Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Japon Les kamikazes regrettent d'être restés en vie

Plus d’un demi-siècle après la guerre, les vétérans des forces «kamimazes» japonaises restent hantés par le remords d’avoir survécu à leurs missions-suicides. «Quand la guerre a pris fin, la première chose que je me suis dite a été : “ Je n’ai pas réussi à mourir! ”», se souvient Hiroshi Shinjo, 77 ans, ancien pilote du Corps spécial d’intervention des kamikazes. «J’avais honte parce que nous pensions tous que nous étions nés pour mourir à la guerre», ajoute-t-il. «J’ai ressenti un certain bonheur à mon mariage et à la naissance de mes enfants, mais je ne peux encore trouver aucune excuse au fait que je suis toujours en vie vis-à-vis de mes camarades tombés au combat», avoue le vieil homme, les yeux fermés. «Ma mission est de continuer à les honorer plusieurs fois par an, jusqu’à ce que ma mort survienne». Hiroshi Shinjo sera donc parmi les 900 «kamikazes» survivants à commémorer dimanche le 54e anniversaire de la capitulation de son pays, le 15 août 1945, qui mit fin à la seconde guerre mondiale. Les pilotes de missions suicides étaient devenus de véritables héros à l’époque, salués par les premières pages des journaux. Devenus vieux, ils vivent pour la plupart des retraites discrètes et témoignent peu. Le Corps des kamikazes avait été créé en octobre 1944, avec de jeunes soldats hâtivement formés, dans un effort désespéré pour battre les alliés. Les Japonais employèrent plus de 2 000 avions en dix mois, coulant 34 navires et endommageant sérieusement 288 autres, selon les chiffres américains. «J’ai raté deux fois la chance de mourir lorsque les chasseurs Zero que je devais piloter ont été détruits par les Américains juste avant le départ de mes missions», explique Morimasa Yunokawa, un autre vétéran de 77 ans. «Quand on nous a annoncé la défaite, plusieurs pilotes voulaient que nous nous suicidions pour suivre nos camarades morts. Mais nos chefs nous l’ont interdit», poursuit l’ancien lieutenant, l’un des cinq rescapés de son unité de 54 hommes. Plus de cinquante ans après, ils se rappellent avec appréhension les départs des missions «fleurs de cerisiers», les «plus folles». Elles comprenaient des appareils-suicides à une place portant une grosse charge explosive qui, une fois lâchés par l’avion principal, avaient une autonomie de moteur de moins d’une minute. «Quand j’ai vu cet avion, mes genoux tremblaient de peur», se souvient M. Shingo. «Je pensais vraiment que ma vie était finie». Avec le recul, les rescapés restent nostalgiques de la camaraderie qui les liait les uns aux autres mais reconnaissent que le concept des missions-suicides était une erreur. «J’ai toujours une maquette en plastique d’un chasseur Zero dans ma chambre. Elle me rappelle des bons jours», avoue M. Shinjo. «On ne peut pas dire que nos camarades soient morts comme des chiens mais le fait de partir en mission sans chance d’y réchapper était totalement idiot», selon lui. «Pour moi, le moment le plus pénible était de sélectionner les pilotes pour les missions de mon unité et de les voir écrire une dernière lettre pour leur famille, couper leurs ongles et leurs cheveux». «Je pensais les suivre un jour ou un autre. Mais la fin de la guerre a mis fin à cette promesse».
Plus d’un demi-siècle après la guerre, les vétérans des forces «kamimazes» japonaises restent hantés par le remords d’avoir survécu à leurs missions-suicides. «Quand la guerre a pris fin, la première chose que je me suis dite a été : “ Je n’ai pas réussi à mourir! ”», se souvient Hiroshi Shinjo, 77 ans, ancien pilote du Corps spécial d’intervention des kamikazes. «J’avais honte parce que nous pensions tous que nous étions nés pour mourir à la guerre», ajoute-t-il. «J’ai ressenti un certain bonheur à mon mariage et à la naissance de mes enfants, mais je ne peux encore trouver aucune excuse au fait que je suis toujours en vie vis-à-vis de mes camarades tombés au combat», avoue le vieil homme, les yeux fermés. «Ma mission est de continuer à les honorer plusieurs fois par an, jusqu’à ce que...