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Actualités - Reportages

Les ados d'aujourd'hui : en profiter au maximum(photos)

Pierre, Karine, Jawad, Sibylle, Vanessa et Farès ont entre 15 et 17 ans, ils sont au Grand Lycée franco-libanais. Ils nous offrent leur témoignage, ainsi qu’une réflexion sur la condition des adolescents au Liban. Comme eux, Zalfa et Mireille, 13 ans, ainsi que Nada, 17 ans, scolarisées dans d’autres établissements, se révèlent et parlent de leur relation avec leurs parents, de leurs amours, de leur argent de poche, de leurs attentes et désirs, de leur vie quoi... C’est autour de quelques questions communes à ces neuf adolescents que s’est axée cette partie de l’enquête sur les ados de nos jours. C’est avec beaucoup d’honnêteté qu’ils abordent leurs problèmes d’argent et les conflits avec leurs parents, mais c’est de la réticence que l’on rencontre quand on veut aborder des sujets plus délicats, comme le sexe ou la drogue. Pierre n’a aucun problème pour sortir le soir, «mes parents sont cools». Pierre fume de temps en temps et ne boit jamais plus de trois verres quand il sort. Tous sont du même avis, ils dépensent aux alentours de 20 dollars minimum par soirée. C’est pourquoi, même quand ils ont un argent de poche fixe, les ados «taxent» souvent leurs parents de petites sommes supplémentaires. Entre son argent mensuel et les petits à-côtés, Pierre reçoit, et donc dépense, 300 dollars par mois. C’est le même cas pour Farès, bientôt 17 ans, qui a vu son argent de poche augmenter juste pendant les grandes vacances. Il reçoit 100 dollars par semaine «tout compris. Je dois payer ma carte Clic, et quand le chauffeur n’est pas là, les taxis. Heureusement qu’on a trouvé des taxis pas cher. Et quand on sort, on se partage le montant. cela revient au même que si l’on prenait un service». Il est vrai qu’il est difficile pour les jeunes de se déplacer au Liban. Il y a certes des bus, mais pas tout le temps, et ils sont souvent surbondés. Farès et Pierre ont chacun une petite amie. Leurs parents le savent, et ils peuvent les recevoir chez eux, dans leur chambre. Ce groupe de jeunes ne suit pas une mode en particulier. Chacun a son propre style. Leurs goûts musicaux? De tout, «mais pas grand-chose qui passe à la radio». «Les trucs à la mode en Europe arrivent très tard au Liban, alors on se fait ramener des CD de Paris ou de Londres». Louise Attaque, Sublime, Manu Chao, Wyclef Jean, mais aussi Bowie, Goldman ou Gainsbourg. Karine, elle, se sent plutôt proche de sa sœur aînée, avec qui elle partage les mêmes goûts. Sa mère n’ignore rien de sa vie personnelle, mais elle ne s’étend pas sur la question avec son frère ou son père. Elle a un tatouage. Elle avait demandé la permission au préalable à sa mère. Karine ne souhaite pas vivre au Liban, elle n’y aime pas la vie. «Je ne me sens pas proche des Libanais, je me sens différente. Je ferai sûrement mes études à Paris, et le reste de ma vie aussi j’espère». Les jeunes se plaignent presque tous de ne pas avoir d’endroit où rester. Les parents “lâchent” souvent leurs enfants dans des malls (Dunes, etc.), parce qu’ils considèrent qu’ils y sont en sécurité. Ils y sirotent un jus sur un banc, ou chinent dans les boutiques. Beaucoup de jeunes se retrouvent également pour faire des “nets”... ils jouent les uns contre les autres, via Internet, dans un endroit spécialisé. Jawad, 16 ans, sort régulièrement. «Une à deux heures pas jour. L’avantage d’habiter à Achrafieh, c’est que je peux aller chez mes amis à pied». Même s’il sort souvent, en cours de semaine, il doit dîner à la maison et rentrer vers minuit, bien qu’il avoue revenir chez lui, régulièrement aux alentours d’une heure du matin. Sibylle, 17 ans, petite amie de Farès, préférerait vivre à Paris, après avoir passé quelques années encore au Liban. Ses parents connaissent Farès et lui permettent de le recevoir chez elle. «Ils ont confiance en moi, je n’ai pas besoin de leur mentir. Je suis plus proche de ma mère que de mon père; d’ailleurs, elle savait que j’allais me faire faire un tatouage, lui non. Il a piqué