Impassible, le chef rebelle kurde Abdullah Öcalan a accueilli sans broncher la sentence signant son arrêt de mort prononcée par la justice turque, tandis que les parents des victimes de son organisation entonnaient l’hymne national ou pleuraient de joie. Abdullah Öcalan, alias Apo, ainsi que le public présent dans la salle d’audience sur l’île-prison d’Imrali, ont écouté debout la lecture de la sentence par le président de la Cour de sûreté de l’État d’Ankara, Türgüt Okyay, pendant près de cinq minutes. Le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan, vêtu d’une veste bleu foncé, d’une chemise à petits carreaux bleus et d’un pantalon beige, a écouté le juge avec sang-froid, sans manifester aucune émotion, dans la cage vitrée pare-balles où il comparait depuis le 31 mai. Une fois annoncée la sentence, le chef du PKK a fait un signe de la main en direction du public avant de sortir de la cage vitrée, emmené par des gendarmes sans armes. Pendant ce temps-là, les familles des militaires tués dans les combats contre le PKK dans le sud-est entonnaient l’hymne national turc, alors que les 12 avocats d’Öcalan quittaient la salle. Des membres de familles ont scandé des slogans hostiles au PKK, à son chef et à ses avocats, les accusant de «traîtrise» pour avoir assumé la défense d’Öcalan, en brandissant des drapeaux turcs et les photos de leurs proches en direction d’Abdullah Öcalan et de ses défenseurs. Certains pleuraient de joie au cours du rendu de la sentence. Türgüt Okyay a en vain tenté d’intervenir pour que les familles cessent de chanter l’hymne national. Les gendarmes ont alors fait évacuer la salle. Plusieurs personnes se sont évanouies lors de l’évacuation. Le président de la DGM a demandé aux avocats de la partie civile de garder leur sang-froid et de maintenir le calme pour ne pas provoquer une manifestation des proches des militaires victimes. Après avoir quitté la salle, les parents ont marché vers le quai d’Imrali pour prendre le navire jusqu’à Mudanya, sur le continent, en scandant sporadiquement des slogans hostiles au PKK. «Ce jour est notre fête», a crié un des avocats de la partie civile, Can Özbay, vêtu d’un tee-shirt rouge imprimé du croissant et de l’étoile du drapeau turc. «Félicitations», a-t-il ajouté en direction des familles dans le navire. Certains parents des soldats turcs tués dans les combats contre la rébellion kurde ont souhaité son exécution. «Je suis très heureuse. Notre souffrance a été très grande, maintenant notre joie est également très grande», a déclaré Mme Sidika Can, de 80 ans, dont le neveu, un sous-officier, a trouvé la mort lors d’un combat en mars 1993, quelques mois avant de prendre sa retraite. «Je souhaite qu’il (Öcalan) soit exécuté. J’attends avec impatience son exécution», a-t-elle dit. «Depuis six ans, nous avons attendu ce jour. Nous avons beaucoup pleuré», a ajouté Mme Can, qui portait une photo épinglée sur son col de Volkan Umit Sönmez, tué dans la province d’Erzurum (est) dans un combat contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan. «Je veux qu’il (le chef du PKK) soit exécuté», a-t-elle dit. Les importantes mesures de sécurité prises à Mudanya et sur l’île-prison d’Imrali avaient visiblement été encore renforcées pour la 9e et dernière audience du procès du chef rebelle kurde qui avait débuté le 31 mai. Deux vedettes rapides et un hélicoptère de la marine turque, ainsi qu’un canot pneumatique, ont escorté le navire transportant de Mudanya à Imrali les journalistes, les auditeurs, les familles des victimes de la rébellion du PKK, les avocats et les auditeurs étrangers. Et plusieurs bâtiments de guerre de la marine turques mouillaient autour d’Imrali.
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