L’Australienne Jelena Dokic, 129e mondiale, âgée de seize ans, a donné la leçon à la Française Mary Pierce, tête de série N°9, de huit ans son aînée, qu’elle a battue 6-4, 6-3, lundi, en huitième de finale du tournoi de Wimbledon. Sur ses gardes et bien décidée à empoigner le taureau par les cornes, la Française mena pourtant 4-1 dans le premier set en faisant parler la puissance de son service et de son coup droit. Mais à la faveur de sa première double faute et alors qu’elle avait déjà sauvé six balles de break dans le même jeu, Dokic revint à 4-3 avant de remporter le set. Dans la deuxième manche, faisant courir dans tous les sens une adversaire qui rencontrait là sa première opposition sérieuse après trois tours d’une facilité trompeuse, la jeune Australienne remporta douze points de suite pour passer de 2-3 à 5-3. Sa robe blanche volant joliment au vent, elle devait conclure avec sa première balle de match avec un passing de revers sans rémission, après avoir imposé un dernier rallye à Mary Pierce, qui a sans doute moins fait de progrès en cinq ans qu’elle en cinq mois. L’Américain Andre Agassi, tête de série N°4, a enrayé le service du très surprenant Australien Wayne Arthurs, 163e mondial, qu’il a battu 6-7 (5/7), 7-6 (7/5), 6-1, 6-4, pour être le premier à accéder aux quarts de finale du tournoi de Wimbledon. Arthurs fléchit Avant de le rencontrer, Arthurs n’avait pas perdu une seule fois son service, au cours des trois matches de qualifications compris. Et il avait gagné sept des huit jeux décisifs qu’il avait disputés dans le tableau principal. Avec l’aide de la pluie, qui a haché le début de leur rencontre, Agassi a bousculé tout cela. Opposé à l’un des serveurs les plus déroutants du tournoi qui a encore passé 25 aces, le meilleur relanceur du monde a perdu le premier set après le deuxième arrêt imposé par la pluie. Le score en était à 5-5 quand les deux hommes revinrent sur le terrain. Arthurs laissa alors passer deux balles de set avant de s’imposer dans le jeu décisif. Le vétéran australien, gaucher de vingt-huit ans, s’était entraîné la veille avec son compatriote Mark Philippoussis, qui s’apprêtait à rencontrer cet autre gaucher qu’est le Britannique Greg Rusedski. Battu dans le jeu décisif de la manche suivante, il sauva son service après cinq égalités au début du troisième set, mais le perdit ensuite pour la première fois depuis le début du tournoi pour être mené 1-2. Cela devait se répéter trois fois, le quatrième set n’étant plus qu’une formalité pour Agassi. Le vent a contrarié le tennis de haute précision de la Tchèque Jana Novotna, tête de série N°5. Néanmoins, la championne sortante a fini par s’imposer face à la Française Nathalie Dechy, 29e mondiale, à laquelle elle a pris six fois son service, ne perdant que trois fois le sien, 6-3, 7-5. On peut être définitivement rassuré sur ses possibilités de défendre son titre, bien qu’elle continue de se faire soigner régulièrement la cheville droite, suite à une entorse à Roland-Garros. Pioline stoppé par la pluie De son côté, l’Américaine Lindsay Davenport, tête de série N°3, dont sa compatriote Chris Evert a fait sa favorite, a battu l’Autrichienne Barbara Schett, tête de série N°14, 7-6 (9/7), 6-1. Et le Brésilien Gustavo Kuerten, tête de série N°11, qui sera le prochain adversaire d’Agassi, a mis un terme à la belle aventure du Suisse Lorenzo Manta, 196e mondial, 7-5, 6-4, 5-7, 6-3. Contre le Slovaque Karol Kucera, tête de série N°13, qui a pris un mauvais départ, Cédric Pioline a fait un match assez décousu. C’est ainsi qu’il a passé 5 aces mais a commis 16 doubles fautes! Et qu’il a mené 4-2 dans le jeu décisif avant d’être mené 5-4. Mais il a pris trois fois le service adverse avec cinq balles de break, alors que Kucera n’a pu faire mieux, mais avec quatorze balles de break. Le Français menait 6-4, 5-7, 7-6 (7/5), 1-0, quand la pluie a arrêté la partie pour la troisième fois. La dernière avant que les organisateurs