une sacrée crise quand il a su. Puis c’est passé». Dépenser, pour ne presque rien faire, c’est ce qu’ils pensent. «On nous prend pour des gosses. Il n’y a rien pour nous. Les Splash Mountains et autres attractions, c’est pour les petits. Et les restos sont trop chers. Il n’y a pas de cafés, comme en France, où on peut se retrouver à la sortie des cours, pour faire un flipper ou un billard... Il n’y a pas grand-chose à faire». Vanessa, 17 ans, rencontre plus de problèmes dans ses horaires de sortie. Où qu’elle soit, elle doit partir à 1 heure. «C’est plutôt embêtant, surtout pour Pierre, mon petit ami. J’ai eu le malheur, une fois, de rentrer à 3 heures, je me suis récolté une engueulade historique», nous confie-t-elle. Ça ne l’empêche pas d’être en dehors de chez elle, toute la journée. Pourtant, elle est proche de ses parents, qui savent par exemple qu’elle fume, et qui connaissent Pierre et lui permettent de le recevoir chez elle. Pas de mensonges entre les enfants et les parents. Le plus souvent, la confiance règne... Mais des règles sont imposées. Zalfa et sa sœur Nada sont dans une école à Fanar. Zalfa, qui a 13 ans, ne sort que très rarement. Quand elle le fait, c’est pour retrouver ses amis chez eux. «Je suis encore jeune pour sortir comme mes sœurs. Mais j’ai déjà eu un petit ami. Je ne mens pas à mes parents, je n’en ai pas encore besoin». Nada, qui aura bientôt 17 ans, sort souvent, avec la permission de ses parents. «Lorsque je vais danser, à Kaslik ou à Broummana, je rentre aux alentours de 4 heures du matin. Quand c’est un ciné, je rentre chez moi, en général, juste après. Je ne bois pas d’alcool, de temps en temps un “sex on the beach” (ndlr: boisson à base de vodka)». Nada reçoit 50 dollars par mois. Pour circuler, quand elle est avec ses amis, elle prend souvent le bus. Sinon, elle se fait accompagner par ses parents ou par sa sœur. «Mes parents me font confiance. Je ne leur mens jamais. Mes amis garçons, parce que je suis dans une école de filles, je les ai rencontrés grâce à des amis de mes amies». Mireille, 13 ans, est à l’IC. Elle ne sort jamais plus tard que 20h30. Elle va au cinéma, ou «dans des fast-foods. Je ne reçois de l’argent que quand j’en ai besoin, mais en général, je dépense 10 000 LL par jour». Mireille se trouve à la mode: patte d’eph, chemises à emmanchures américaines. Elle aime les Back Street Boys et la plupart des Boys Band. «J’aime beaucoup la musique classique aussi, parce que je fais du ballet comme beaucoup de filles de mon âge à l’IC». Mireille aimerait faire des études aux États-Unis «comme ma mère». Ils sont tous, tous âges, écoles et classes sociales confondus, du même avis: la vie est ennuyeuse pour un adolescent au Liban. C’est vrai qu’ils font partie des rares privilégiés qui peuvent vivre librement et sortir, et ils en sont conscients. Ils fréquentent des boîtes ou des bars, qui, originellement, sont interdits aux moins de 18 ans. À Broummana, à Kaslik ou à Beyrouth. Mais la vie aujourd’hui leur semble bien dure. Sida, chômage, crise, longues études... «Il faut qu’on en profite au maximum maintenant, parce que plus tard, entre les études et le boulot, on n’en aura plus le temps». Se sentent-ils différents de leurs parents? Pas le moins du monde. «Tout est une question d’époque»...
Pierre, Karine, Jawad, Sibylle, Vanessa et Farès ont entre 15 et 17 ans, ils sont au Grand Lycée franco-libanais. Ils nous offrent leur témoignage, ainsi qu’une réflexion sur la condition des adolescents au Liban. Comme eux, Zalfa et Mireille, 13 ans, ainsi que Nada, 17 ans, scolarisées dans d’autres établissements, se révèlent et parlent de leur relation avec leurs parents, de leurs amours, de leur argent de poche, de leurs attentes et désirs, de leur vie quoi... C’est autour de quelques questions communes à ces neuf adolescents que s’est axée cette partie de l’enquête sur les ados de nos jours. C’est avec beaucoup d’honnêteté qu’ils abordent leurs problèmes d’argent et les conflits avec leurs parents, mais c’est de la réticence que l’on rencontre quand on veut aborder des sujets plus délicats,...