Malgré l’amorce d’une première vague de retours dans le championnat de France, l’étranger reste une destination encore appréciée pour les joueurs tricolores en raison d’un challenge sportif relevé mais surtout d’un taux d’imposition sur salaire non négligeable. L’appât du gain avait été l’élément moteur du raz-de-marée ayant emporté les étoiles du football français lors de la saison 1995-1996. Ainsi, Zinedine Zidane avait quitté les Girondins de Bordeaux pour la Juventus de Turin en triplant son salaire de base. En outre, les ambitions sportives de la Juve étaient incomparables avec celles du club bordelais. Zidane pouvait se construire un palmarès et assurer (financièrement) le bien-être de sa famille grâce aussi à l’apport de juteux contrats publicitaires. Ce n’est pas toujours le cas des cinquante-neuf joueurs qui composent la légion française évoluant dans les principaux championnats européens. Si Emmanuel Petit, Patrick Vieira et désormais Thierry Henry à Arsenal, Didier Deschamps, Marcel Desailly, Franck Lebœuf à Chelsea mais aussi David Ginola à Tottenham Hotspur sont des titulaires en puissance et perçoivent des salaires supérieurs à 12 MF (1,83 million d’euros) l’an (hors prime et contrat publicitaire), ils sont nombreux à ne pas être aussi privilégiés. La cote de ceux qui ne jouent pas d’une manière régulière baisse à l’argus des transferts et complique le travail des intermédiaires. Bernard Lambourde (Chelsea), Éric Charvet (Newcastle) ou encore Marc Keller (West Ham) disent, tous en cœur, qu’ils vivent une époque formidable mais ajoutent : «On aimerait jouer plus souvent». C’est ce qui a poussé Jocelyn Blanchard à revenir en D1 française. À la Juventus Turin, il dépassait largement les «500 000 F» (76 225 euros) par mois... sans presque jouer. Après un transfert de 46 millions de francs (7 millions d’euros) et un salaire raboté, il est titulaire à Lens. L’exemple vaut pour Jérôme Bonnissel (ex-La Corogne), ou encore le champion du monde Stéphane Guivarc’h. Ce dernier cherche désormais à retrouver une crédibilité à Auxerre, après deux expériences enrichissantes financièrement à Newcastle et à Glasgow, mais décevantes sur le plan sportif. La majorité des professionnels en ont tiré la leçon: l’Eldorado a ses limites. Après une première vague de retours, la seconde se profile lors du «mercato» d’hiver. L’apport de sociétés privés garantit désormais aux clubs français une nouvelle puissance financière. Le transfert du Brésilien Sonny Anderson, de Barcelone à Lyon pour 116 MF (17,68 millions d’euros), plus gros transfert du football français, en est une des nombreuses illustrations. Bien sûr, il reste les cas particuliers, comme celui de Nicolas Anelka, deuxième transfert le plus cher de l’histoire (220 MF, 33,54 millions d’euros) et dont le salaire mensuel culmine à plus de deux millions de francs par mois (300 000 euros) nets d’impôt. De quoi faire rêver des générations de jeunes élèves des centres de formation. Juventus : Zidane en piste mardi prochain à Cesena Le meneur de jeu des champions du monde, Zinedine Zidane, effectuera probablement son retour en compétition avec son club, la Juventus de Turin, le 10 août prochain à Cesena, lors du cinquième tour de la Coupe Intertoto de football. Encore un peu à court de forme, Zidane n’avait pas été retenu par son entraîneur Carlo Ancelotti pour jouer ce mercredi le match retour du quatrième tour face aux Russes de Rostov, ce match constituant a priori une simple formalité pour la Juve, victorieuse 4 à 0 à l’aller en Russie. Près de deux mois après son opération d’un ménisque, le 12 mai à Strasbourg par le professeur Jean Jaeger, Zidane retrouvera ainsi son poste de chef d’orchestre en prélude à une saison, sa dernière peut-être sous le maillot noir et blanc, que tous les supporteurs de la Juve espèrent triomphale pour faire oublier un exercice 98-99 décevant. Depuis son retour en Italie le 11 juillet, Zidane n’a pas rechigné à la tâche. Dans la paix du verdoyant domaine de Châtillon, dans le Val d’Aoste, il s’est astreint à un travail acharné pour revenir progressivement à sa meilleure condition en vue du premier match du championnat d’Italie, le 29 août à Turin, contre les promus calabrais de la Reggina. Usé moralement par une saison longue et difficile, consécutive à la victoire de l’équipe de France au Mondial 1998 sur ses terres, Zidane paraît s’être refait une santé. En dépit du départ de la Juventus de ses deux coéquipiers de l’équipe de France, Didier Deschamps et Thierry Henry (partis respectivement pour Chelsea et Arsenal), Zidane paraît déterminé à réaliser une grande saison : «J’ai encore beaucoup à gagner avec la Juve. Je vais très bien. Mon genou est guéri et je suis pratiquement prêt». Après un mois et demi de préparation, le Ballon d’Or 98, semble avoir retrouvé à l’entraînement ses meilleures sensations dans le domaine de la mobilité et de la précision de jeu. L’année du rachat se présente donc parfaitement bien pour Zidane, ressourcé mentalement et désireux de finir en beauté sa grande aventure dans le Calcio.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Malgré l’amorce d’une première vague de retours dans le championnat de France, l’étranger reste une destination encore appréciée pour les joueurs tricolores en raison d’un challenge sportif relevé mais surtout d’un taux d’imposition sur salaire non négligeable. L’appât du gain avait été l’élément moteur du raz-de-marée ayant emporté les étoiles du football français lors de la saison 1995-1996. Ainsi, Zinedine Zidane avait quitté les Girondins de Bordeaux pour la Juventus de Turin en triplant son salaire de base. En outre, les ambitions sportives de la Juve étaient incomparables avec celles du club bordelais. Zidane pouvait se construire un palmarès et assurer (financièrement) le bien-être de sa famille grâce aussi à l’apport de juteux contrats publicitaires. Ce n’est pas toujours le cas des...