Le dollar est resté confiné dans une marge très étroite au bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (BDL) hier, à Beyrouth, dans un marché vendeur mais très réticent à la demande. Et c’est grâce à l’action de la BDL qui a maintenu ses deux taux d’intervention entre 1 502,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente qu’il est parvenu à achever la journée au même cours moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis le début de l’année. De leur côté, les établissements de crédit ont continué de négocier pratiquement le billet vert au point inférieur d’intervention de la BDL, entre 1 502,00 et 1 502,10 LL, sans contrepartie valable à l’achat en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée d’hier n’aurait pas dépassé huit millions de dollars, presque entièrement absorbés par la BDL à 1 502,00 LL. Accès de faiblesse du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar a fait preuve de faiblesse hier sur les marchés des changes internationaux en raison des tensions croissantes à Wall Street, tandis que l’euro et le yen regagnaient du terrain. Les volumes d’échanges ont été très limités, en raison des vacances d’été et de l’absence de données économiques significatives. Selon les cambistes, l’attention du marché a été surtout portée sur la parité dollar/yen. Et d’ajouter que les opérateurs se demandent combien de temps la devise japonaise parviendra à se maintenir à un niveau relativement haut, malgré la publication hier d’indicateurs jugés encourageants au Japon sur les commandes de biens d’équipement en juin. Bien que le gouvernement japonais ait déclaré hier que la situation économique dans l’archipel s’est récemment améliorée, les analystes estiment toutefois qu’il était prématuré d’affirmer qu’une reprise économique était véritablement engagée. Certes, de l’avis unanime des experts, la reprise économique japonaise reste fragile, et le marché attend avec intérêt la publication des données révisées sur le produit intérieur brut (PIB) japonais pour le premier trimestre, qui doivent être publiées après-demain, pour se faire une idée plus claire sur la situation économique réelle au Japon. Pour ce qui est de l’euro, il a regagné aussi du terrain dans la journée, oubliant totalement ses inquiétudes de la veille à propos de la situation politique en Russie. Sa tendance a été gouvernée par la publication de bons chiffres sur la balance commerciale en Allemagne qui a dégagé un excédent de 7 milliards d’euros en juin, soit plus du double qu’en mai. Ces chiffres, qui prouvent que l’économie germanique se porte mieux, ont donc contribué à soutenir la monnaie unique européenne. La livre sterling a été pour sa part soutenue par la publication de la dernière étude du British Retail Consortium montrant une poursuite en juillet de la hausse des ventes de détail. Cela d’autant que le marché attend avec impatience la publication aujourd’hui du rapport trimestriel sur l’inflation de la Banque d’Angleterre qui devra permettre à la livre de garder ses atouts face au dollar selon les experts. Enfin, le dollar a été fragilisé par la grande nervosité sur les marchés boursiers et obligataires américains qui spéculent sur un nouveau resserrement de la politique monétaire américaine le 24 août lors de la réunion prochaine de la Réserve fédérale (Fed). C’est ainsi qu’il s’est négocié à New York, sur un ton faible comme suit : – 1,0730 pour un euro contre 1,0710, la veille – 1,6165 pour un sterling contre 1,6065 – 1,8230 DM contre 1,8260 – 6,1135 FF contre 6,1240 – 1,4930 FS contre 1,4955 – 1 804,75 lires contre 1 808,35 – 114,55 yens contre 115,20. Bourse de Beyrouth : léger mieux Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est apparemment ressaisie hier grâce à la hausse des actions de la société Rymco de 2 3/4 à 3,00 dollars dans un proportion plus grande que la baisse des actions B de Solidere de 7 3/8 à 7 1/4 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a progressé de 0,15 % à 75,51 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 179,84 points. Ce mouvement s’est encore une fois déroulé hier dans des transactions très minces, ne dépassant pas au total 14 248 actions d’une valeur globale de 90 602 dollars. La crainte d’une hausse des taux américains fait chuter Wall Street… Quant à Wall Street, elle a continué de souffrir des anticipations de hausse du taux directeur servi par la Fed sur les fonds fédéraux (Fed funds) lors de la prochaine réunion de son comité de l’open market le 24 août. Le marché obligataire américain attend aussi le lancement du programme de refinancement trimestriel du gouvernement aujourd’hui pour 12 milliards de dollars à 10 ans et demain pour 10 milliards à 30 ans, après le résultat décevant de l’adjudication hier de 15 milliards de dollars en obligations à 5 ans. Ces nouvelles offres, qui interviennent alors que le marché obligataire doit absorber