Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le bilan de la catastrophe aggravé par les constructions sauvages(photo)

La pratique très répandue de constructions sans permis ou faisant fi des normes de sécurité était mise en cause hier alors que la Turquie affrontait les lendemains du séisme. «Assassins!» s’exclamait le quotidien à grand tirage Hürriyet. Il publiait des photos d’immeubles effondrés construits sans permis, entourés de bâtiments «légaux» restés entiers. «Les voisins sont sains et saufs», commentait la légende. La plupart des journaux soulignaient qu’une multitude d’avertissements avaient été lancés sur les effets qu’aurait un tremblement de terre dans le nord-ouest densément peuplé de la Turquie après un séisme de magnitude moindre qui avait fait 140 morts à Adana (sud) l’an dernier. Le problème n’est pas nouveau. Résultat d’années de migrations à grande échelle, des millions de Turcs vivent dans des constructions illégales et sans respect des normes de sécurité sur une zone de séisme qui recouvre la plupart du pays. Des quartiers entiers des villes turques sont largement constitués d’immeubles ainsi bâtis à la hâte. D’après une estimation de la Chambre de commerce turque, environ 65% de toutes les constructions en Turquie sont bâties sans permis ou respect des normes. Plus de la moitié de la population d’Istanbul (10 millions) vit dans des habitations illicites, selon d’autres estimations. La proportion est la même à Ankara (3 millions) et d’autres grandes villes et atteint jusqu’à 90 % à Sirnak, dans le sud-est. Même avec un tel taux, le bâtiment peine à suivre le rythme pour accueillir les vagues de migrants vers les villes. Des millions de réfugiés se sont rués vers les grandes villes, notamment Istanbul et Ankara, ces dernières années, fuyant le conflit entre les rebelles kurdes et l’armée turque dans le sud-est, et la pauvreté. La population d’Istanbul a augmenté de 5 millions au cours de la dernière décennie, tandis que la population d’autres villes triplait dans la même période. Les problèmes de logement sont énormes. L’association des villes de Turquie, Türkkent, estime que quelque 7 millions de nouvelles habitations devront être construites d’ici 2010. Les migrants ne pouvant attendre longtemps et les Turcs étant autonomes, la plupart des habitations sont construites sans permis. Le problème pourrait donc se régler de cette façon si la Turquie n’était pas une zone extrêmement exposée aux tremblements de terre. 98 % de la Turquie est dans la zone à risque, selon une étude gouvernementale, et 34 % du territoire, dont Istanbul et Izmir, est classé zone de risque majeur. Plus de 20 séismes ont dépassé au cours des 75 ans de la République turque la magnitude 6,0 sur l’échelle ouverte de Richter, tuant 45 000 personnes à Erzincan (est) en 1939. Plusieurs tremblements de terre en Anatolie dans les années 20 ont atteint la magnitude 9,0, selon des calculs ultérieurs. Mais grâce à la faible densité démographique de l’époque et aux maisons traditionnelles en bois, le nombre de victimes était limité. Dans la jungle de béton des villes modernes turques, les effets d’un séisme sont multipliés par la nature de la construction. Les éditorialistes turcs commentaient la situation avec une lassitude amère. «Chaque séisme nous donne la même leçon», écrivait Ismet Berkan dans le quotidien Radikal. «Mais la même chose se reproduira très vraisemblablement au prochain séisme».Sabah prédisait que des bâtiments douteux seraient construits d’ici le prochain séisme. «Rien ne changera parce que vous êtes comme vos prédécesseurs», lançait l’éditorialiste à l’adresse du gouvernement, des municipalités et des magnats du bâtiment.
La pratique très répandue de constructions sans permis ou faisant fi des normes de sécurité était mise en cause hier alors que la Turquie affrontait les lendemains du séisme. «Assassins!» s’exclamait le quotidien à grand tirage Hürriyet. Il publiait des photos d’immeubles effondrés construits sans permis, entourés de bâtiments «légaux» restés entiers. «Les voisins sont sains et saufs», commentait la légende. La plupart des journaux soulignaient qu’une multitude d’avertissements avaient été lancés sur les effets qu’aurait un tremblement de terre dans le nord-ouest densément peuplé de la Turquie après un séisme de magnitude moindre qui avait fait 140 morts à Adana (sud) l’an dernier. Le problème n’est pas nouveau. Résultat d’années de migrations à grande échelle, des millions de Turcs vivent...