Les jours se suivent et se ressemblent sur le marché des changes de Beyrouth, dont la tendance continue à être dictée par la Banque du Liban (BDL). Celle-ci, en se déclarant toujours prête à vendre le dollar à 1 514,00 LL et à l’acheter à 1 502,00 LL, est parvenue non seulement à le faire clôturer au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre, mais aussi à stimuler l’offre de cette monnaie à son point supérieur d’intervention. Dans ces conditions, les établissements de crédit ont été amenés à négocier pratiquement le billet vert en dehors de la BDL entre 1 513,00 et 1 513,50 LL, la dispensant de le vendre au haut de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Pourtant, l’activité du marché est restée très mince, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars entièrement échangés à l’achat et à la vente par les banques de la place, ajoute-t-on dans ces mêmes milieux. L’euro dopé par les signes de déblocage au Kosovo À l’étranger, l’euro est nettement remonté face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, dopé par la perspective d’une issue diplomatique au conflit en Yougoslavie et profitant d’une nouvelle baisse de Wall Street qui pénalisait le billet vert. La monnaie unique européenne a bénéficié dans la matinée en Europe de rumeurs selon lesquelles la situation s’améliorait au Kosovo. À cet égard, les cambistes ont opté pour l’optimisme après des informations rapportées par le Financial Times, affirmant que le président yougoslave Slobodan Milosevic planche sur un projet qui pourrait conduire au déploiement d’une force de paix de l’Onu au Kosovo. Cela d’autant que, selon de sources diplomatiques, les pays occidentaux et la Russie ont suffisamment rapproché leurs positions pour publier aujourd’hui une déclaration commune sur les principes d’une solution diplomatique au conflit opposant l’Otan à la Yougoslavie. Certes, le marché de l’euro cherchait une occasion de reprendre son souffle et l’a trouvée dans ces informations, indique-t-on dans les milieux cambistes. La devise européenne a été donc soutenue face au plongeon dans le rouge de Wall Street, après l’ouverture hier, au lendemain de sa chute de 1,18 % la veille, ce qui a pénalisé le dollar et permis à l’euro de franchir à la hausse le seuil psychologique de 1,07 dollar. Dans ce contexte, le billet vert ne tardait à interrompre son mouvement ascensionnel face au yen et à battre en retraite contre le sterling à la veille de la décision du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre sur les taux d’intérêt. À cet égard, la plupart des stratégistes estimaient que la livre devrait rester soutenue par la perspective d’un statu quo monétaire qui maintiendrait les taux britanniques, actuellement à 5,25 %, bien plus élevés que ceux servis en Europe et aux États-Unis. Cela étant, le dollar s’est montré très vulnérable hier se négociant à New York comme suit : – 1,0750 pour un euro contre 1,0615, la veille – 1,6385 pour un sterling contre 1,6275 – 1,8210 DM contre 1,8420 – 6,1065 FF contre 6,1785 – 1,4935 FS contre 1,5110 – 1 802,45 lires contre 1 823,75 – 120,45 yens contre 120,85. Bourse de Beyrouth : légèrement soutenue par la Byblos Bank Sur les places boursières, la Bourse de Beyrouth a été légèrement soutenue hier par la hausse toujours modérée des actions C de la Byblos Bank, dans un marché très calme et stationnaire sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a progressé de 0,07 % à 74,91 points, de même que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires de 0,11 % à 178,83 points. Ce mouvement s’est déroulé hier dans un volume d’affaires portant sur 48 208 actions d’une valeur globale de 256 546 dollars. Volatilité de Wall Street après le « livre beige » Quant à Wall Street, elle a été partagée hier entre les craintes d’une surchauffe de l’économie américaine et les perspectives d’une croissance sans inflation. À cet égard, les investisseurs ont été impressionnés au départ par l’annonce d’une hausse plus forte que prévu des commandes industrielles aux États-Unis de 2 % en mars contre une baisse de 1,8 % en février, reflétant une tendance de l’économie à la surchauffe qui pourrait justifier un certain durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed). Mais cette crainte ne tardait pas à être dissipée ensuite par la publication du «livre beige» de la Fed, estimant que l’économie américaine montrait un «fort niveau» d’activité et un rythme d’expansion modéré alors que les prix demeuraient généralement stables sauf pour le pétrole et le gaz. