Une brusque flambée de violence a secoué l’Algérie ces derniers jours après une accalmie relative, alors que des compagnies aériennes occidentales envisagent de revenir à Alger et que la France a annoncé la réouverture prochaine de deux consulats. Sept membres d’un Groupe de légitime défense (GLD) ont été tués et trois grièvement blessés dans l’explosion d’une bombe à el-Mlilhia, dans la région de Djelfa (270 km au sud d’Alger), selon des journaux. Les dix hommes, affectés à la surveillance d’un gazoduc, se dirigeaient vers le djebel Guedid pour l’inspecter lorsque leur véhicule a sauté sur la bombe, placée sur la route, selon ces sources. Aucune confirmation officielle de cet attentat, l’un des plus meurtriers depuis plusieurs jours, n’était disponible hier. En outre, trois personnes ont été blessées dans l’explosion d’une bombe sur une plage à Aïn Tagouraït (ex-Bérard, littoral ouest d’Alger), selon le quotidien Le Matin. Le même journal indique que mardi, trois personnes ont été assassinées par un groupe armé islamiste à Babors, à la frontière entre les départements de Béjaïa et Sétif (est). Le chef de la diplomatie française Hubert Védrine a annoncé à l’issue d’une visite de deux jours en Algérie la venue à Alger fin août d’une deuxième mission technique d’Air France pour étudier les mesures de sécurité à l’aéroport de la capitale en vue d’un éventuel retour de la compagnie qui a suspendu ses vols depuis 1994. Les compagnies Alitalia, Iberia et Swissair ont également annoncé l’éventualité d’un retour soumis aux conditions de sécurité. Celles-ci se sont améliorées depuis plusieurs mois mais les journaux rapportent quotidiennement des attentats attribués aux islamistes armés. Depuis le 20 juillet, l’attentat le plus meurtrier a eu lieu à Sidi Rabie, dans la région de Mascara (sud-ouest), dans la nuit de lundi à mardi, lorsque des islamistes armés ont attaqué cette localité massacrant seize personnes, selon la presse. Les services de sécurité avaient annoncé la mort de neuf personnes. Le 25 juillet, deux militaires et un civil avaient été tués dans des attentats imputés à des islamistes armés dans les régions de Tizi Ouzou (Kabylie, 100 km à l’est d’Alger) et Jijel (300 km à l’est), selon la presse. Cinq personnes avaient été tuées et trois blessées le 26 juillet dans deux attentats imputés à des islamistes armés à Djelfa (270 km au sud d’Alger) et Bouira (120 km à l’est), selon des journaux. Enfin, un chef de patriotes (civils armés) avait été tué et un de ses hommes blessé le 28 juillet dans une embuscade tendue par un groupe armé islamiste à Damous, près de Tipaza (70 km à l’ouest d’Alger), selon el Watan. Ces attentats sont imputés au Groupe islamique armé (GIA) et au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui rejettent toute trêve et toute négociation avec le pouvoir. En revanche, l’Armée islamique du salut (AIS), bras armé du Front islamique du salut (FIS-dissous), en trêve depuis octobre 1997, a annoncé début juin qu’elle déposait les armes et se mettait sous l’autorité de l’État. Le président Abdelaziz Bouteflika a promulgué, le 13 juin, une loi sur la «concorde civile» prévoyant une amnistie partielle pour les islamistes armés non coupables de crimes de sang. Les premiers comités de probation, chargés d’étudier les dossiers des islamistes désireux de bénéficier de cette loi, ont été installés jeudi par le ministre de l’Intérieur Abdelmalek Sellal.
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