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Actualités - Chronologie

Abou Ammar, 70 ans et de nouveaux défis(photo)

Fatigué par les combats, rongé par la maladie, usé par le pouvoir, le dirigeant palestinien Yasser Arafat, qui fête mercredi ses 70 ans, tient toujours la barre et se prépare à conduire son peuple à travers de nouveaux écueils. Dans un Proche-Orient dont les dirigeants qui ont dominé la seconde moitié du XXe siècle disparaissent les uns après les autres, M. Arafat continue à gouverner, de son style paternaliste et autocratique, et fait face aux défis que lui impose le changement de pouvoir en Israël. Mais sa maladie nerveuse, qui se traduit par un tremblement permanent de sa lèvre inférieure, jette une ombre sur son ambition inlassablement répétée, et toujours déçue, de prier à Jérusalem avant sa mort. Expression de sa frugalité traditionnelle, aucune célébration particulière n’est prévue pour l’anniversaire du président, selon son bureau, sinon peut-être quelques douceurs à partager avec ses proches. Les interlocuteurs habituels de M. Arafat soulignent que son esprit reste vif. C’est toujours lui qui tranche, seul, les questions importantes, que ce soit pour les négociations avec Israël ou pour la gestion des affaires internes palestiniennes. Cependant, selon des témoignages concordants, le président souffre aussi de difficultés de concentration et d’absences qui peuvent durer plusieurs minutes. L’état de santé d’Abou Ammar, selon son nom de guerre, est un tabou pour les responsables palestiniens. Ses proches, qui l’appellent familièrement «le Vieux», se contentent d’affirmer qu’il est sujet à de fréquentes «dépressions» du fait du piétinement prolongé du processus de paix. À 70 ans, dont plus de quarante d’une extraordinaire carrière mêlant la guérilla et la politique, il est bien normal qu’il soit souvent fatigué, font-ils valoir. Mais aucun repos n’attend M. Arafat alors qu’il doit gérer la reprise des négociations de paix avec le nouveau Premier ministre israélien, M. Ehud Barak, dont les premières semaines de pouvoir ont montré qu’il ne concéderait rien gratuitement. Sa légendaire « baraka » Palestiniens et Israéliens sont supposés reprendre rapidement les négociations sur un règlement de paix permanent, où doivent être abordées les questions- clés du conflit israélo-arabe, celles auxquelles M. Arafat a consacré sa vie : l’établissement d’un État palestinien avec Jérusalem pour capitale et le sort des réfugiés palestiniens. Jusqu’à présent, le renoncement à la lutte armée et le pragmatisme manifesté ces dernières années par M. Arafat ne lui ont pas apporté les fruits espérés. Le petit homme chauve, la tête coiffée de son éternel keffiyeh épousant la forme de la Palestine, est encore très loin de son objectif. Six ans après sa poignée de main historique, sur la pelouse de la Maison-Blanche, avec le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, M. Arafat contrôle à peine le tiers des territoires conquis par Israël en 1967. S’il venait un jour à disparaître, le flambeau serait sans doute repris – au moins pour une période transitoire – par son principal adjoint, M. Mahmoud Abbas (Abou Mazen). M. Abbas apparaît de plus en plus comme le successeur officieux du dirigeant palestinien, mais il n’en a ni le charisme, ni le prestige. M. Arafat espère avoir encore du temps devant lui pour mener à bien son projet historique. Dans sa longue carrière, sa légendaire «baraka» l’a aidé à se sortir de bien des situations critiques. Il a échappé aux accidents, aux complots et aux attentats. Mais sa bataille contre la maladie risque d’être la dernière.
Fatigué par les combats, rongé par la maladie, usé par le pouvoir, le dirigeant palestinien Yasser Arafat, qui fête mercredi ses 70 ans, tient toujours la barre et se prépare à conduire son peuple à travers de nouveaux écueils. Dans un Proche-Orient dont les dirigeants qui ont dominé la seconde moitié du XXe siècle disparaissent les uns après les autres, M. Arafat continue à gouverner, de son style paternaliste et autocratique, et fait face aux défis que lui impose le changement de pouvoir en Israël. Mais sa maladie nerveuse, qui se traduit par un tremblement permanent de sa lèvre inférieure, jette une ombre sur son ambition inlassablement répétée, et toujours déçue, de prier à Jérusalem avant sa mort. Expression de sa frugalité traditionnelle, aucune célébration particulière n’est prévue pour...