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Actualités - Chronologie

Tourisme - Wigry, en Pologne, nouvelle attraction Sur les traces du Pape

S’asseoir dans le fauteuil utilisé par le pape, s’agenouiller sur son prie-Dieu ou serrer la main à ceux qui l’ont rencontré sont de nouvelles attractions touristiques de la région des lacs de Suwalki (nord-est de la Pologne), où Jean-Paul II a passé deux jours lors de son dernier pèlerinage au pays natal. Des dizaines de touristes viennent chaque jour visiter les appartements du pape, aménagés dans l’ancien monastère des bénédictins au bord du lac Wigry. Les week-ends, des embouteillages se forment sur la route étroite menant vers le petit village Wigry, qui n’avait jamais connu de telles invasions. Dimanche dernier, un record a été battu avec près d’un millier de visiteurs venus voir la chambre du pape, sa salle à manger et une petite chapelle, avec une vue magnifique sur le lac de Wigry et les forêts de pins. «L’intérêt est tel que nous avons décidé d’introduire des billets d’entrée : 2 zlotys (0,5 euro) pour les adultes et 1 zloty pour les enfants», explique Mme Bogumila Cieslukowska, directrice de l’établissement qui sert aujourd’hui de centre de vacances du ministère de la Culture. Excellente publicité Le premier jour, le stock des billets s’est très vite épuisé, et les visiteurs devaient se contenter d’un reçu écrit à la main, raconte-t-elle. «L’argent sera destiné à financer des repas aux enfants des familles pauvres de la région, l’une des plus démunies de la Pologne», précise-t-elle. «Après le passage du pape, le nombre de visiteurs au monastère de Wigry a triplé ou même quadruplé par rapport à l’année dernière. Le pape nous a fait une excellente publicité. Pourvu que ça dure et que les autorités sachent en tirer profit pour la région», dit Mme Cieslukowska. «Les appartements ont été conservés tels que le pape les a quittés le 10 juin au matin: les draps sont ceux dans lesquels le pape a dormi, les serviettes dans la salle de bains sont celles qu’il a utilisées, même le petit flacon de shampooing, à peine entamé, est resté à l’endroit où le pape l’avait posé», dit-elle. «Tant que je dirige cet établissement, rien n’y changera d’un pouce», promet la directrice qui refuse catégoriquement l’idée de louer les appartements papaux, même s’il ne manquerait certainement pas des gens prêts à payer n’importe quel prix pour dormir dans le lit de Jean-Paul II. Jozefa, femme de ménage, gardienne et, depuis peu, caissière à l’entrée des appartements papaux, n’a pas de mots assez sévères pour les visiteurs. «Ils veulent tout toucher, se révolte-t-elle. Si je n’étais pas là pour les gronder, ils emporteraient tout : assiettes en porcelaine blanche dans lesquelles il avait mangé, sa tasse de thé, ses couverts, même son fauteuil et le lit». Les jours de bonne humeur, elle laisse les visiteurs se prendre en photo dans le fauteuil du pape ou sur son prie-Dieu. «Ils veulent que sa grâce retombe sur eux, explique-t-elle. Nous, le personnel, on a eu notre chance d’être si près de lui». Des cailloux Ne pouvant rien emporter, des vieilles dames se contentent de ramasser quelques petits cailloux de la petite allée, témoins des promenades du pape au bord du lac. D’autres achètent pour 5 zlotys/pièce (1,20 euro) des photos du pape, prises par le guide du monastère. Son petit business marche bien. «Il suffit d’avoir une bonne idée pour se faire un peu d’argent», explique-t-il. Le propriétaire du petit bateau de plaisance Tryton, qui a conduit le pape sur les eaux du lac Wigry, propose aux touristes des trajets Jean-Paul II, version longue ou raccourcie. «L’année n’a jamais été aussi bonne, se réjouit-il. Il y a deux fois plus de visiteurs que les étés précédents. Le seul problème : les gens se bousculent et se battent parfois pour s’asseoir dans le fauteuil du pape. Une femme qui a réussi à l’occuper dès l’entrée à bord du bateau, ne l’a pas quitté une minute pendant près de cinq heures de la croisière». Les pas des visiteurs mènent enfin au petit village de Leszczewo, à une dizaine de kilomètres de Wigry, où vit modestement Stanislas Milewski avec sa femme et ses cinq enfants. Le pape leur a rendu une visite improvisée pour manifester sa solidarité avec les familles des agriculteurs.
S’asseoir dans le fauteuil utilisé par le pape, s’agenouiller sur son prie-Dieu ou serrer la main à ceux qui l’ont rencontré sont de nouvelles attractions touristiques de la région des lacs de Suwalki (nord-est de la Pologne), où Jean-Paul II a passé deux jours lors de son dernier pèlerinage au pays natal. Des dizaines de touristes viennent chaque jour visiter les appartements du pape, aménagés dans l’ancien monastère des bénédictins au bord du lac Wigry. Les week-ends, des embouteillages se forment sur la route étroite menant vers le petit village Wigry, qui n’avait jamais connu de telles invasions. Dimanche dernier, un record a été battu avec près d’un millier de visiteurs venus voir la chambre du pape, sa salle à manger et une petite chapelle, avec une vue magnifique sur le lac de Wigry et les forêts de...