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Actualités - Chronologie

Les films à la télé De la difficulté ou pas d'être jeune

Le passage de l’adolescence à la maturité n’est pas toujours sans problèmes. Le cinéma va nous les illustrer cette semaine de façons différentes. Un jeune confronté aux difficultés de la vie dans le «bush» australien : c’est «The Man From Snowy River». Trois copains lancés dans une expédition peu banale : c’est «Stand by Me». Le ghetto noir et encore trois copains : c’est «Boyz’n the Hood». Et quelques branchés du bahut, c’est «Up the Creek». À part cela, deux petites comédies sans prétention «American Dreamer» et «Making Mr. Right». Enfin, le couple explosif Richard Gere/Kim Basinger pour les adultes dans le violent «No Mercy». Commençons, dans l’ordre, par Man From Snowy River de l’Australien George Miller. Jim Craig vit, pauvrement, dans les montagnes avec son père. Celui-ci est tué par la chute d’un arbre. Jim, avant de reprendre la place de son père, doit prouver aux autres montagnards qu’il est un homme. Aidé par Spur, vieux chercheur d’or, ami de son père, il est embauché par Harrison, un riche éleveur de la plaine. Cavalier émérite, Jim n’est employé qu’à des besognes de valet. Il tombe amoureux de Jessica, fille de Harrison, lequel congédie Jim et annonce à Jessica qu’elle ira dans une pension religieuse. Jessica fuit dans les montagnes. Un résumé aussi condensé peut faire apparaître le film comme un mélange de mélodrame et de western. Le scénario est l’adaptation d’une ballade The Man of Snowy River (l’homme de la rivière enneigée) publiée en 1895 par Banjo Paterson et célèbre encore aujourd’hui dans toute l’Australie. Grâce à l’écran large, aux splendides paysages, grâce aux troupes de chevaux, apparemment sauvages sur l’écran, le film a le rythme et l’ampleur d’un poème. La fraîcheur, le jeu retenu des deux jeunes acteurs, Tom Burlinson et Sigrid Thornton, évitent à leurs personnages de tomber dans les stéréotypes que n’évite pas toujours Kirk Douglas dans son double rôle. Le film reconstitue avec beaucoup de pertinence, de soin dans les décors intérieurs, dans les détails quotidiens, une époque, celle de 1880, où s’affrontaient, comme aux USA, deux races d’hommes. Ceux des hautes terres repoussés de plus en plus loin, de plus en plus haut, par ceux de la plaine, riches éleveurs. Les montagnards étaient pour la plupart issus des pionniers, des chercheurs d’or. Les héros du film ont donc une dimension historique et symbolique. Diffusion lundi à 23h45 sur MTV Stand by Me porte la signature de Rob Reiner et marqua les débuts à l’écran d’un acteur aujourd’hui tragiquement disparu à 29 ans d’une overdose, River Phoenix. Gordie Lachance se souvient : en ce déjà lointain été 1959, il avait douze ans et avec ses trois inséparables copains Chris, Teddy et Vern, il s’était lancé dans une expédition peu banale pour aller repérer le corps d’un adolescent disparu mais dont ils avaient appris qu’il gisait dans une forêt après avoir été heurté et tué par un train, espérant ainsi devenir des vedettes des médias. Mais ils avaient été rejoints par des voyous (dont le frère aîné de Chris) qui les auraient frustrés de leur trouvaille si Gordie ne les avait tenus en respect avec un pistolet «emprunté» par Chris à son père. Entre-temps, des retours en arrière nous auront fait connaître les difficiles relations de plusieurs d’entre eux avec leurs parents et revivre quelques épisodes pittoresques de la vie quotidienne dans cette petite ville de l’Oregon. Plus tard, Chris, devenu avocat, sera tué dans une bagarre et c’est en souvenir de son ami que Gordie, devenu écrivain, raconte cette histoire. Ce gentil film est l’œuvre d’un cinéaste qui a gardé la fraîcheur et la simplicité d’un «amateur» (au bon sens du mot) ayant l’ambition et les moyens de faire du «professionnel» : d’un côté, il situe l’action dans l’Amérique profonde, où le décor champêtre rappelle la virginité du vieil Ouest, et il apporte un soin particulier à la photographie, ne dédaignant pas les effets esthétisants recherchés par les cinéastes du dimanche, de l’autre il joue habilement sur la séduction supposée de l’univers enfantin tout en mettant dans la bouche de ces gamins un vocabulaire d’une extrême crudité et il exploite à fond la nostalgie à la mode avec un accompagnement musical essentiellement voué