La République du Daguestan (Caucase russe), où des groupes armés ont annoncé mardi la création d’un État islamique et lancé un appel à la guerre sainte contre les Russes, a une forte tradition musulmane qui a survécu à 70 ans d’athéisme communiste. Les quelque deux millions d’habitants de cette république sont très majoritairement des musulmans sunnites, les Russes orthodoxes ne représentant pas plus de 10 % de la population. Près d’une trentaine de minorités ethniques cohabitent au Daguestan. Les Avars (500 000) qui constituent le groupe le plus nombreux sont aussi, selon le spécialiste français Alexandre Bennigsen, l’un des plus attachés à l’islam. La région de Botlikh, dans le sud du Daguestan, où les groupes armés qui se réclament du wahhabisme (islam radical) ont pris le contrôle de plusieurs villages depuis samedi, est essentiellement peuplée d’Avars. Les Avars jouissent d’un prestige particulier en raison du rôle essentiel qu’ils ont joué contre Moscou dans la révolte des Daguestanais au cours des années 1920-1922 et auparavant dans les guerres du Caucase contre la Russie impériale. Chamil, le héros légendaire de la résistance des peuples du Caucase à l’occupation russe au XIXe siècle, était un Avar. Les musulmans du Daguestan sont essentiellement de rite chaféite, à l’exception de quelques minorités ethniques comme les Nogays (de rite hanéfite) et les Tates (de rite djafarite). Les autorités musulmanes du Daguestan ont dénoncé à plusieurs reprises les fondamentalistes wahhabites. Le chef spirituel des musulmans du Daguestan, le mufti Said Mouhammed Aboubakarov, et son frère avaient été tués en 1998 dans un attentat à la bombe à Makhatchkala, capitale de la république. En septembre dernier, trois villages de la région de Bouïnask, près de Botlikh, avaient proclamé unilatéralement leur indépendance par rapport au Daguestan afin de pouvoir vivre selon les principes du wahhabisme. L’islam a été introduit au Daguestan par les Arabes dès le VIIIe siècle et son influence a considérablement augmenté aux XVIIIe et XIXe siècles grâce à l’activité des confréries soufies. Sous le régime soviétique, la pratique de l’islam s’est affaiblie dans une partie de la population mais est restée à peu près intacte dans les confréries, notamment la Nakchbandiya et la Kadiriya. Le Daguestan était alors considéré comme la région la plus activement religieuse de l’URSS, avec la Tchétchénie voisine.
La République du Daguestan (Caucase russe), où des groupes armés ont annoncé mardi la création d’un État islamique et lancé un appel à la guerre sainte contre les Russes, a une forte tradition musulmane qui a survécu à 70 ans d’athéisme communiste. Les quelque deux millions d’habitants de cette république sont très majoritairement des musulmans sunnites, les Russes orthodoxes ne représentant pas plus de 10 % de la population. Près d’une trentaine de minorités ethniques cohabitent au Daguestan. Les Avars (500 000) qui constituent le groupe le plus nombreux sont aussi, selon le spécialiste français Alexandre Bennigsen, l’un des plus attachés à l’islam. La région de Botlikh, dans le sud du Daguestan, où les groupes armés qui se réclament du wahhabisme (islam radical) ont pris le contrôle de plusieurs...
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