Le dollar a entamé la semaine à Beyrouth dans un marché «vendeur» et dépourvu du moindre intérêt à la demande en dehors de la Banque du Liban (BDL). Et c’est grâce au maintien par cette dernière de ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente entre 1 502,00 et 1 514,00 LL que le billet vert a dû achever la journée au même taux moyen indicatif de 1 508,00, LL pratiqué depuis le début de l’année. Dans ces conditions, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar au bas de la fourchette d’intervention de la BDL et très rarement en dehors d’elle en l’absence d’intérêts particuliers à la demande à ce prix, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier aurait atteint quelque douze millions de dollars, entièrement absorbés par la BDL à 1 502,00 LL. Hausse à l’étranger A l’étranger et après un départ faible, le dollar est reparti à la hausse face aux principales devises en fin de journée hier sur les marchés des changes internationaux. Il a été soutenu par la perspective d’un resserrement de la politique monétaire américaine dans une proportion ne dépassant pas un quart de point en pourcentage à 5 1/4 % à l’issue de la réunion aujourd’hui du comité de l’open market de la Réserve fédérale (Fed) pour éviter tout risque de surchauffe de l’activité économique aux États-Unis. Les craintes d’intervention de la Banque du Japon pour éviter une appréciation trop importante du yen ont également contribué à la remontée du dollar face à la devise nippone. À cet égard, les opérateurs se sont trop inquiétés des nouvelles mises en garde lancées par le ministre japonais des Finances, Kiichi Miyazawa, qui a réaffirmé hier la détermination de Tokyo à stopper la hausse du yen face au dollar. «Un yen plus fort peut refléter les attentes d’une amélioration de l’économie japonaise. Mais la hausse rapide du yen pose des problèmes tels que la détérioration de la compétitivité des exportations nippones», a indiqué M. Miyazawa. Et d’ajouter que «les autorités japonaises prendront des contre-mesures pour enrayer la forte hausse du yen». Enfin, l’optimisme montré par Wall Street à la veille de la décision de la Fed a aussi incité les opérateurs à anticiper une bonne réaction du marché des actions américain aujourd’hui au relèvement d’un quart de point en pourcentage de son principal taux directeur. Cela étant, le dollar est parvenu en fin de journée hier à annuler une partie des gains enregistrés la semaine dernière par le yen et l’euro grâce à des perspectives économiques encourageantes tant en Europe qu’au Japon. Il s’est négocié ainsi en préclôture, à New York, hier, comme suit : – 1,0485 pour un euro contre 1,0670, vendredi dernier – 1,6020 pour un sterling contre 1,6145 – 1,8635 DM contre 1,8330 – 6,2560 FF contre 6,1475 – 1,5250 FS contre 1,4955 – 1 846,70 lires contre 1 814,75 – 111,55 yens contre 111,50. Bourse de Beyrouth : net affaiblissement de la cote Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth a débuté la semaine hier sur un ton faible sous l’impulsion de la baisse des actions B de Solidere de 7 3/8 à 7 1/4 dollars et de celle des Ciments blancs au porteur de 1 13/16 à 1 3/4 dollar, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,22 % à 75,46 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu invariablement à 179,84 points. Ce phénomène s’est produit hier dans un marché inactif avec un volume d’affaires ne dépassant pas quelque 16 031 actions d’une valeur globale de 84 656 dollars. Wall Street : orientation haussière À Wall Street, les valeurs américaines ont été orientées nettement à la hausse, hier, les opérateurs ayant déjà pris en compte un nouveau relèvement des taux de la Fed, aujourd’hui, d’un quart de point en pourcentage seulement à 5 1/4 %, donné comme certain par les analystes afin d’étouffer une résurgence de l’inflation aux États-Unis. Les marchés semblaient miser en plus, hier, sur un maintien par la suite de la politique monétaire américaine jusqu’en fin d’année, à un moment où les valeurs bancaires profitaient de spéculations sur un possible rapprochement des activités des banques allemandes Deutsche Bank et Dresdner Bank. Cela étant, le secteur financier ainsi que celui de la haute technologie et de l’Internet ont été les mieux disposés tirant à la hausse dans leur sillage les autres compartiments de la cote. Ainsi l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a rebondi d’un plus bas à 11 098,08 points à un plus haut à 11 252,27 points, avant d’afficher en préclôture 11 240,36 points, en hausse de 139,75 points sur vendredi dernier. Les Bourses européennes bien disposées La vigueur affichée par Wall Street en ouverture lundi a aidé les marchés