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fluctuer très irrégulièrement entre un plus haut à 10 925,92 points et un plus bas à 10 775,86 points avant d’afficher en préclôture 10 868,90 points, en baisse de 17,21 points sur la veille, dans un marché très volatil. Tassement des Bourses européennes Les Bourses européennes se sont tassées hier, ce qui est conforme aux prévisions des analystes au vu de la perte de 1,18 % subie par Wall Street mardi sur des prises de bénéfices. Le net recul du marché obligataire américain a également pesé sur Wall Street et par contrecoup sur les places européennes mardi. Mais les pertes sont relativement moindres sur le Vieux Continent et les opérateurs ont bon espoir que les Bourses se redressent ces prochains jours. C’est déjà le cas pour Paris qui abandonnait 1,59 %, Londres 2,00 %, Francfort 1,53 %, Zurich 0,98 %, Amsterdam 0,51 % et Bruxelles 0,14 %. Parmi les indices européens, l’Euro Stoxx 50 perdait 1,55 % et l’Eurotop 100 0,59 %. Les opérateurs justifient leur optimisme par Hong Kong, qui a clôturé en hausse de 0,20 %, l’appétit des investisseurs pour les télécoms et les technologiques l’ayant emporté sur l’aspect refroidissant de Wall Street. Hong Kong est le point de repère asiatique des professionnels de la Bourse, jusqu’à la réouverture de Tokyo aujourd’hui après trois jours de congé. Les analystes attendent précisément de l’action du côté des valeurs des télécoms, en raison d’une conférence de presse dans la journée sur le projet de fusion entre Deutsche Telekom et Telecom Italia. L’opérateur italien progressait de 0,24 % mais Deutsche Telekom au contraire chutait de 3 % en réaction à la présentation des modalités de son augmentation de capital. Telekom émettra au plus 286,3 millions de titres à un prix qui sera proche du cours des actions en circulation et qui sera fixé les 26 et 27 juin, les transactions débutant le 28 juin. L’opérateur allemand compte ainsi lever quelque 21 milliards de marks. Les bancaires font grise mine À Paris, France Télécom cédait encore 2,38 % pour se retrouver en deçà de son support technique de 74 euros. Les bancaires étaient également suivis de près, en raison de la hausse de 36,5 % à 621 millions d’euros du bénéfice net trimestriel de la Deutsche Bank. La première banque allemande a également dit être optimiste pour ses comptes annuels. Pourtant, le titre abandonnait 1,6 % sur des prises de bénéfices prévisibles, aux dires des opérateurs. À Paris, les bancaires font grise mine : Paribas cède 0,29 %, Société Générale 1,27 % et BNP 1,2 %. Ces valeurs ne réagissent pourtant guère à l’annonce mardi soir par la Commission des opérations de Bourse que Paribas et Socgen ne peuvent se prévaloir de leurs pactes, avec Axa pour la première et Peugeot et Pernod Ricard pour la seconde, pour bloquer l’apport de titres aux OPE lancées par la BNP. Toujours à Francfort, Hoechst chutait de 4 % en raison du détachement de son coupon. Le groupe chimique et pharmaceutique allemand a aussi annoncé que son conseil de surveillance a appuyé la fusion avec Rhône-Poulenc et la scission de Celanese, sa division de chimie de base. Nestlé gagnait 30 francs suisses à 2 793 en dépit de la baisse de 2,7 % de son chiffre d’affaires au premier trimestre, à 16,7 milliards FS. Le géant helvétique de l’agroalimentaire entraînait l’ensemble du secteur agroalimentaire européen à la hausse. Il est vrai que Nestlé a annoncé un rebond de ses affaires en avril et compte toujours sur une progression de ses comptes annuels. Les valeurs des médias fléchissent, elles aussi, mais pas BSkyB qui était en nette hausse (plus de 6 %) en matinée après avoir annoncé son intention de distribuer gratuitement ses décodeurs SKyDigital afin d’accélérer la transition vers la télévision numérique.
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