décident... de jeter l’éponge. Déclarations Jelena Dokic (Aus, victorieuse de Mary Pierce/Fra) : «En quarts de finale en sortant des qualifications, c’est un peu difficile à croire. Si on m’avait dit cela il y a deux semaines, je n’y aurais jamais cru. Aujourd’hui, je me sentais bien, et j’ai eu besoin de bien jouer pour battre Mary. Mais je n’ai sans doute pas aussi bien joué que contre Hingis et j’ai démarré lentement. J’espère maintenant aller un peu plus loin. Je ne regarde pas les journaux, car ce n’est pas ce qui m’intéresse en ce moment. Mes victoires sur Martina et Mary m’ont donné une grande confiance et désormais, le tournoi est à qui voudra le prendre». Mary Pierce (battue par Jelena Dokic en huitièmes) : «Elle est très combative et n’abandonne jamais un point, a un bon timing et prend la balle très tôt. Elle a été également très constante au service et en fond de court, et a attaqué chaque fois qu’elle en avait la possibilité. Mais rien de surprenant. Elle jouait bien, sans plus ! Moi, j’ai très bien joué pendant quatre ou cinq jeux. Après, c’était bizarre, car j’essayais de faire de mon mieux. Il y a eu quelques faux rebonds et elle a fait quelques bons coups, et puis voilà. C’est dommage, car j’avais un beau tableau pour aller en demi-finale et je ne sais pas quand une telle occasion se représentera». Lorenzo Manta (Sui, battu en huitièmes par Gustavo Kuerten/Bré) : «J’ai perdu ce match, mais j’ai passé de grands moments ici, même si aujourd’hui, cela n’a pas aussi bien marché que les autres jours. Notamment, j’ai moins bien servi et c’est sans doute ce qui a fait la différence. Car Gustavo a très bien servi et a très bien joué. Surtout les points importants. Il méritait de gagner. Moi, j’ai eu des hauts et des bas. Pendant tout le match, j’ai couru après le score. Je me demandais si cela valait la peine que je continue de jouer. S’il ne valait pas mieux arrêter ma carrière. Maintenant, je sais». Échos Marché noir : il n’est plus très facile de vendre des billets au marché noir à Wimbledon. Avant, ceux qui se livraient à ce commerce encouraient une amende légère de 200 livres (300 euros environ) pour obstruction sur la voie publique. Mais, depuis 1992, ils peuvent être traînés en justice et risquent jusqu’à deux ans de prison. Aussi sont-ils moins nombreux et se sont-ils prudemment éloignés du stade. Consommation en baisse : à Roland-Garros, Mary Pierce avait déclaré naïvement qu’elle prenait régulièrement de la créatine. Elle a dû se faire sermonner depuis par la WTA, l’organisme qui régit le tennis féminin professionnel. En effet, interrogée au sujet de cette consommation interdite dans certains pays, elle a répondu : «J’en ai pris deux fois dans ma carrière l’année dernière. La première fois pendant une semaine. La deuxième fois, pendant une dizaine de jours environ. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend tous les jours». Contrat juteux : on connaît maintenant le montant du contrat qu’a signé la BBC pour obtenir le prolongement de son exclusivité pour la retransmission de Wimbledon de l’an 2000 à 2004 : 50 millions de livres (75 millions d’euros environ). Les organisateurs ayant avoué un bénéfice net supérieur à 3 millions de livres l’année dernière, on se demande pourquoi les billets d’entrée continuent d’être si chers : 42 livres (63 euros environ) pour les huitièmes de finale lundi, 60 livres (90 euros environ) pour la finale dimanche ! Mauvais service : au terme de son match contre le Néerlandais Sjeng Schalken, qui a duré 4 heures 24 minutes et qu’il a gagné 13-11 au cinquième set, Jim Courier, qui avait un gros rhume, était dans un piteux état. Aussi demanda-t-il à être placé sous perfusion, ce que le médecin du tournoi refusa. Finalement, l’Américain alla se faire perfuser dans une clinique avant de déclarer : «C’est incroyable que le plus grand tournoi du monde ait un service médical de deuxième ordre».
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