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Actualités - Chronologie

Cyclisme - La Grande Boucle 1999, un tour de transition(photo)

Jamais sans doute les organisateurs du Tour de France n’ont autant souhaité que s’applique le vieil adage : les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Pour la Grande Boucle et pour le cyclisme en général, 1998 fut une calamité: les affaires Festina et TVM ont empoisonné la course au point de la reléguer des pages sportives à celles des faits divers. Le Tour, gagné par l’Italien Marco Pantani, a révélé l’ampleur que, protégé par une ancienne loi du silence, le dopage avait pris dans ce sport. Face au fléau dont elle peut mesurer l’étendue, la Société du Tour de France a affiché un urgent besoin de «faire le ménage» et de rétablir une morale sportive que beaucoup avaient perdue de vue. Conséquence immédiate, Richard Virenque, le «chouchou» du public français, n’est pas invité. «L’image attachée à Richard Virenque n’est pas compatible avec celle que nous entendons donner du Tour de France», a expliqué Jean-Marie Leblanc en présentant, à la mi-juin, la liste des engagés. Absent également, le Français Laurent Jalabert, qui refuse le suivi médical imposé par la FFC depuis l’an passé et a décidé de ne plus courir dans son pays, refusant de subir «les méthodes policières». Pantani, lui-même, qui affirmait avoir remporté le Tour de France le plus propre de ces dernières années, ne devrait pas être présent au départ du Puy-du-Fou. L’Italien a été disqualifié à deux jours de l’arrivée du Giro pour un taux d’hématocrite anormalement élevé : 52 % au lieu des 50 % tolérés par l’Union cycliste internationale. Quant au jeune Allemand Jan Ullrich, en qui certains voyaient un successeur à Miguel Indurain, il a préféré déclarer forfait en raison d’une blessure au genou. Pas d’anciens vainqueurs Pour la première fois depuis 1956, aucun ancien vainqueur ne sera au départ de l’épreuve. Cette année-là, ce fut le Français Roger Walkowiak qui avait profité de l’absence de Louison Bobet, trois fois vainqueur, pour terminer avec le maillot jaune. À moins d’une semaine du début de la course, il serait bien difficile de fournir le nom d’un favori et ne fût-ce que pour cette simple raison, le Tour 1999 ne ressemblera pas à son devancier. Leblanc espère que ce changement marquera le début d’une nouvelle époque pour le cyclisme après les années de rumeurs et de suspicion. «La magie du Tour de France, c’est qu’il est capable de générer lui-même ses vedettes. Ce ne sont pas les coureurs qui font le Tour de France mais l’inverse», explique le patron de la course. «Si les têtes d’affiche sont absentes, d’autres coureurs seront là pour les remplacer». Jean-Marie Leblanc, qui a même envisagé, un instant, une année sans Tour de France, juge que la prochaine Grande Boucle sera d’abord celle de la transition. Il faudra, estime-t-il, cinq ans pour que les tricheurs soient définitivement marginalisés et que le cyclisme redevienne un sport propre. Le Tour 99 aura lieu parce qu’il est une institution populaire, un moment incontournable dans le paysage sportif française. «Il valait mieux continuer plutìt que renoncer», a souligné Leblanc. Comme pour renforcer un peu plus ces fortes paroles, le juge Patrick Keil est prêt à boucler le dossier Festina à Lille et l’on suivra avec attention les suites judiciaires de l’affaire. Les favoris du Tour de France 1999 Voici des brefs portraits des principaux favoris du Tour de France 1999, qui s’élance du Puy-du-Fou le 3 juillet : Bobby Julich (E-U), Cofidis, 27 ans : l’Américain fut la révélation du Tour 98, terminant à la troisième place derrière Marco Pantani et Jan Ullrich. Capable de passer la montagne, il est également un redoutable coureur contre la montre et devrait être favorisé dans les deux exercices prévus à Metz lors de la 8e étape (56 km) et au Futuroscope lors de la 19e étape (54,5 km). Depuis deux ans chez Cofidis, il a connu un début de carrière discret avant de se révéler brusquement l’an passé. Il pourrait devenir le premier Américain depuis Greg LeMond, triple vainqueur de l’épreuve, à remporter le Tour de France. Pavel Tonkov (Russie), Mapei, 30 ans : peu se souviennent que le Russe a remporté le Giro en 1996. Très bon grimpeur, Tonkov a fait l’impasse sur le Tour ces trois dernières années et ces deux participations en 1994 et 1995 se sont soldées par des abandons. Soutenu par la puissante équipe Mapei, il revient à 30 ans avec l’ambition de remporter la plus grande course cycliste du monde. Michael Boogerd (Pays-Bas), Rabobank, 27 ans : cinquième du Tour 1998, le Néerlandais a confirmé son exceptionnel talent en remportant facilement Paris-Nice et l’Amstel Gold Race cette saison. Tous les grands favoris étant absents, Boogerd possède les qualités pour succéder à son compatriote Joop Zoetemelk qui s’était imposé en 1980. Ivan Gotti (Italie), Polti, 30 ans : vainqueur du Giro grâce à la disqualification de Marco Pantani, Ivan Gotti doit encore démontrer qu’il est un grand coureur. Il n’a pas remporté la moindre étape sur le Tour d’Italie et se retrouve promu leader de la Polti en raison de l’exclusion de Richard Virenque. Abraham Olano (Espagne), ONCE, 29 ans : champion du monde sur route en 1995 et vainqueur de la Vuelta 1998, il est le grand champion qu’attend toute l’Espagne depuis la retraite de Miguel Indurain. Christophe Rinero (France), Cofidis, 25 ans : il est le plus jeune des favoris. En 1998, il avait terminé avec le maillot à pois de meilleur grimpeur, Virenque ayant été exclu avec les Festina. Il sera le chouchou des Français en l’absence de Virenque et de Laurent Jalabert. Alex Zulle (Suisse), Banesto, 31 ans : le Suisse est un peu l’éternel espoir. Deuxième en 1995 derrière un Indurain sur le déclin, Zulle a reconnu avoir utilisé de l’Epo après son exclusion du Tour 1998 avec les Festina.
Jamais sans doute les organisateurs du Tour de France n’ont autant souhaité que s’applique le vieil adage : les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Pour la Grande Boucle et pour le cyclisme en général, 1998 fut une calamité: les affaires Festina et TVM ont empoisonné la course au point de la reléguer des pages sportives à celles des faits divers. Le Tour, gagné par l’Italien Marco Pantani, a révélé l’ampleur que, protégé par une ancienne loi du silence, le dopage avait pris dans ce sport. Face au fléau dont elle peut mesurer l’étendue, la Société du Tour de France a affiché un urgent besoin de «faire le ménage» et de rétablir une morale sportive que beaucoup avaient perdue de vue. Conséquence immédiate, Richard Virenque, le «chouchou» du public français, n’est pas invité. «L’image...