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Actualités - Chronologie

Louise Arbour, la canadienne à poigne du TPI

L’inculpation du président yougoslave Slobodan Milosevic pour crimes contre l’humanité au Kosovo est en grande partie le fruit de la ténacité de la Canadienne Louise Arbour, procureur réputé «à poigne» du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie. En annonçant jeudi la mise en accusation de l’homme fort de Belgrade et de quatre de ses proches, dont le président serbe Milan Milutinovic, Mme Arbour a tenu une parole maintes fois donnée depuis son arrivée en 1996 au siège du TPI à La Haye : traquer au sommet les responsables d’atrocités dans les Balkans. Elle a aussi fait montre une fois de plus de son peu de goût pour la diplomatie, entrant dans l’Histoire comme le premier magistrat international à inculper un chef d’État en exercice, au risque de plomber les efforts menés pour tenter d’amener M. Milosevic à un accord de paix au Kosovo. «Personne n’est hors d’atteinte (du TPI), pas même un chef d’État», a toujours répété Louise Arbour à l’envi. Juriste réputée brillante et intègre, elle avait récemment dénoncé tant les invitations (occidentales) à inculper Slobodan Milosevic que les rumeurs de marchandages diplomatiques sur une éventuelle immunité du président yougoslave pour prix d’une fin de la guerre du Kosovo. «L’esprit politique de compromis, si crucial pour la résolution pacifique de tous les conflits, est entièrement inapproprié quand il s’agit de se plier à la loi», déclarait-elle mi-mai. «Aucune paix durable et crédible ne peut être bâtie sur l’impunité et l’injustice. Le refus de faire rendre des comptes aux criminels de guerre serait un affront pour ceux qui obéissent à la loi et une trahison de ceux qui s’en remettent à elle pour leur vie et leur sécurité», a-t-elle répété jeudi. Petite, le regard vif dans un visage encadré de cheveux châtain foncé, Louise Arbour, Québécoise née à Montréal il y a 52 ans, n’a jamais eu sa langue dans sa poche, en dépit d’une réserve à apparaître sous le feu des projecteurs. Les Occidentaux, qu’elle accuse d’avoir mis en veilleuse les arrestations en Bosnie, se souviennent de ses sorties. Notammment la France, à qui elle avait reproché fin 1997 de vouloir «contrôler l’accès du TPI à la vérité», en empêchant ses militaires de venir témoigner à La Haye. Les diplomates s’arrachent-ils les cheveux devant sa détermination à faire remonter ses enquêtes «au plus haut niveau» ? Trop tard. «Il fallait qu’ils pensent à tout ça avant de mettre sur pied ce tribunal», réplique-t-elle.
L’inculpation du président yougoslave Slobodan Milosevic pour crimes contre l’humanité au Kosovo est en grande partie le fruit de la ténacité de la Canadienne Louise Arbour, procureur réputé «à poigne» du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie. En annonçant jeudi la mise en accusation de l’homme fort de Belgrade et de quatre de ses proches, dont le président serbe Milan Milutinovic, Mme Arbour a tenu une parole maintes fois donnée depuis son arrivée en 1996 au siège du TPI à La Haye : traquer au sommet les responsables d’atrocités dans les Balkans. Elle a aussi fait montre une fois de plus de son peu de goût pour la diplomatie, entrant dans l’Histoire comme le premier magistrat international à inculper un chef d’État en exercice, au risque de plomber les efforts menés pour tenter...