L'épouvante recherche des disparus sous les décombres
le 18 août 1999 à 00h00
Les habitants d’Izmit tentaient hier avec des pioches, des masses et des pelles d’arracher des survivants aux ruines des immeubles effondrés. La ville, de près de 500 000 habitants, située au bord de la mer de Marmara, à une centaine de kilomètres à l’est d’Istanbul, a été la plus touchée par le tremblement de terre qui a frappé la Turquie au cours de la nuit de lundi à mardi. Des dizaines d’immeubles se sont effondrés pendant le sommeil de leurs occupants. Dans une cité populaire, à la sortie de l’autoroute, deux blocs de sept étages ne font plus qu’un amas de gravats, la dizaine d’autres immeubles autour sont debout. Leurs murs sont fendillés et ils ont été désertés de leurs habitants. Dans les gravats, on aperçoit un corps bloqué sur un lit. À côté un tunnel a été creusé haut de cinquante centimètres entre deux planchers au fond duquel les sauveteurs entendent des appels. «C’est mon frère», dit Mustapha. Il explique que dans cet immeuble il y avait vingt-huit appartements et que chacun d’entre eux abritait deux ou trois personnes. Vers 17h locales (15h GMT) six corps inanimés avaient été retirés et douze personnes sont sorties blessées ou indemnes dit Mustapha. Une dizaine d’hommes s’affairent à la masse, avec des pioches ou à tirer des tuyaux arrachés aux murs. De misérables planches sont censées étayer leur percée mais les tonnes de ciment risquent à tout moment de redescendre encore. Une pelle mécanique entre parfois en action pour dégager ce qui l’a déjà été manuellement. Le linge est resté accroché aux balcons qui surplombent les ruines. Des enfants sont assis autour, les femmes vont de l’un à l’autre le regard fixe. Des dizaines de personnes regardent hébétées. Dans le terrain vague proche, des tentes de fortune ont été dressées. Dans les rues de la ville ou des vitrines sont encore intactes et des immeubles n’ont perdu que quelques tuiles, tous les magasins sont fermés, les hôtels ne veulent accueillir personne. Peu de monde circule dans les rues étroites ombragées par de grands platanes. Près du centre et du bord de mer, un autre petit immeuble est écrasé, une dizaine de personnes s’affairent. Sous les applaudissements, elles sortent dans une couverture un homme de quarante ans blessé aux jambes. Une camionnette l’emporte vers l’hôpital. Des voitures de police traversent la ville toute sirène hurlante. Quelques hélicoptères la survole. L’incendie de la raffinerie Tupras fait monter une longue colonne de fumée noire. Sur la route entre Istanbul et Izmit, des convois d’engins de travaux publics avancent lentement. Les nombreuses cités qui alternent tout au long avec les zones industrielles semblent vides de leurs habitants. Tous préfèrent dormir dehors. Certains bas-côtés sont devenus de vastes campings improvisés où femmes et enfants sont assis ou allongés sans réaction. Tous semblent revivre leurs peurs.
Les habitants d’Izmit tentaient hier avec des pioches, des masses et des pelles d’arracher des survivants aux ruines des immeubles effondrés. La ville, de près de 500 000 habitants, située au bord de la mer de Marmara, à une centaine de kilomètres à l’est d’Istanbul, a été la plus touchée par le tremblement de terre qui a frappé la Turquie au cours de la nuit de lundi à mardi. Des dizaines d’immeubles se sont effondrés pendant le sommeil de leurs occupants. Dans une cité populaire, à la sortie de l’autoroute, deux blocs de sept étages ne font plus qu’un amas de gravats, la dizaine d’autres immeubles autour sont debout. Leurs murs sont fendillés et ils ont été désertés de leurs habitants. Dans les gravats, on aperçoit un corps bloqué sur un lit. À côté un tunnel a été creusé haut de cinquante...
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