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Actualités - Interviews

Dans le monde Entretien avec Jon Amiel(photos)

Jon Amiel est un réalisateur anglais très respecté. Il compte à son actif (entre autres) l’intéressant «Copycat» et «Sommersby», film à succès avec Richard Gere et Jodie Foster (bien qu’à notre avis moyen). Avec «Entrapment», il a réussi à faire le genre de films d’action dont il rêve depuis longtemps. Entretien avec Raya Abi-Rached. L’Orient-Le Jour : Vous avez été embauché en tant que réalisateur quand le projet était bien avancé? Jon Amiel : Oui, il y avait un autre réalisateur avant moi, ce n’est pas un secret, il s’agit de Antoine Fuqua (NDLR : réalisateur de The Replacement Killers), mais Antoine voulait faire un film très différent de ce que Sean et les producteurs avaient en tête. Un film fantastique, avec des poursuites en hélicoptère, en voiture, des fusils dans le centre de Londres. Il y avait beaucoup de sexe, ce qui n’était pas dans mon opinion très crédible, ce n’était pas du tout un film sur les personnages, tout le film tournait autour d’un événement qui s’est déroulé depuis des années, le retour de Hong-Kong aux Chinois. Donc, le script était très différent. Et puis le budget était de 120 millions de dollars alors que la Fox ne voulait dépenser que 70 millions, en fait nous avons fini par n’en dépenser que 68. O-LJ : Vous pouvez définir un genre pour ce film? J.A. : Je crois que les films à tension romantique font partie des genres oubliés de Hollywood, probablement comme les comédies musicales. Mais ce n’est pas à cela que je pensais quand j’ai commencé, j’ai pensé plutôt quel genre de film j’aimerais aller voir. J’en ai personnellement assez de ces films d’action sans cerveau dans lesquels on se fout de tout le monde. Pour moi, il faut d’abord que l’on se soucie du personnage, parce que dans ce cas, on est effrayé de le voir traverser une route et être renversé par une voiture! Si c’est Bruce Willis dans l’un de ses films d’action, on ne préoccupe pas s’il y a 47 Coréens à ses trousses, parce qu’on sait qu’il va s’en sortir indemne. Donc, j’ai voulu faire un film qui avait une tête et un cœur, où l’ennemi principal n’est pas un vilain psychopathe ridicule, mais le temps. Le vrai adversaire dans le film est le temps, il n’y a pas vraiment de «méchant». J’ai voulu faire un film sexy, romantique, glamour, mais qui n’est pas à propos de sexe explicitement. J’ai trouvé ces aspects très enthousiasmants, ils me donnaient l’opportunité de faire le genre de films d’action que j’ai toujours voulu faire. Je ne pense pas que ce soit un film rétro, nous n’avons voulu rendre hommage à personne. O-LJ : Aviez-vous déjà rencontré Sean Connery et étiez-vous impressionné? J.A. : Absolument (rires!). Mais il est impossible de rester impressionné par Sean parce que quand on fait sa connaissance comme vous venez de le faire, on voit que Sean est un homme extrêmement terre à terre, il n’a pas d’ego, il est entièrement dévoué au travail. Je n’ai pu rester intimidé par Sean que 10 secondes, parce que juste après j’étais pris dans le «sérieux» de faire un film ensemble. O-LJ : On a beaucoup parlé de la différence d’âge entre les personnages principaux, vous sentiez-vous inquiété par cela? J.A. : Bien sûr, j’ai senti qu’il était très important de ne pas tomber dans ce piège comme Clint Eastwood dans True Crime, Michael Douglas dans A Perfect Murder, Warren Beatty dans Bulworth. J’ai senti que nous avions une chance non pas de prétendre qu’il n’y avait pas de différence d’âge, que Mac est toujours un jeune homme, mais d’explorer ce qui peut arriver quand un homme est attiré par une femme plus jeune. Et chacun des deux sait qu’il y ait un fossé qu’ils ne peuvent dépasser, et pour moi qui voulait faire un intense film romantique, cela était enthousiasmant. La romance est plus à propos de ce que l’on imagine plutôt que ce que l’on voit. J’ai vu une façon d’explorer le thème du Pygmalion dans la relation, plus que de prétendre que cet homme peut toujours courir trois milles, tuer cinq vilains, grimper une forteresse, faire l’amour à huit belles femmes et ne pas perdre son souffle pendant qu’il boit un Martini «shaken but not stared». Nous voulions faire un film sur une vraie personne, basé sur ce qui est vrai, ce qui est possible, exagéré de 10%. Ils sont 10% plus intelligents que nous, mais pas des génies, leurs habits 10% plus beaux, mais pas plus sinon nous perdrions de notre crédibilité. O-LJ : Donc vous ne voyez pas Mac comme un voleur du genre Simon Templar ou Arsene Lupin? J.A. : Non, je le vois comme une personne très réelle. Le film est une collision entre l’ancienne façon de faire les choses et la nouvelle. J’adore la scène où Mac entre dans un système très technologique de transfert d’argent et s’exclame : «Qu’est-ce qu’il est advenu de l’argent, le vrai?» J’adore le fait que c’est aussi à elle de l’aider, lui a mal et elle l’enlace. C’est un homme très «mortel», je n’ai pas voulu faire un James Bond. J’aime que dans ce film on voie sa vulnérabilité, son honorabilité; il ne veut pas coucher avec elle, pas parce qu’il ne peut pas, mais parce qu’il sait qu’il va la trahir. O-LJ : Y a-t-il des acteurs avec lesquels vous aimeriez travailler dans l’avenir? J.A. : Il y a plein d’acteurs connus ou pas avec lesquels j’aimerais travailler, je ne donnerais pas de noms, mais il y a aussi une poignée avec lesquels je n’aimerais pas travailler. Je préfère travailler avec des acteurs non motivés par leur célébrité et j’ai eu la chance d’avoir toujours obtenu cela : Richard Gere, Holly Hunter, Jodie Foster, Sigourney Weaver…
Jon Amiel est un réalisateur anglais très respecté. Il compte à son actif (entre autres) l’intéressant «Copycat» et «Sommersby», film à succès avec Richard Gere et Jodie Foster (bien qu’à notre avis moyen). Avec «Entrapment», il a réussi à faire le genre de films d’action dont il rêve depuis longtemps. Entretien avec Raya Abi-Rached. L’Orient-Le Jour : Vous avez été embauché en tant que réalisateur quand le projet était bien avancé? Jon Amiel : Oui, il y avait un autre réalisateur avant moi, ce n’est pas un secret, il s’agit de Antoine Fuqua (NDLR : réalisateur de The Replacement Killers), mais Antoine voulait faire un film très différent de ce que Sean et les producteurs avaient en tête. Un film fantastique, avec des poursuites en hélicoptère, en voiture, des fusils dans le centre de Londres....