au rock. Diffusion lundi à minuit sur LBCI Du décor champêtre, passons à la jungle de la ville avec Boyz’n the Hood de John Singleton, qui se déroule dans le ghetto noir de Los Angeles. Trois copains d’enfance, Tre Styles et les frères Dough Boy et Ricky Baker tentent d’échapper à l’engrenage infernal de leur quotidien : la violence, les affrontements entre bandes rivales, les descentes de police et le crack. Inspiré d’un morceau écrit par Ice Cube, ex-membre du groupe rap NWA (Niggers With Attitude), qui fait ses débuts d’acteur dans le film, Boyz’n the Hood est le premier long métrage d’un jeune metteur en scène black de vingt-trois ans, admirateur de Spike Lee et de Steven Spielberg. Ayant provoqué quelques remous lors de sa sortie aux USA (un mort et de nombreux blessés), cette œuvre n’est pas un film de gangs mais le constat réaliste et pessimiste d’une triste réalité urbaine. Inspiré de faits divers authentiques, ce film qui comporte une bonne part autobiographique (Singleton a été élevé dans South Central) a pu choquer d’aucuns par son aspect réducteur et simpliste. Et si les solutions proposées frôlent la naïveté (la famille reste l’ultime recours), ce film émouvant et sensible demeure un formidable témoignage sur la situation dramatique des Noirs américains aujourd’hui. Diffusion mercredi à 21h30 sur LBCI De la jungle de la ville à celles des bayous de la Louisiane : No Mercy de Richard Pearce entraîne à la fois Richard Gere et Kim Basinger, (quel couple!) de Chicago aux marécages infestés de caïmans, enchaînés l’un à l’autre. Un policier de Chicago, se rendant à la Nouvelle-Orléans pour venger la mort d’un coéquipier, rencontre une jeune femme qui était au cœur de l’affaire. Elle devient sa captive puis son alliée dans une lutte sans merci contre un caïd du milieu. Le policier, c’est Richard Gere, la jeune femme Kim Basinger. Ajoutez à cela l’exotisme des bayous, des accents romantiques et une réalisation virtuose qui joue tout à la fois sur le suspense et la violence. Un film percutant. Diffusion vendredi à 21h00 sur LBCI La fin de la semaine sera essentiellement consacrée à des films de «divertissement». N’en demandez pas plus à American Dreamer de Rick Rosenthal dans lequel JoBeth Williams incarne une petite bourgeoise américaine qui gagne un voyage à Paris ; elle va se trouver, à son insu, mêlée à une abracadabrante histoire qu’elle va vivre, en croyant être, en toute innocence, la vedette d’un feuilleton télévisé. L’idée de base est sympathique mais ni le metteur en scène, ni les interprètes ne parviennent à enlever le morceau. Diffusion samedi à 23h30 sur TL1 Dans Making Mr. Right de Susan Seidelman, John Malkovich se démène comme un beau diable dans un double rôle : celui d’un savant qui a créé un androïde à sa propre image. Et Ann Magnuson est chargée de vendre ce concept original au public. Il y a, dans le scénario, quelques moments très drôles mais l’ensemble ne décolle jamais vraiment malgré que les extérieurs tournés à Miami Beach enjolivent l’entreprise. Diffusion dimanche à 17h00 sur LBCI Et terminons avec Up the Creek de Robert Butler, une grosse farce dans laquelle les cancres du collège «La pétomane» décident de disputer le trophée d’une descente en canot d’une rivière particulière traîtresse... Naturellement les candidats vont se jouer tous les tours possibles et imaginables pour gagner la compétition. Il y a surtout pour l’œil quelques jolies filles en petite tenue et une séquence de charade qui vaut à elle seule tout le film. Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
Le passage de l’adolescence à la maturité n’est pas toujours sans problèmes. Le cinéma va nous les illustrer cette semaine de façons différentes. Un jeune confronté aux difficultés de la vie dans le «bush» australien : c’est «The Man From Snowy River». Trois copains lancés dans une expédition peu banale : c’est «Stand by Me». Le ghetto noir et encore trois copains : c’est «Boyz’n the Hood». Et quelques branchés du bahut, c’est «Up the Creek». À part cela, deux petites comédies sans prétention «American Dreamer» et «Making Mr. Right». Enfin, le couple explosif Richard Gere/Kim Basinger pour les adultes dans le violent «No Mercy». Commençons, dans l’ordre, par Man From Snowy River de l’Australien George Miller. Jim Craig vit, pauvrement, dans les montagnes avec son père. Celui-ci est tué...