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Actualités - Reportages

L'affacturage : une aubaine pour le marché libanais

Il y a trois ans, apparaissait sur le marché libanais une société libanaise spécialisée en affacturage, une innovation en ce temps-là. Deux ans plus tard, Ipso Facto est toujours un monopole sur le marché. Pourtant, il semblerait qu’elle ne le restera pas longtemps. En effet, la Banque du Liban, voyant dans cette activité une source de liquidité importante, est en train d’encourager les banques à s’introduire sur le marché de l’affacturage. Petit tour d’horizon. Plus communément connu sous le terme anglo-saxon «factoring», l’affacturage est un service de financement et de recouvrement des factures. Le factor vous rachète immédiatement vos factures et se fait lui-même régler ensuite par vos clients. L’affacturage cible les entreprises qui accordent des crédits interentreprises, quel que soit leur secteur d’activité. Il s’agit des entreprises qui vendent leurs produits ou leurs services sur base de compte courant (avec ou sans traites) et celles qui vendent avec des délais de paiement de court terme à savoir inférieurs à six mois). Ce système présente d’innombrables avantages, à commencer par le fait que vous vous débarrassez des tracas liés à l’encaissement. Au Liban, les relations d’affaires étant souvent des relations personnelles, le processus de recouvrement des créances devient particulièrement délicat et le factor joue un rôle-tampon idéal. L’affacturage vous permet aussi de réduire votre endettement à court terme, d’optimiser la rotation de votre fonds de roulement, d’améliorer votre image auprès des banques et donc d’augmenter vos chances d’emprunt à long terme et surtout de gonfler vos ventes puisque vous pourrez accorder des délais de paiement à votre clientèle. Quant à vos fournisseurs, vous pourrez les régler plus rapidement, ce qui vous vaudra un escompte supplémentaire. Et pour couronner le tout, votre factor vous garantit contre les impayés. Zoom sur le marché libanais «Il y a quatre ans, nous avons constaté les besoins du marché alors que personne n’y croyait. Nous avons pourtant tenté l’expérience», avoue Nagi Shoucair, PDG d’Ipso Facto. En trois ans d’activité, forte de son contrat de coopération technique avec le leader français de l’affacturage, la Société française de factoring, Ipso Facto s’est assuré une position confortable sur le marché. La clientèle de la société est panachée et comprend des multinationales et des PME, producteurs, commerçants et sociétés de service. Pourtant, Nagi Shoucair admet qu’Ipso Facto fait face à plusieurs blocages dans le cadre de son activité. D’abord, l’affacturage n’est pas encore ancré dans les habitudes commerciales, et les clients sont souvent mal renseignés sur le processus. Par ailleurs, le marché souffre profondément du manque d’information et de transparence des entreprises. Les risques de l’activité sont donc élevés, sans compter que le cadre légal est inadapté à l’activité de factoring et ne soutient pas le factor. Une activité au potentiel énorme Selon Nagi Shoucair, le potentiel du marché libanais est assez important pour supporter plusieurs opérateurs. Il ajoute : «Le professionnalisme est la clé d’une plus grande part de marché. À Ipso Facto, moins de 5% du portefeuille a des retards supérieurs à 60 jours». Ipso Facto cherche aujourd’hui à élargir sa base de clientèle au Liban, sans pour autant viser une élite. En même temps, elle introduit un produit de factoring international adossé au réseau international de SFF. Ce nouveau produit permettra aux exportateurs libanais de vendre à l’étranger sur base de compte courant, évitant les lourdeurs des procédures de lettres de crédit imposées à l’exportateur et à l’importateur. Grâce au partenariat avec SFF, Ipso Facto garantira donc, à partir de septembre, les factures des exportateurs libanais, offrant une plus grande flexibilité aux entreprises concernées et de plus grandes possibilités de vente. Qu’est-ce que ça coûte ? Les charges imputées à une opération d’affacturage sont variables selon le volume des factures, leur montant moyen, la qualité des débiteurs et la qualité du client. Les commissions qui rémunèrent le financement s’alignent sur les taux bancaires (10-12%). Quant aux frais de gestion et de garantie, ils varient entre 0,5% et 2,5% du montant des factures remises. Information v/s risque : le rating surgit sur le marché Les déficiences en information qui caractérisent le marché libanais minent l’ensemble des opérations de crédit et poussent les prises de risques à des niveaux dangereux. Au Liban, l’information reste une denrée rare. Pour pallier ce manque généralisé de renseignements, les principaux créanciers du pays (banques et entreprises) se fiaient jusque-là à leurs propres investigations pour évaluer le risque d’un client. Ipso Credit Watch est une société spécialisée qui fournit des outils d’évaluation des risques de crédit. «Une bonne façon d’optimiser ses recouvrements, c’est encore de n’avoir rien à recouvrir», affirme Iyad Boustany, responsable de ICW. Chez ICW, sophistication informatique et modèles statistiques ultramodernes sont mis à bien pour évaluer les risques intrinsèques et spécifiques des entreprises et des individus acteurs sur le marché national. Avec la réhabilitation du crédit à la consommation au Liban et l’agressivité croissante des banques et des entreprises en matière de crédit en général, la base de données d’ICW est une vraie aubaine pour les créanciers. «Nous couvrons environ 2,5 millions d’individus et 185 000 entreprises», annonce Iyad Boustany. Effectivement, nous sommes très nombreux à être «fichés» à ICW ... De quoi moraliser bien des personnes et rationaliser bien des comportements, qu’il s’agisse d’habitudes de paiement individuelles ou de politiques commerciales.
Il y a trois ans, apparaissait sur le marché libanais une société libanaise spécialisée en affacturage, une innovation en ce temps-là. Deux ans plus tard, Ipso Facto est toujours un monopole sur le marché. Pourtant, il semblerait qu’elle ne le restera pas longtemps. En effet, la Banque du Liban, voyant dans cette activité une source de liquidité importante, est en train d’encourager les banques à s’introduire sur le marché de l’affacturage. Petit tour d’horizon. Plus communément connu sous le terme anglo-saxon «factoring», l’affacturage est un service de financement et de recouvrement des factures. Le factor vous rachète immédiatement vos factures et se fait lui-même régler ensuite par vos clients. L’affacturage cible les entreprises qui accordent des crédits interentreprises, quel que soit leur...