«Renard du désert», l’intervention militaire américano-britannique contre l’Irak de décembre 1998, a été un échec à la fois pour les Occidentaux et pour Bagdad, qui espéraient chacun en tirer des bénéfices, estime l’IISS. L’impasse demeure sur l’inspection de l’armement irakien et sur une levée des sanctions économiques de l’Onu, note l’Institut. L’Irak a terminé l’année «exaspéré» par son incapacité à capitaliser sur les protestations internationales soulevées par l’intervention américano-britannique, qui n’auront pas suffi à obtenir une levée des sanctions quoiqu’elles aient divisé le Conseil de sécurité. Les États-Unis sont tout aussi «frustrés» de ce que «Renard du désert» n’ait pas fait vaciller le régime de Saddam Hussein. L’opération, et la poursuite des frappes à partir du début 1999, aura cependant causé des dommages conséquents avec, selon Washington, 20 % des défenses antiaériennes irakiennes détruites à la fin février 99. Mais le renversement de Saddam, devenu «objectif politique déclaré» des Américains et à leur suite des Britanniques, paraît encore «improbable», estime l’IISS. Au passage, les États-Unis auront eu à affronter le mécontentement d’Alliés dans la région et de la France, de la Chine et de la Russie au Conseil de sécurité. En annonçant en octobre la fin de sa coopération avec l’Unscom, la mission d’inspections des Nations unies, Saddam avait commis une «erreur stratégique» et refait contre lui l’unité de la communauté internationale, Onu, Syrie, Égypte et Conseil de coopération du Golfe (CCG) compris. Aussi Saddam avait-il ensuite décidé de prendre le risque d’essuyer une attaque militaire en espérant diviser le Conseil de sécurité et isoler les États-Unis, analyse l’Institut. De leur côté, les Américains ont engagé «Renard du désert» tout autant pour défendre l’autorité de l’Onu que pour appuyer la crédibilité de leur dissuasion, ajoute l’IISS. En décembre, quelque 600 missions aériennes et 400 tirs de missiles de croisière ont visé le programme d’armement de l’Irak et d’autre part les «structures de pouvoir» du régime. Ce deuxième objectif, «unilatéral et poursuivi sous couvert de l’Onu» mais sans son mandat, a été vivement critiqué par une partie de la communauté internationale, note l’IISS. Qu’il s’agisse du renversement de Saddam ou de l’écrasement de son potentiel conventionnel ou biologique, «dans aucun des deux domaines, “Renard du désert” ne peut être jugée comme un franc succès», conclut l’IISS.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «Renard du désert», l’intervention militaire américano-britannique contre l’Irak de décembre 1998, a été un échec à la fois pour les Occidentaux et pour Bagdad, qui espéraient chacun en tirer des bénéfices, estime l’IISS. L’impasse demeure sur l’inspection de l’armement irakien et sur une levée des sanctions économiques de l’Onu, note l’Institut. L’Irak a terminé l’année «exaspéré» par son incapacité à capitaliser sur les protestations internationales soulevées par l’intervention américano-britannique, qui n’auront pas suffi à obtenir une levée des sanctions quoiqu’elles aient divisé le Conseil de sécurité. Les États-Unis sont tout aussi «frustrés» de ce que «Renard du désert» n’ait pas fait vaciller le régime de Saddam Hussein. L’opération, et la poursuite des frappes...