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Actualités - Conferences Et Seminaires

Les règles de la cure : le cadre et le transfert

Si la cure analytique obéit à une règle de temporalité subjective, elle est également soumise à d’autres contraintes qui relèvent de ce que les gens du métier appelle en jargon psychanalytique le cadre où «la parole exprimée librement soulage, puisque c’est le rapport au refoulement qui cause la souffrance», dira le Dr Adnan Houballah, psychiatre et psychanalyste. Ce dernier reprendra une à une les «règles du jeu» fondamentales pour la mise en place d’une cure analytique à savoir tout d’abord, «démocratie et association libre», dans un lieu où l’on peut absolument tout dire ; en second lieu, «l’abstinence» qui sous entend qu’il ne faut pas répondre à la demande, d’où le principe de frustration, cher à la psychanalyse et qui la distingue des autres disciplines qualifiées péjorativement «d’amourologie». Ce point est d’autant plus important, affirment les psychanalystes, qu’un phénomène de transfert ou projection s’établit entre l’analysant et son analyste. «L’analyste, dit Mme Mona Charabati, sait qu’il ne fait que se prêter au rôle de support transférentiel. Il doit pouvoir repérer les diverses figures qu’il incarne pour son patient». L’analyste «ose se proposer», poursuit la psychanalyste, «en induisant le processus du redéroulement de actes du destin souffrant». Il va également «assumer le rôle du miroir réfléchissant de la scène intérieure». Comme par exemple pour Lara, une analysante qui va inspirer toute l’intervention de Mme Liliane Ghazaly sur «les séparations et pertes de l’objet d’amour». «Je suis morte ce jour-là», lui avait dit à la première rencontre Lara, cette femme rejetée par son mari qui lui avait avoué un beau jour désirer d’autres femmes qu’elles. «Je suis venue chez vous pour que vous m’aidez à revivre», avait-elle dit à son analyste, ravagée par des réactions de souffrances et de désarroi démesurées. Ce n’est que bien plus tard que remonteront à la surface les véritables «blessures narcissiques de l’enfance qui ont été véritablement profondes», dont une quête désespérée d’un amour maternel déjà perdu avant d’éclore et celui d’un père qu’elle n’a pu retenir à la vie. «Sa douleur insondable et indicible a trouvé sens et place au sein du transfert. Elle a pu être criée, pleurée, entendue par son analyste d’abord, puis par elle ensuite», dira Mme Ghazaly. Ghada Khairallah témoignera également, toujours par la bouche de ses analysantes, du «sentiment de nostalgie et séparation», ce sentiment existant chez toute personne, mais pouvant parfois «dominer tout le fonctionnement psychique de certains sujets», relève-t-elle. Leur monde devient alors comme «recouvert d’un voile de tristesse, d’un état endeuillé sans qu’il ne soient déprimés. Le désir nostalgique est mû par une quête incessante aliéné par l’investissement libidinal d’un objet indéfini, inaccessible», dira-t-elle, en partageant avec le public «des bribes de paroles» émouvantes de personnes nostalgiques «dont la douleur reste innommée».
Si la cure analytique obéit à une règle de temporalité subjective, elle est également soumise à d’autres contraintes qui relèvent de ce que les gens du métier appelle en jargon psychanalytique le cadre où «la parole exprimée librement soulage, puisque c’est le rapport au refoulement qui cause la souffrance», dira le Dr Adnan Houballah, psychiatre et psychanalyste. Ce dernier reprendra une à une les «règles du jeu» fondamentales pour la mise en place d’une cure analytique à savoir tout d’abord, «démocratie et association libre», dans un lieu où l’on peut absolument tout dire ; en second lieu, «l’abstinence» qui sous entend qu’il ne faut pas répondre à la demande, d’où le principe de frustration, cher à la psychanalyse et qui la distingue des autres disciplines qualifiées péjorativement...