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Actualités - Reportages

Le continent africain s'enfonce dans la violence

Les guerres civiles ont impliqué ou directement affecté une vingtaine des quarante-cinq pays du continent africain en 1998, le ramenant quelque 40 ans en arrière aux pires années des luttes d’indépendance, selon le bilan de l’IISS. «La variété et l’ampleur des conflits rendent improbable un retour aisé de l’Afrique vers la paix et son développement économique, déjà très à la traîne du reste du monde, en sera encore retardé», prédit l’IISS. Ses experts soulignent les enjeux de plus en plus économiques des conflits africains, souvent liés aux accès aux richesses minières (diamants, métaux, etc.), et s’inquiètent de la transformation croissante de «conflits internes en guerres régionales» transfrontalières. Malgré cette évolution inquiétante, le monde occidental «s’implique de moins en moins dans les règlements aux conflits, soulignant par là même l’insignifiance stratégique à ses yeux de l’Afrique», indique l’IISS. «Une telle violence dans toute autre partie du monde aurait inévitablement provoqué une réponse internationale très différente», souligne-t-il en évoquant précisément le cas du Kosovo où un conflit «d’une ampleur relativement faible» a entraîné l’intervention de l’Otan. Un des conflits africains les plus significatifs est celui qui a éclaté en août 1998 en République démocratique du Congo (RDC), entraînant dans son sillage des troubles dans pas moins de sept autres pays africains (Rwanda, Ouganda, Zimbabwe, Angola, Namibie, Tchad et Soudan), selon le rapport. «L’avenir de ce pays, qui pour l’heure a défié toutes les tentatives de négociations, sera déterminant pour la stabilité de l’Afrique centrale», indique-t-il. L’IISS déplore la façon «au mieux déconcertante» du président Laurent Désiré Kabila de diriger la RDC et ses encouragements à son peuple, en septembre 1998, «à tuer les envahisseurs tutsis». Il souligne la fragilité de son pouvoir, notamment si le soutien de l’Angola et du Zimbabwe venait à lui manquer. «Sans ces deux alliés, il est improbable que Kabila puisse survivre», indique l’IISS. En Afrique de l’Ouest, l’Institut s’inquiète des risques de déstabilisation de pays comme la Guinée par la guerre au Sierra Leone. Il déplore la famine au sud-ouest du Soudan et souligne l’incapacité des factions claniques de Somalie à composer pour l’avenir du pays. L’IISS juge «alarmante» la guerre de frontières qui oppose les anciens alliés d’Érythrée et d’Éthiopie. «En cas d’escalade, les grandes capacités militaires de ces deux États, en particulier leurs forces aériennes capables de s’attaquer à la capitale ennemie, pourraient avoir des conséquences dévastatrices pour eux-mêmes et leurs voisins», prévient-il. Le rapport s’attarde enfin sur l’Afrique du Sud, qui souffre du ralentissement économique mondial, «partagée entre un succès économique ayant dans le passé marqué sa différence et un glissement dans le crime, la pauvreté et une situation instable». «L’héritage laissé par le président Nelson Mandela en matière de transition de l’apartheid à la démocratie est solide, mais si ses successeurs veulent que ce soit la première et non la dernière marche vers un avenir meilleur, ils devront faire plus que se reposer simplement sur sa réputation», prévient l’IISS.
Les guerres civiles ont impliqué ou directement affecté une vingtaine des quarante-cinq pays du continent africain en 1998, le ramenant quelque 40 ans en arrière aux pires années des luttes d’indépendance, selon le bilan de l’IISS. «La variété et l’ampleur des conflits rendent improbable un retour aisé de l’Afrique vers la paix et son développement économique, déjà très à la traîne du reste du monde, en sera encore retardé», prédit l’IISS. Ses experts soulignent les enjeux de plus en plus économiques des conflits africains, souvent liés aux accès aux richesses minières (diamants, métaux, etc.), et s’inquiètent de la transformation croissante de «conflits internes en guerres régionales» transfrontalières. Malgré cette évolution inquiétante, le monde occidental «s’implique de moins en moins...