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Actualités - Chronologie

Les défis de Marion Jones (photos)

Marion Jones aime les défis. Et le dernier en date n’est pas des moindres puisqu’à 23 ans, et pour sa troisième saison seulement de retour à l’athlétisme, la sprinteuse-sauteuse américaine envisage tout bonnement de glaner quatre médailles d’or (100, 200, longueur et 4x400 mètres) aux Mondiaux de Séville. Et il faut croire qu’elle se sent prête car la Californienne n’est pas du genre à s’engager dans une bataille à la légère ou pour y faire de la figuration. Pour mémoire, c’est elle-même qui, à 16 ans, avait refusé une place de remplaçante dans le relais 4x100 m américain pour les Jeux de Barcelone après avoir pris la 5e place sur 100 m et la 4e sur 200 m des sélections nationales. Non pas qu’elle rejetait le rêve olympique, mais tout simplement parce que «j’avais de plus grandes ambitions et ne voulais donc pas précipiter les choses». Elle savait que le temps viendrait d’exprimer des qualités athlétiques évidentes dès l’âge de 15 ans (11’’17 sur 100 m et 22’’76 sur 200 m). Ces ambitions, elle les assouvira d’abord sur les parquets de basket-ball. Autre passion, autre talent, elle menait l’Université de Caroline du Nord au titre universitaire en 1994 et défendait même les couleurs nationales aux Jeux universitaires l’année suivante. Elle n’avait pourtant pas totalement délaissé l’athlétisme puisqu’elle continuait à s’illustrer dans les compétitions universitaires. Juste mis entre parenthèse, le temps de réussir avec le ballon, de connaître ensuite les blessures (fracture du pied gauche en mai et décembre 1995) et de ruminer sa vengeance l’année suivante en regardant les Jeux d’Atlanta à la télé. Plus vite que jamais Son retour était fulgurant. Décidée à s’investir à fond sur la piste et le sautoir, elle gagnait les sélections US sur 100 m, dominait la «grande» Jackie Joyner-Kersee à la longueur et s’envolait pour Athènes pour devenir la reine de la ligne droite. Le tout en abaissant son chrono personnel à 10’’76/100! La machine était lancée et personne ne semblait capable de l’arrêter. Les victoires s’enchaînaient alors à vitesse grand V, les dollars tombaient sur son compte en banque, lui permettant de célébrer ses noces avec le lanceur de poids C.J. Hunter en octobre dernier. «Je suis prête à courir plus vite que jamais», assurait-elle avant le déplacement à Séville, forte d’une invincibilité intacte en sprint. Seule ombre au tableau, le sautoir de la longueur où elle a cédé à deux reprises depuis octobre 1998, et une petite frayeur lors d’un concours en Caroline du Nord. Mais n’est-ce pas là encore le genre de défi dont elle a besoin pour se surpasser? Et accomplir cette passe de quatre (avec le relais 4x400 m) que d’aucuns présentent comme une mission impossible...? La grande rivale de l’Américaine sur la plus courte des distances de sprint est la Française Christine Arron, championne et recordwoman d’Europe sur le 100 mètres. Elle est investie d’une nouvelle mission aux championnats du monde à Séville : obtenir une médaille. La Française ne peut plus en effet se contenter, comme en 1997 à Athènes, d’une place d’honneur (4e). La Guadeloupéenne est désormais la seule ambassadrice française de l’athlétisme, un honneur amplifié par l’absence de la triple championne olympique, Marie-Josée Pérec. La protégée de Jacques Piasenta, dont la préparation a été perturbée par une tenace inflammation du tendon rotulien, a pris soin de faire précéder son arrivée, jeudi, dans la cité andalouse, de rassurantes nouvelles. Mais celles-ci ne peuvent lever les interrogations avant l’entrée en lice de la championne d’Europe du 100 mètres. Le portable de son compagnon, Dan Philibert, reste muet. La sprinteuse est donc déjà dans sa bulle. Les seules précisions fournies émanent de son antenne parisienne, Loïc Yviquel, la jugeant «en bonne forme», ou de conversations des responsables de la direction technique nationale (DTN) avec l’entraîneur Piasenta. «Pia est très satisfait de l’évolution des choses. Surtout en matière de relais, confie le DTN Richard Descoux. Il nous a précisé que Christine travaillait en souplesse, en sollicitant un minimum son genou». La douleur qui empêche toujours le chef de file de pousser à souhait dans les starting blocks n’était malheureusement pas son unique souci. Une bronchite l’a également inquiétée ces derniers temps. «Je pense qu’il s’agit peut-être là d’une stratégie médiatique, affirme le DTN adjoint Jean-Claude Volmer. Cela me semble être du Pia tout craché, pour ôter un peu de pression». Sixième chrono Richard Descoux et son bras droit affichent un apaisant optimisme. «L’Américaine Marion Jones sera une rivale très difficile mais j’ai confiance. Christine est partie pour se battre en tenant compte qu’un championnat du monde n’a rien à voir avec un meeting», analyse le premier. Le second évoque plus sobrement «un coup jouable». Cependant, les dernier chronos connus ne plaident pas en faveur de Christine Arron. La lointaine cousine de Pérec ne compte que le 6e temps (10 sec 97) de l’année, bien loin des 10’’73 qui avait fait d’elle une reine continentale, la saison dernière à Budapest. Jacques Piasenta a beau multiplier les signes encourageants, évoquer «de très bonnes choses à l’entraînement», son élève éprouve de la peine à retranscrire ses sensations en compétition. Pourra-t-elle par ailleurs s’exprimer en toute explosivité, au moment du départ, qui est depuis toujours sa grande faiblesse ? Une partie de la réponse sera fournie dès le premier 100 mètres, samedi à 8h45 GTM. On saura alors si, le lendemain (à 18h00 GMT), la belle du sport olympique numéro 1 sera à même de lutter à armes égales.
Marion Jones aime les défis. Et le dernier en date n’est pas des moindres puisqu’à 23 ans, et pour sa troisième saison seulement de retour à l’athlétisme, la sprinteuse-sauteuse américaine envisage tout bonnement de glaner quatre médailles d’or (100, 200, longueur et 4x400 mètres) aux Mondiaux de Séville. Et il faut croire qu’elle se sent prête car la Californienne n’est pas du genre à s’engager dans une bataille à la légère ou pour y faire de la figuration. Pour mémoire, c’est elle-même qui, à 16 ans, avait refusé une place de remplaçante dans le relais 4x100 m américain pour les Jeux de Barcelone après avoir pris la 5e place sur 100 m et la 4e sur 200 m des sélections nationales. Non pas qu’elle rejetait le rêve olympique, mais tout simplement parce que «j’avais de plus grandes ambitions et...