La population en Yougoslavie est dans une «situation désastreuse», a estimé le chef d’une mission exploratoire de l’Onu, Sergio Vieira de Mello, qui a achevé une visite de dix jours dans le pays. M. De Mello et une quinzaine de représentants des différentes agences des Nations unies, ont visité la province du Kosovo, les sites bombardés dans le reste de la Serbie, ainsi que le Monténégro, en vue d’évaluer les besoins en aide humanitaire du pays. Cette mission est la première à visiter la Yougoslavie depuis le début des frappes de l’Otan le 24 mars. M. De Mello, chargé des questions humanitaires au sein de l’Onu, a déclaré que la mission remettrait son rapport au secrétaire général, Kofi Annan, le week-end prochain. «Je pense que nous avons pu nous faire une idée exacte, bien qu’imparfaite» de la situation, a dit M. De Mello. Parlant du Kosovo, il a déclaré que le retour chez eux des réfugiés et des personnes déplacées était «le principal problème», mais, a-t-il souligné, «rien n’a autant d’importance que de leur prodiguer un sentiment de sécurité et de confiance (...) ce qui est très difficile». M. De Mello a qualifié de «profondément inquiétante» l’étendue des dommages constatée par sa mission au Kosovo. Interrogé sur la question de savoir si la population albanaise, majoritaire au Kosovo, avait été victime d’un nettoyage ethnique, M. De Mello a répondu : «Je m’efforce de ne pas utiliser certaines expressions (...), mais de l’avis de cette mission, autre chose que des attaques accidentelles contre des civils a eu lieu et continue d’avoir lieu» au Kosovo. «Nous ne faisons que rapporter les témoignages des victimes et constater que ce que nous avons vu ressemble à des destructions systématiques de propriétés privées», a-t-il dit. Les arguments du gouvernement yougoslave «aussi compréhensibles soient-ils, ne peuvent expliquer ou justifier l’étendue géographique et le nombre de personnes déplacées dans la province et de réfugiés dans les pays voisins», a dit M. de Mello. Ailleurs en Serbie, selon lui, les dommages causés par les frappes «affectent de toute évidence une économie déjà défaillante». Le chômage, la desruction de nombreuses entreprises, ainsi que la fermeture des écoles sont autant de problèmes recensés par la mission exploratoire. M. de Mello a dit avoir proposé aux autorités yougoslaves la venue immédiate d’une nouvelle mission de l’Onu qui évaluerait avec davantage de précision les besoins des réfugiés, des personnes déplacées et de la population vivant dans les régions bombardées par l’Otan.
La population en Yougoslavie est dans une «situation désastreuse», a estimé le chef d’une mission exploratoire de l’Onu, Sergio Vieira de Mello, qui a achevé une visite de dix jours dans le pays. M. De Mello et une quinzaine de représentants des différentes agences des Nations unies, ont visité la province du Kosovo, les sites bombardés dans le reste de la Serbie, ainsi que le Monténégro, en vue d’évaluer les besoins en aide humanitaire du pays. Cette mission est la première à visiter la Yougoslavie depuis le début des frappes de l’Otan le 24 mars. M. De Mello, chargé des questions humanitaires au sein de l’Onu, a déclaré que la mission remettrait son rapport au secrétaire général, Kofi Annan, le week-end prochain. «Je pense que nous avons pu nous faire une idée exacte, bien qu’imparfaite» de la...
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