plusieurs émissions de titres d’entreprises, font baisser le prix des actuelles obligations sur le marché et monter les rendements. Cela étant et compte tenu aussi du ralentissement des ventes au détail qui a pesé sur les valeurs de la distribution, à un moment où les valeurs de la haute technologie et de l’Internet subissaient la pression des ventes bénéficiaires, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a fléchi hier d’un plus haut à 10 714,67 points à un plus bas à 10 549,08 points, avant d’afficher en préclôture 10 567,44 points, en baisse de 140,26 points sur la veille. ...et les Bourses européennes Les marchés boursiers européens se sont nettement repliés mardi dans de faibles volumes, imitant ainsi Wall Street, les obligations et le dollar, tous en baisse dans l’anticipation d’une hausse des taux US dès le 24 août. Aux États-Unis, le rendement de l’emprunt à 30 ans a dépassé les 6,25 %, un niveau qu’il n’avait pas connu depuis octobre 1997, à quelques heures de l’adjudication de 15 milliards de dollars de notes à cinq ans. La confirmation des discussions à trois entre Alcan, Pechiney et Alusuisse en vue de la formation du plus important groupe mondial d’aluminium et d’emballage, en terme de chiffres d’affaires, n’a pas réussi à animer l’ensemble de ce secteur. L’ensemble des marchés reste entravé par les craintes de relèvement des taux, même si les analystes s’accordent à penser que la hausse sera de 25 points de base et qu’elle est déjà inscrite, au moins en partie, dans les cours. «Pour le moment, on attend de toucher le fond», a expliqué Dick Ley (WestLB à Düsseldorf), qui a noté que les investisseurs accumulent les liquidités et répugnent à s’engager. L’indice multipays Eurotop 300 et l’Euro STOXX 50 ont perdu tous deux quelque 1,6 %. Bonne tenue des pétrolières À Londres, le FTSE 100 a abandonné 2,42 % à un plus bas depuis le 12 février, tandis qu’à Francfort le DAX a peiné à rester au-dessus de 5 000 points (-1,70 %). L’indice SMI des principales valeurs helvètes a touché un nouveau plus bas de l’année alors qu’à Paris le Cac 40 a cédé 1,11 % dans un volume peu étoffé de 1,77 milliard d’euros. L’indice STOXX des technologiques a abandonné 2,7 % alors que celui du secteur de l’énergie a progressé d’environ 1/2 %. Les secteurs de croissance, tels que les médias, les télécoms et les pharmaceutiques, étaient faibles de même que les banques et les financières traditionnellement sensibles à l’évolution des taux. Dans le secteur de l’énergie, BP Amoco a gagné 0,5 % après avoir annoncé une hausse de 13,6 % de ses bénéfices au deuxième trimestre, grâce notamment aux réductions de coûts découlant de leur fusion. L’espoir de parvenir rapidement à un accord entre TotalFina et Elf Aquitaine a aidé l’ensemble du secteur. Elf a progressé de 1,8 % et TotalFina de 2,5 %. Dans le compartiment des métaux, Alusuisse Lonza a gagné 3 % et Pechiney près de 2 %. Aux technologiques, le groupe finlandais Nokkia a reculé de plus de 5 %. Tokyo en hausse La Bourse de Tokyo a gagné 0,1 % mardi, soutenue par la publication de bons chiffres sur les commandes de biens d’équipement, qui ont contrebalancé le recul des valeurs de la haute technologie, ont indiqué les opérateurs. Le Nikkei 225 a progressé de 11,64 points à 17 202,09 points. L’indice élargi Topix a cédé 0,28 % point à 1 424,25. Le volume des échanges est resté peu élevé, avec environ 349 millions d’actions échangées, contre 323,2 millions la veille. La Bourse a bien réagi aux prévisions de l’Agence de planification économique (EPA), qui table sur une augmentation de 4 % des commandes de biens d’équipement au troisième trimestre 1999 par rapport au deuxième, selon les opérateurs. Les investisseurs ont été également confortés par l’annonce d’une hausse de ces commandes de 6,3 % en juin par rapport à mai, ont-ils ajouté. Ces chiffres sont «meilleurs que prévu», a déclaré Tsuyoshi Segawa, responsable du secteur négoce des titres à la New Japan Securities Co. Ltd. Le marché était en baisse dans la matinée. Le faible volume des échanges a rendu la Bourse très sensible à quelques mouvements de vente des valeurs de la haute technologie. «Suite à un recul du Nasdaq la veille, les investisseurs ont vendu des titres des secteurs Internet et haute technologie», a indiqué un analyste de Nomura Securities Co. Ltd., Tatsuo Kurokawa. À court terme, un fort rebond du marché est improbable en raison de craintes sur une hausse des taux d’intérêt américains et une possible rupture de la coalition gouvernementale japonaise, ont indiqué les opérateurs. Le Parti libéral a menacé de quitter la coalition gouvernementale du Parti démocratique libéral à propos d’une reforme parlementaire. Ce dernier incident politique a «fait réfléchir à deux fois les investisseurs étrangers avant d’acheter à nouveau», selon M. Gegawa, de la New Japan.
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