable combat et, contrairement à nos précédents rivaux, ils n’avaient pas craqué, mais nous non plus», rappelle-t-il. De ce premier acte au stade de France (0-0), il veut retenir l’entame des Bleus. «Le raid de Chevtchenko accompagné de l’intervention de Barthez a marqué les esprits. Auparavant, nous leur avions posé des problèmes. Là, ils sont chez eux, blindés, détenteurs d’un capital confiance. C’est bien. L’occasion de Chevtchenko, nous l’aurons peut-être à la 80e», souligne-t-il. Son regard brille et ses yeux s’illuminent. Il y a du soleil dans Djorkaeff. Des buts, il en rêve parfois dans son sommeil. Et il est arrivé que la réalité ait calqué le songe. Surnommé The Snake (le serpent) pour son habileté à se faufiler au travers des mailles défensives, il confesse une «ambition intacte» et lâche, altier : «L’équipe de France est aussi importante pour moi que je le suis pour elle». Le juste milieu Le milieu a souvent donné le ton en équipe de France. Or, pour le match capital en Ukraine, samedi, et même si Zinedine Zidane rentre, Emmanuel Petit, blessé, et Christophe Dugarry, suspendu, qui décroche souvent, feront cruellement défaut. Bien sûr, plusieurs solutions existent en raison de la richesse des Bleus dans ce secteur crucial du football moderne. Mais c’est à Roger Lemerre de faire un choix qui sera décisif et donnera le ton du match. «J’ai une très bonne idée de l’équipe que je voudrais aligner pour ce match qui sera d’une grande intensité. Mais si j’ai l’équipe en tête, il faut également que je détermine la capacité de chacun à jouer un grand match», précise le sélectionneur en faisant allusion au degré de forme variable des joueurs. Depuis sa prise de fonctions au lendemain du Mondial-98, le sélectionneur a géré un système, qui avait fait ses preuves, avant de choisir de jouer avec deux milieux récupérateurs et deux milieux offensifs et créateurs. Ce système fonctionne avec un Zidane en pleine forme, comme par exemple à Wembley, mais il peut être très dangereux si l’on oublie les tâches défensives. Le but qui a replacé la Russie après une mauvaise relance de Patrick Vieira est toujours en travers de la gorge du sélectionneur. La valeur du joueur d’Arsenal n’est pas en cause. Mais Lemerre ne cache pas qu’à l’heure du choix il se base sur trois paramètres : la valeur intrinsèque du joueur, l’état de forme et le vécu. Ces trois facteurs sont en principe donnés sans ordre préférentiel. Trois récupérateurs Pour (re)trouver cet équilibre du milieu contre l’Ukraine, la France devrait revenir à un milieu à trois récupérateurs (comme à la plus belle époque d’Aimé Jacquet), Zidane, dans le rôle de distributeur, et Youri Djorkaeff, dans celui de l’électron libre qui lui convient le mieux, évoluant un cran devant avec un seul attaquant de pointe. Si l’on revient aux trois critères de choix basiques du sélectionneur, on peut penser à un milieu Boghossian-Deschamps-Vieira. Mais c’est faire peu cas de l’influence et du vécu de Christian Karembeu dans cette équipe dont il est un peu le porte-bonheur. Bien sûr, Karembeu n’est pas titulaire au Real Madrid. Qu’importe. «À l’entraînement, il a fait la démonstration de sa valeur sur le plan physique», affirme Lemerre qui s’est occupé personnellement du replacement défensif, n’arrivant pas à chasser de sa tête ce but de la Russie. Il est vrai que le tandem Thuran-Karembeu sur le flanc droit est rodé, aussi bien offensivement que défensivement. Et, dans le fond, peu importe si Karembeu n’a pas 90 minutes dans les jambes. Dans tous les matches, l’entrejeu a été modifié en cours de rencontre. Et, à Kiev, dans un premier temps, il faudra peut-être laisser passer le premier orage. Le problème à le mérite d’être posé clairement. À Roger Lemerre de trouver ce juste milieu qui a toujours fait la force des Tricolores. Barthez : « Nous n’avons pas droit à l’erreur » Fabien Barthez est un peu chez lui à Clairefontaine. Le gardien de l’équipe de France de football fait désormais presque partie des meubles. Pour une fois décontracté avec les médias, confortablement installé dans un fauteuil moelleux, il analyse froidement le prochain match contre l’Ukraine, estimant que les Français n’ont «pas droit à l’erreur». Q : «Imaginez-vous les retombées d’une défaite»? R : «Je ne débute jamais un match en imaginant la défaite, ne serait-ce qu’un instant. Comme les copains, j’y vais pour gagner et ne pense à rien d’autre. De toute façon, j’aime les matches importants avec un véritable enjeu. Celui-là va être un peu particulier. Nous savons tous que nous n’avons pas droit à l’erreur. Dans le cas contraire, il sera toujours temps d’y penser et de l’analyser après». Q : «Le bloc défensif n’a pas varié depuis la Coupe du monde. C’est quand même un avantage». R : «Oui et non. Bien sûr, pour un gardien, cela présente des avantages, notamment au niveau des automatismes. Mais, en fait, c’est plutôt le groupe dans sa totalité qui est important. Nous avons vraiment envie de faire quelque chose. Pendant une vingtaine de minutes, ils vont essayer de nous mettre une grosse pression. Il va falloir nous adapter. Mais c’est peut-être nous qui arriverons à imposer notre jeu et à leur mettre la pression». Q : «Justement, ce groupe a-t-il encore envie de gagner ?» R : «Oui, bien sûr. Nous avons tous un caractère de joueur, dans le sens de s’amuser et de gagner. Entre nous, on rigole pas mal. Et puis, nous avons peut-être fait le plus dur en évacuant la saison post-Mondial. D’ailleurs, cela nous agace quand on nous reparle de cette époque et que l’on revient là-dessus avec insistance. Le plus dur, ce n’est pas d’arriver au sommet. Cela, nous l’avons fait. Le plus dur, c’est de rester là-haut. Nous avons tous une carrière à poursuivre. Pour cela, il nous faut rester au sommet, ce qui est incompatible avec une défaite en Ukraine».
Il est des joueurs stressés par les événements, inhibés par des lendemains d’importance ou impressionnés de disputer une rencontre cruciale. Tel n’est pas le cas de Youri Djorkaeff, «le neuf et demi» de l’équipe de France, libéré par le retour de Zidane et «impatient» de relever face à l’Ukraine un défi taillé à ses mesures. «Ce match à fort enjeu arrive au moment opportun. Il faut remonter à France-Brésil pour en retrouver un de cette importance. La France, au cours de ses campagnes, a souvent été confrontée à de pareils challenges et elle a très rarement déçu», explique le meilleur buteur des Bleus en activité (20). Le compte à rebours a commencé pour les champions du monde en général et pour Djorkaeff en particulier. «Ce choc est planifié depuis plusieurs semaines. Il est dans ma tête. Nous...