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Actualités - Chronologie

Indonésie Menaces sur Bali, l'île paradis

Bali est victime de son propre succès touristique et les pressions sur son environnement mais surtout sur sa cohésion culturelle et sociale sont arrivées à un point tel que sa survie est elle-même maintenant menacée. «Quand est-ce que trop c’est trop?», demande M. Gede Raï, une interrogation surprenante dans la bouche du président de la corporation pour le développement du tourisme de Bali. «Nous avons tous compris que Bali ne peut plus désormais vivre sans le tourisme, ajoute-t-il, mais Bali ne peut pas non plus continuer à survivre avec le tourisme tel qu’il est aujourd’hui». «D’un simple point de vue physique, on peut dire que la capacité d’absorption de Bali est déjà dépassée», estime de son côté le professeur Pitana, qui dirige le centre de recherche sur la culture et le tourisme de l’Université balinaise. Les étroites routes qui serpentent entre les rizières en terrasses suspendues au flanc des vallées vertigineusement encaissées sont encombrées de processions de minibus blancs regorgeant de touristes. Ils font la queue pour visiter la grotte-temple de l’Éléphant sculptée dans le roc, croit-on, au XIe siècle avant de s’empiler par dizaines pour applaudir une danse sacrée spécialement programmée pour satisfaire aux exigences horaires des tours opérateurs. Sur les plages non protégées – dont l’accès n’est pas réservé aux seuls touristes – des essaims de vendeurs à la sauvette convergent sur le visiteur qu’ils ne lâcheront plus. La même camelote à la qualité souvent douteuse se retrouve dans les milliers de magasins et d’échoppes qui donnent parfois aux localités du sud de l’île, où est concentrée près de 80 pour cent des activités touristiques de Bali, l’aspect d’un gigantesque bazar. La vie nocturne à Bali, où le nombre de temples dédiés aux dieux dépasse celui des maisons d’habitation, est la même que dans tous les hauts lieux touristiques: malgré les interdits sociaux et religieux, la prostitution est devenue monnaie courante. «Durant des décennies, le tourisme a contribué à la prospérité de Bali et a développé l’éducation et la vision globale des balinais mais, ajoute M. Raï, le tourisme a aussi apporté les embouteillages, la pollution de l’environnement et la petite criminalité». Les opportunités économiques attirent à Bali un nombre grandissant de migrants venus d’autres îles de l’Indonésie et notamment de Java toute proche qui, à l’époque coloniale, avait déjà fourni aux Hollandais les troupes nécessaires pour soumettre les royaumes indépendants balinais. Seuls 34 pour cent des revenus du tourisme, indique le professeur Pitana citant les travaux de ses collègues économistes de l’université balinaise, restent à Bali. «Les Balinais sont très tolérants mais il ne faut pas que les interférences soient trop grandes car on court le risque de tendance xénophobe», estime Pitana qui explique que ses compatriotes font la différence entre l’hôte, le touriste qui est le bienvenu, et l’étranger qui s’installe et engendre la méfiance.
Bali est victime de son propre succès touristique et les pressions sur son environnement mais surtout sur sa cohésion culturelle et sociale sont arrivées à un point tel que sa survie est elle-même maintenant menacée. «Quand est-ce que trop c’est trop?», demande M. Gede Raï, une interrogation surprenante dans la bouche du président de la corporation pour le développement du tourisme de Bali. «Nous avons tous compris que Bali ne peut plus désormais vivre sans le tourisme, ajoute-t-il, mais Bali ne peut pas non plus continuer à survivre avec le tourisme tel qu’il est aujourd’hui». «D’un simple point de vue physique, on peut dire que la capacité d’absorption de Bali est déjà dépassée», estime de son côté le professeur Pitana, qui dirige le centre de recherche sur la culture et le tourisme de l’Université...