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Actualités - Chronologie

Eunice Barber : une autre Joyner-Kersee

Sérieuse et volontaire, modeste et dure au mal, solide et opiniâtre, joviale et partageuse. Voilà quelques-unes des caractéristiques ayant permis à l’heptathlonienne Eunice Barber de devenir la deuxième Française de l’Histoire à empocher un titre mondial d’athlétisme, après Marie-José Pérec, la divine. Mais, contrairement à la reine de Tokyo (1991) et de Goeteborg (1995), la Rémoise originaire de la Sierra Leone met un point d’honneur à cultiver l’esprit d’équipe. «C’est un leader naturel», remarquait le directeur technique national Richard Descoux à l’heure d’évoquer les chefs de file en Andalousie. «Elle ne se plaint jamais et n’évoque pas à l’avance des maux qui pourraient servir d’excuses», souligne par ailleurs son entraîneur François Pépin, comblé par la réceptivité à l’entraînement de la championne, qui ne laisse jamais rien au hasard. À presque 25 ans, Eunice Barber (1,75 m pour 66 kg), 5e des Jeux olympiques d’Atlanta en 1996, détentrice des records de France de l’heptathlon (6 861 pts) et de la longueur (7,01 m), possède une étonnante maturité. Compte tenu de sa vitesse naturelle et de son explosivité, elle possède une énorme marge de progression dans la discipline. D’aucuns voient déjà en la Champenoise d’adoption (depuis huit ans) le successeur de la détentrice du record du monde de la spécialité (7 291 pts), détenu depuis les JO de Séoul en 1988 par l’Américaine Jackie Joyner-Kersee. Une avance réduite sur tapis vert Chaud et froid pour la Française Eunice Barber, dimanche matin, à l’issue de l’épreuve du saut en longueur de l’heptathlon: son avance de 214 points sur Denise Lewis avant les deux dernières épreuves a été réduite à 73 points, après la validation par le jury d’appel du troisième saut de la Britannique, d’abord donné mordu. Alors que la Française, avec un meilleur saut à 6,86 m, a remporté le concours, la Britannique, qui avait été créditée de 6,20 m à son deuxième saut, s’est nettement raprochée avec un troisième bond à 6,64. La décision favorable du jury d’appel lui a permis de reprendre 141 points à la Française. Le concours s’était terminé dans la confusion, Lewis contestant avoir mordu son troisième saut. Sur la plasticine, large de 10 cm, apparaissait en effet la marque d’une seule pointe, celle que certains athlètes utilisent à l’extrémité de leur semelle pour mieux assurer leur appel. Or, Lewis montra que sa chaussure ne comportait pas cette pointe supplémentaire. Le juge-arbitre mesura le saut sans pour autant le valider. Pour parer à toute éventualité, les Français posèrent immédiatement réclamation: la première sur le fait que le juge-arbitre avait relevé une trace sur la plasticine, la seconde parce que l’entraîneur de Lewis était descendu sur la piste, ce qui «constitue un cas de disqualification». Le camp français, conforté par le premier résultat officiel à 13h00, semblait avoir partie gagné. Décision sans appel Mais l’équipe britannique fit aussitôt appel en s’appuyant sur l’examen de la plasticine, la vidéo et une photo. Peu avant 14h30: rectification officielle. Un nouveau classement officialisait le succès de l’appel avec un saut de 6,64 en regard du nom de Lewis. Décision immédiatement confirmée par Girogio Raineri, porte-parole de la Fédération internationale. Ce dernier consultait le règlement et précisait : «Une décision du jury d’appel n’est pas susceptible d’appel». Ainsi, juste avant les deux dernières épreuves (le javelot et le 800 m), la Rémoise ne menait plus cet heptathlon avec 5 119 points, devant Lewis (5 046), l’Allemande Sabine Braun (4 747), la Finlandaise Tiia Hautala (4 681) et la Polonaise Urszula Wlodarczyk (4 678). Avant même de connaître le verdict final, Barber avait déclaré  «C’est aux juges de décider. Je peux seulement faire du mieux que je peux. Avec 214 points d’avance, je pense que j’aurais assuré définitivement la médaille d’or».
Sérieuse et volontaire, modeste et dure au mal, solide et opiniâtre, joviale et partageuse. Voilà quelques-unes des caractéristiques ayant permis à l’heptathlonienne Eunice Barber de devenir la deuxième Française de l’Histoire à empocher un titre mondial d’athlétisme, après Marie-José Pérec, la divine. Mais, contrairement à la reine de Tokyo (1991) et de Goeteborg (1995), la Rémoise originaire de la Sierra Leone met un point d’honneur à cultiver l’esprit d’équipe. «C’est un leader naturel», remarquait le directeur technique national Richard Descoux à l’heure d’évoquer les chefs de file en Andalousie. «Elle ne se plaint jamais et n’évoque pas à l’avance des maux qui pourraient servir d’excuses», souligne par ailleurs son entraîneur François Pépin, comblé par la réceptivité à...