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Actualités - Reportages

Métier : coupeuse d'herbes aromatiques(photos)

Khatoun est brune, âgée d’une trentaine d’années. Elle vit avec son père, son frère et sa sœur dans une tente dressée sur la piste de l’ancien aéroport d’Ieat. La tente de Khatoun cependant n’est pas semblable aux autres habitations en tissus. C’est une maison en «semi-dur» : le sol est en béton, ainsi que les colonnes utilisées pour supporter les tissus formant les murs et le toit de l’habitation. Depuis onze ans, Khatoun vient passer au moins huit mois chaque année à Ieat. Il fallait donc une vraie maison. «Depuis que nous avons édifié les bases en béton de l’habitation, à notre arrivée annuelle au Liban, nous n’avons plus qu’à poser les tissus», dit-elle. Contrairement aux autres tentes dressées dans ce qui reste de l’aéroport d’Ieat, la tente de Khatoun a des murs intérieurs aux tissus fleuris. Ces murs sont également pourvus de lucarnes (des trous percés dans les tissus). Comme elle ne perd plus du temps à édifier les bases de l’habitation, Khatoun peut s’investir dans la décoration de la tente : par terre, elle a disposé des coussins multicolores. Elle a acheté un fauteuil, un lit et une table. Au mur, elle a accroché un miroir et une photo du président syrien, Hafez Assad. Dans sa maison chaleureuse, Khatoun possède deux chambres : l’une assez spacieuse pour y vivre, l’autre aux dimensions réduites pour le rangement (matelas, assiettes, quelques couverts, marmites…). Elle a réussi également à établir un branchement illicite sur le réseau de l’État. Ce fil sert à allumer une seule lampe installée dans la tente. Il n’est pas possible d’apprécier le décor inventé par Khatoun si on ne visite pas d’autres habitations couleur jute (beige) qui ont pour tout meuble un grand tapis en osier et quelques coussins aux couleurs fades. Aimer le Liban comme sa propre patrie Chaleureuse et loquace, Khatoun raconte avec un grand sourire qu’elle a passé dix-neuf ans au Liban. «Avant de venir à Ieat, j’ai travaillé huit ans à Zahlé», indique-t-elle. «Avant de commencer à travailler dans les plantations de tabac, j’étais coupeuse d’herbe», dit-elle. Et d’expliquer : «Je coupais les herbes aromatiques : persil, menthe, ciboulette, coriandre…». «J’étais la meilleure parmi toutes mes collègues dans ce métier. Je pouvais en une journée couper le contenu de cent caisses contenant des gerbes d’herbes aromatiques», ajoute-t-elle. En hiver, Khatoun vit quelques mois en Syrie, à Kamechleh, à proximité de la frontière irakienne. Bien qu’elle ait la chance de trouver un emploi en Turquie, à Alexandrette, où d’autres membres de sa famille sont également des travailleurs saisonniers, elle préfère venir au Liban. «J’aime ce pays comme ma propre patrie», indique-t-elle. Et pourquoi ? «Les gens y sont chaleureux», note-t-elle. Coquette, Khatoun, qui n’est pas mariée, possède parmi ses possessions des produits de beauté qu’elle fabrique elle-même, notamment une crème pour adoucir et parfumer les cheveux et du khôl pour maquiller les yeux. Au cours de ses heures libres, elle achète des tissus pour confectionner des rideaux et des coussins pour la tente, des robes aux couleurs bariolées… et un trousseau formé surtout de draps, de serviettes, de mouchoirs qu’elle «range précieusement en attendant le prince charmant», dit-elle en souriant.
Khatoun est brune, âgée d’une trentaine d’années. Elle vit avec son père, son frère et sa sœur dans une tente dressée sur la piste de l’ancien aéroport d’Ieat. La tente de Khatoun cependant n’est pas semblable aux autres habitations en tissus. C’est une maison en «semi-dur» : le sol est en béton, ainsi que les colonnes utilisées pour supporter les tissus formant les murs et le toit de l’habitation. Depuis onze ans, Khatoun vient passer au moins huit mois chaque année à Ieat. Il fallait donc une vraie maison. «Depuis que nous avons édifié les bases en béton de l’habitation, à notre arrivée annuelle au Liban, nous n’avons plus qu’à poser les tissus», dit-elle. Contrairement aux autres tentes dressées dans ce qui reste de l’aéroport d’Ieat, la tente de Khatoun a des murs intérieurs aux...