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Actualités - Chronologie

Les plaies sont encore ouvertes(photo)

Mary Khahenzi a cherché son mari dans toutes les morgues de Nairobi pendant quatre longues journées après l’attentat contre l’ambassade américaine, le 7 août 1998. «Le 13 août au matin, j’ai enfin retrouvé son corps, grâce à son tee-shirt qui proclamait : je suis un catholique et Jésus m’aime». Un an plus tard, cette mère de famille de 45 ans ne peut s’empêcher de pleurer quand elle évoque ses souvenirs. Elle-même se trouvait dans l’immeuble de la Cooperative Bank, près de l’ambassade, où elle avait un petit bureau de tourisme. «Quand la bombe a explosé, je suis sortie et j’ai prié avec tous les gens qui étaient là. Mon fils est venu me chercher. Plus tard, nous avons commencé à nous inquiéter car nous étions sans nouvelles de mon mari», raconte-t-elle. «Son cadavre a été retrouvé sur le trottoir. Un mur lui était tombé dessus. Il venait me rendre visite». Dans son petit appartement propret du quartier d’Eastlands, Mary s’est soudain trouvée seule à la tête d’une famille de onze enfants : cinq d’un premier lit et six que son mari avait eus d’un premier mariage. «Thomas avait été un vrai père avec mes enfants, c’est rare pour un homme africain. Alors, je me dois moi aussi de faire tout ce que je peux pour ses enfants», assure-t-elle. Les fonds versés par le gouvernement kenyan lui ont servi à payer le loyer et les frais de scolarité des enfants, dont plusieurs sont pensionnaires. «Mon mari avait ouvert un compte pour nous acheter une maison mais j’ai dû prendre l’argent», raconte Mary qui s’inquiète car, aujourd’hui, toutes ces sommes sont épuisées et elle ne sait comment continuer, malgré l’aide reçue par la Fédération internationale de la Croix-Rouge. «80 % des victimes kenyanes de l’attentat étaient des hommes, donc nous avons beaucoup de veuves à aider», explique Susan Mutungi, assistante sociale de la Croix-Rouge. Outre le deuil et les difficultés économiques, les veuves ont dû parfois se débattre dans des conflits avec leur belle-famille, désireuse de récupérer les enfants ou une partie de l’aide fournie. Nombre de cas se sont réglés au tribunal, la Croix-Rouge ayant fourni aux victimes une assistance légale pour les aider à se défendre. Pour Douglas Sidialo également, l’avenir s’annonce incertain. Ancien cadre en marketing, âgé de 28 ans, il a totalement perdu la vue pour avoir eu la malchance d’emprunter à la mauvaise heure l’avenue Haile Selassie, qui longe l’ambassade. Aujourd’hui, Douglas, dont le visage est marqué par de multiples cicatrices provoquées par les éclats de verre, a appris à se déplacer avec une canne blanche et à lire le braille, mais la survie de sa famille repose sur les épaules de sa femme, Teresa, professeur. «L’aide versée par les États-Unis et par les donneurs est allée aux organisations, mais nous n’avons rien touché directement, mis à part la somme versée par le gouvernement», regrette-t-il.
Mary Khahenzi a cherché son mari dans toutes les morgues de Nairobi pendant quatre longues journées après l’attentat contre l’ambassade américaine, le 7 août 1998. «Le 13 août au matin, j’ai enfin retrouvé son corps, grâce à son tee-shirt qui proclamait : je suis un catholique et Jésus m’aime». Un an plus tard, cette mère de famille de 45 ans ne peut s’empêcher de pleurer quand elle évoque ses souvenirs. Elle-même se trouvait dans l’immeuble de la Cooperative Bank, près de l’ambassade, où elle avait un petit bureau de tourisme. «Quand la bombe a explosé, je suis sortie et j’ai prié avec tous les gens qui étaient là. Mon fils est venu me chercher. Plus tard, nous avons commencé à nous inquiéter car nous étions sans nouvelles de mon mari», raconte-t-elle. «Son cadavre a été retrouvé sur le...