Pour la première fois depuis plus de 40 ans, le Tour de France va s’élancer, samedi du Puy-du-Fou, sans qu’un ancien vainqueur ne soit au départ. Il faut remonter à 1956 et au sacre peu mémorable du Français Roger Walkowiak pour retrouver pareille statistique. Cette année-là, Louison Bobet, triple vainqueur de l’épreuve entre 1953 et 1955, est absent et Jacques Anquetil ne s’est pas encore révélé au grand public. Cela ne se fera que l’année suivante. Le Français profite d’une longue échappée entre Lorient et Angers pour s’emparer du maillot jaune qu’il conservera dans la montagne face aux grimpeurs. Walkowiak sera couronné à Paris sans avoir remporté d’étape. Ce Tour, le 10e depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, marque le début de l’ère moderne incarnée par Anquetil dès 1957 puis dans les années 60. Ensuite chaque décennie aura son héros : Eddy Merckx dans les années 70, Bernard Hinault dans les années 80 et Miguel Indurain dans les années 90. De ce dernier Tour avant le passage à l’an 2000, les organisateurs attendent plus que jamais qu’il engendre de nouveaux héros, débarrassés des soupçons de dopage et dans lesquels le public pourra croire durablement. Après le Tour calamiteux de 1998, où le sport a cédé la place aux enquêtes judiciaires, l’édition 1999 se doit d’être au-dessus de toutes critiques. Marco Pantani, victorieux l’an passé d’une course qu’il jugeait comme «la plus propre» depuis des années, ne se présentera pas en Vendée. L’Italien a été rattrapé deux jours avant l’arrivée du Giro, affichant un taux d’hématocrite interdit par les règlements de l’Union cycliste internationale. Pantani, qui affirme ne jamais avoir utilisé de substances interdites, dit ne pas comprendre ce qui s’est passé et répète qu’il a envie de continuer la compétition. L’Allemand Jan Ullrich, couronné en 1997 et considéré comme l’héritier présomptif d’Indurain, est forfait en raison d’une blessure au genou. Son prédécesseur au palmarès, le Danois Bjarne Riis a, lui aussi, renoncé. Ces absences ont été commentées par certains comme de convenance : un journal allemand affirmait, chiffres à l’appui, que l’équipe Telekom vivait dans un dopage organisé. Ces affirmations ont été immédiatement démenties. Paradoxalement, toutes ces absences pourraient faire l’affaire de Jean-Marie Leblanc, qui répète à l’envie : «C’est le Tour qui fabrique ses héros. Ce ne sont pas les coureurs qui font le Tour de France». Le risque – et Leblanc en est conscient lorsqu’il affirme qu’une période de transition va être nécessaire pour se débarrasser du dopage – est d’assister à un Tour au rabais avec un vainqueur sans lendemain. Mais n’est-ce pas un mal nécessaire pour guérir du dopage ? Les partenaires s’interrogent sur le succès du Tour Les partenaires du Tour de France sont déterminés à accompagner le pari des organisateurs du Tour de France qui veulent faire de l’édition 99 celle du renouveau mais plusieurs s’interrogent sur le succès de l’épreuve, jusqu’ici l’une des plus populaires de la planète, avant de promettre un appui à long terme. «Avec une quinzaine de vainqueurs possibles, ce 86e Tour peut être l’occasion de démarrer sur de nouvelles bases», a expliqué à l’AFP le responsable du «sponsoring sportif» du Crédit Lyonnais, Daniel Isaac. La banque française en cours de privatisation, premier des grands partenaires (25 millions de francs de budget) de la Société du Tour de France, fait confiance aux organisateurs pour qu’ils ne reviennent pas, après les remous de l’an dernier liés au dopage, sur la rigueur et la fermeté dont ils ont fait preuve cette année en refusant certaines vedettes. Engagé dans la Grande Boucle depuis dix-huit ans et parraineur du maillot jaune depuis 1987, le Crédit Lyonnais estime que «si nous assistons à un beau Tour sur le plan sportif, la partie sera gagnée». La vingtaine de partenaires et fournisseurs officiels du Tour se félicitent à l’unisson des mesures adoptées contre le dopage par l’organisation. En écho, le directeur du Tour, Jean-Marie Leblanc, se réjouit de cette «marque de confiance des sponsors à qui nous avons expliqué par le détail les mesures mises en place pour lutter contre le dopage, les mesures d’ordre moral que nous avons instaurées». Confiance maintenue Sur un budget global de l’ordre de 240 millions de francs, les remous du monde du cyclisme depuis un an n’ont ainsi pas eu de grosse incidence sur l’organisation. Aucun grand partenaire ne s’est ainsi retiré depuis l’an dernier. La majorité d’entre eux ont signé d’ailleurs des contrats pluriannuels qui ont été renouvelés même si certains ont négocié des clauses de sortie. C’est le cas du Pari mutuel urbain (PMU), organisateur des paris sur les courses de chevaux et sponsor du maillot vert (classement par points), avec quelque 10 MF, depuis neuf ans. «Nous gardons toute notre confiance aux organisateurs pour que le Tour réintègre la rubrique sportive et sorte de celle des faits divers», a souligné pour l’AFP le directeur de la communication du PMU, Bruno Travade. «Mais, a-t-il ajouté, si le public n’était pas au rendez-vous, nous réserverions notre position sur nos participations ultérieures». Pour mettre un terme à ces interrogations, partenaires comme organisateurs attendent impatiemment le départ, samedi au Puy-du-Fou (Vendée). «Un mouvement est en train de se dessiner. On l’a vu dans de récentes courses comme le Dauphiné Libéré et nous nous attendons à un très beau Tour de France», a déclaré Gérard Seibel de chez Fiat. «Nous n’avons pas envisagé de retirer notre confiance au Tour dont les organisateurs ont été très courageux et nous rempilons pour une onzième année», a ajouté le représentant du constructeur automobile italien. Avec quelque six cents véhicules engagés dans la course, le Tour représente en effet pour Fiat «un banc d’essai, grandeur nature et le meilleur moyen de les tester auprès du grand public».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Pour la première fois depuis plus de 40 ans, le Tour de France va s’élancer, samedi du Puy-du-Fou, sans qu’un ancien vainqueur ne soit au départ. Il faut remonter à 1956 et au sacre peu mémorable du Français Roger Walkowiak pour retrouver pareille statistique. Cette année-là, Louison Bobet, triple vainqueur de l’épreuve entre 1953 et 1955, est absent et Jacques Anquetil ne s’est pas encore révélé au grand public. Cela ne se fera que l’année suivante. Le Français profite d’une longue échappée entre Lorient et Angers pour s’emparer du maillot jaune qu’il conservera dans la montagne face aux grimpeurs. Walkowiak sera couronné à Paris sans avoir remporté d’étape. Ce Tour, le 10e depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, marque le début de l’ère moderne incarnée par Anquetil dès 1957 puis dans...