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Actualités - Chronologie

La classe politique condamne la folie du limogeage

La majorité de la classe politique russe, communistes en tête, a condamné hier le limogeage du Premier ministre Sergueï Stépachine, mais elle semblait prête à confirmer la nomination de son successeur Vladimir Poutine afin d’éviter une aggravation de la crise politique. Le président Boris Eltsine a «de nouveau entraîné le pays dans une crise très grave» en limogeant M. Stépachine, a affirmé le chef du PC Guennadi Ziouganov, estimant que cette décision illustrait «l’agonie du régime». Le limogeage de M. Stépachine «est une folie totale» qui pourrait accroître les tendances séparatistes dans le pays, notamment au Caucase du Nord, a estimé sur la radio Echo de Moscou l’ancien vice-Premier ministre libéral Boris Nemtsov qui dirige un mouvement de droite, la Juste cause. Le limogeage du gouvernement est intervenu alors que le spectre d’une nouvelle guerre menace de plus en plus le Caucase russe où des affrontements armés ont lieu presque chaque jour dans les régions proches de la république indépendantiste de Tchétchénie, en particulier au Daguestan. «C’est un acte dirigé contre le pays dans son ensemble. Tant que cet homme sera au Kremlin, il n’y aura aucune vie normale dans le pays», a affirmé M. Ziouganov, en soulignant que ce limogeage «n’était pas une surprise» pour les communistes, majoritaires à la Douma. «C’est le sixième Premier ministre en 18 mois. Nous disions depuis longtemps qu’il (Stépachine) serait limogé en août-septembre», a-t-il expliqué. «Un président qui a limogé en un an quatre Premiers ministres ne peut pas être vu sous un jour favorable», a affirmé le général Alexandre Lebed, gouverneur de la région de Krasnoïarsk (Sibérie) et candidat potentiel à l’élection présidentielle prévue en juin 2000. En réalité, Boris Eltsine a limogé trois Premiers ministres et non quatre en un an. M. Lebed, cité par l’agence Interfax, a même estimé que le régime actuel pourrait bientôt s’effondrer. «De 1982 à 1985 on enterrait un secrétaire général du PC par an, maintenant nous avons changé quatre Premiers ministres en un an. C’est le même phénomène et il se terminera de la même façon», a assuré le général faisant allusion à l’effondrement du régime soviétique fin 1991. «Le pays et les gens sont fatigués de ces jeux de chaises musicales, de l’instabilité et des décisions qui ne répondent à aucune logique», a affirmé à la Douma le chef du groupe parlementaire centriste Régions de Russie, Oleg Morozov, proche de l’influent maire de Moscou, Iouri Loujkov. «Il faut adopter des amendements à la Constitution pour limiter les pouvoirs du président», a souhaité M. Ziouganov. Malgré leurs critiques contre le Kremlin, plusieurs responsables politiques ont cependant laissé entendre qu’ils ne feraient pas traîner en longueur l’investiture de Vladimir Poutine, ancien responsable des services de sécurité, et dont la candidature a été proposée hier par le président russe. «En confirmant Stépachine (il y trois mois), la Douma a montré qu’elle est prête à voter pour n’importe quel candidat afin d’éviter une dissolution du Parlement», a estimé M. Morozov. Après trois refus du candidat du Kremlin au poste de Premier ministre, le président russe peut dissoudre la Douma. «Le nouveau gouvernement doit commencer à travailler le plus vite possible», a déclaré Sergueï Ivanienko, un responsable du parti d’opposition réformatrice Iabloko. «Iabloko ne veut pas d’une longue crise politique», a-t-il ajouté. Le président de la Douma, le communiste Guennadi Seleznev, s’est également montré optimiste quant au vote de confirmation de M. Poutine. «Si ça ne tenait qu’à moi, je confirmerais Poutine dès demain», a-t-il déclaré. «Si nous mettons trois semaines à étudier la candidature d’un Premier ministre, que le président peut limoger dans les trois mois qui suivent, cela n’aboutira qu’à une perte de temps», a-t-il conclu. M. Poutine a lui-même exprimé l’espoir que sa candidature serait rapidement entérinée. «Nous n’allons pas laisser la situation politique dans le pays s’aggraver. J’espère que ma candidature sera confirmée par la Douma. Les gens qui y travaillent ne sont pas stupides», a-t-il dit, cité par Itar-Tass.
La majorité de la classe politique russe, communistes en tête, a condamné hier le limogeage du Premier ministre Sergueï Stépachine, mais elle semblait prête à confirmer la nomination de son successeur Vladimir Poutine afin d’éviter une aggravation de la crise politique. Le président Boris Eltsine a «de nouveau entraîné le pays dans une crise très grave» en limogeant M. Stépachine, a affirmé le chef du PC Guennadi Ziouganov, estimant que cette décision illustrait «l’agonie du régime». Le limogeage de M. Stépachine «est une folie totale» qui pourrait accroître les tendances séparatistes dans le pays, notamment au Caucase du Nord, a estimé sur la radio Echo de Moscou l’ancien vice-Premier ministre libéral Boris Nemtsov qui dirige un mouvement de droite, la Juste cause. Le limogeage du gouvernement est...