Les superstitions existent au niveau de toutes les catégories sociales. Tout dépend de leur intensité ? Mais, il s’agit de savoir de quelle manière la vit-on et quelle forme prend-elle? Anthropologue, Loubna Haïdar évoque la conception globale de «l’imaginaire». «Fatale ou folklorique, la superstition, dit-elle, reste liée à l’imaginaire de l’être humain et peut prétendre à la recherche de la sécurité chez l’individu. L’homme, confronté aux exigences de la vie : le surnaturel, le besoin d’explication, le religieux, la sécurité, la peur… se réfère souvent à la pratique religieuse». Comment la superstition peut-elle cohabiter avec la religion ? Du point de vue anthropologique et de la spécificité des religions, ajoute L. Haïdar : «L’être humain voudrait aller un peu plus haut. La religion, il y croit. Mais il lui faudrait un peu plus. C’est ce sentiment de se placer au-dessus des croyances religieuses. C’est un peu comme ceux qui croient au paradis après la mort. Et pourtant, les religions ne veulent pas croire aux superstitions qui ne portent aucune référence à Dieu. Ces dernières se réfèrent aux forces surnaturelles, en reniant probablement Dieu. Et si la religion n’a pas pu envahir la vie sociale de tous les jours, la superstition y a pénétré». La superstition n’a pas toujours un «objectif malsain» et n’est pas souvent «problématique». Elle fait partie de la structure de base de l’être humain. Là encore, il faut distinguer entre les superstitions «saines» et celles «maléfiques». La question peut être abordéé sous un angle «folklorique». L’approche permet de distinguer une certaine touche «magique» de la vie collective et individuelle qui, elle aussi, va pénétrer dans le monde sécurisant de «l’illusoire». Ce voyage vers l’imaginaire nous fait penser à ce qu’avait écrit Ethel S. Person dans un autre contexte, plus proche des fantasmes de l’être humain, mais approprié dans la mesure où il rejoint une partie de la vie fantasmatique : «L’imagination est le principal outil adaptatif de l’humanité. Sans elle, nous ne pouvions ni concevoir que notre inconfort présent ou nos privations actuelles ne sont immuables, ni planifier des actes futurs». La projection vers le futur, oui. Mais la superstition n’apparaît-elle pas comme une projection vers la survie ?Ou encore : «Aucun être humain ne grandit sans vénérer des icônes, héros réels ou imaginaires qu’il idéalise et imite, et qui canalisent ses fantasmes». Et pourtant, avons-nous besoin de ce «fantastique» pour vénérer la «sagesse» et l’«humilité» ? (*) Ethel S. Person : Bayard édition, 1998 : Voyage au pays des fantasmes – Du rêve à l’imaginaire.
Les superstitions existent au niveau de toutes les catégories sociales. Tout dépend de leur intensité ? Mais, il s’agit de savoir de quelle manière la vit-on et quelle forme prend-elle? Anthropologue, Loubna Haïdar évoque la conception globale de «l’imaginaire». «Fatale ou folklorique, la superstition, dit-elle, reste liée à l’imaginaire de l’être humain et peut prétendre à la recherche de la sécurité chez l’individu. L’homme, confronté aux exigences de la vie : le surnaturel, le besoin d’explication, le religieux, la sécurité, la peur… se réfère souvent à la pratique religieuse». Comment la superstition peut-elle cohabiter avec la religion ? Du point de vue anthropologique et de la spécificité des religions, ajoute L. Haïdar : «L’être humain voudrait aller un peu plus haut. La religion, il...
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