boursiers européens à terminer en hausse, les inquiétudes sur les conséquences du relèvement des taux américains anticipé pour mardi s’étant quelque peu apaisées. L’indice paneuropéen Eurotop a gagné 19,83 points, soit 1,54 %, à 1 310,45, tandis que l’Euro Stoxx des 50 premières valeurs de la zone euro en prenait 37,20, soit 1,0 %, à 3 752,59. La hausse la plus forte, de 2,29 %, revient à la Bourse de Londres, qui est suivie par Bruxelles (1,86 %), Milan (1,41 %), la Bourse suisse (1,36 %) et Amsterdam (1,21 %). Pour Francfort et Paris, les gains sont inférieurs à un pour cent, de 0,91 % et 0,34 %, tandis que Madrid s’oppose à la tendance générale avec un léger repli de 0,09 %. Pour ce qui est des taux américains, la plupart des professionnels s’attendent à un relèvement de 25 points de base, mais une telle mesure pourrait néanmoins peser sur la tendance, surtout si la Fed accompagne cette décision par l’annonce d’autres mesures, que ce soit l’adoption d’une approche (biais) restrictive ou encore d’une hausse du taux de l’escompte. La hausse des places européennes, menée par les banques et les pharmaceutiques, s’est trouvée renforcée en fin de journée par les gains substantiels enregistrés à Wall Street dans la matinée. Deutsche Bank a gagné 4,55 % et Dresdner Bank 4,87 % après que la Deutsche eut dit avoir entamé des discussions préliminaires avec plusieurs établissements, dont la Dresdner, en vue d’une éventuelle fusion des activités de banque de détail. À Paris, Suez Lyonnaise des Eaux a reculé de 1,78 %, après l’annonce du lancement d’une offre amicale d’un milliard de dollars sur United Water Resources, la deuxième société américaine de distribution d’eau. Le britannique Racal Electronics a gagné 1,97 % à la suite d’un article de presse selon lequel le groupe s’apprêterait à se séparer de ses activités dans la défense et les télécommunications, ce qui lui permettrait de lever près de 1,5 milliard de sterling (2,4 milliards de dollars). Les pharmaceutiques se sont associées à la hausse de trois pour cent de Glaxo Wellcome. Selon le Financial Times, ce groupe britannique s’attend à l’approbation rapide aux États-Unis de la vente de l’un de ses nouveaux médicaments, le Lotronex. À signaler enfin que l’indice général de la Bourse d’Athènes a franchi pour la première fois la barre des 5 000 points, montant à 5 078,64 points en séance avant de terminer à 5 066,39, sur un gain de 126,70 points, soit 2,56 %. Tokyo : accentuation de la reprise La Bourse de Tokyo a terminé en hausse de 0,7 % lundi, les investisseurs étant toujours encouragés par l’annonce la semaine passée d’une alliance entre trois des plus grandes banques japonaises de la place qui vont créer le numéro un mondial du secteur. L’indice Nikkei 225 a clôturé sur un gain de 135,44 points à 18 233,55. L’indice élargi Topix du marché des valeurs de Tokyo a progressé de 19,78 points à 1 518,72 points. Les actions des banques qui ont annoncé leur fusion, la Dai-Ichi Kangyo Bank, la Fuji Bank et l’Industrial Bank of Japan ont progressé de l’ordre de 20 % et les ordres d’achat continuaient d’affluer après cette annonce. Le volume des échanges a été assez consistant avec 965 millions d’actions échangées contre 842 millions vendredi. «Le marché apprécie le fait que le secteur bancaire a entamé un réel mouvement de restructuration plutôt que la taille même de l’alliance», a indiqué le principal analyste d’Okasan Securities Co Ltd, Tetsuya Ishijima, selon lequel les achats de valeurs bancaires «pourraient être encore soutenus pendant une semaine ou deux». Vendredi les trois banques ont annoncé qu’elles allaient créer ensemble le premier groupe bancaire mondial l’an prochain avec 140 000 milliards de yens (1 300 milliards de dollars) d’actifs. Cette fusion a provoqué des achats dans un grand nombre de secteurs dans la perspective de restructurations et d’alliances futures dans d’autres secteurs industriels, selon les opérateurs. IBJ a terminé sur une hausse de 18,5 % à 1 284 yens, DKB a progressé de 19 % à 1 209 yens et Fuji Bank de 19,2 % à 1 243 yens. La fermeté du yen par rapport au dollar demeure un facteur négatif sur le marché de Tokyo, mais la réaction des investisseurs est restée faible. «De nombreux opérateurs commencent à penser que la hausse du yen n’est pas forcément une mauvaise chose si ces achats se font dans un contexte économique plus souriant au Japon», selon M. Ishijima. Les grandes valeurs exportatrices ont perdu du terrain en raison de la hausse du yen. Sony a perdu 2 % à 14 460 yens, Mitsushita Electric Industrial 0,2 % à 2 410 yens et Toyota Motor 4,7 % à 3 640 yens.
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