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Actualités - Chronologie

Un aréopage de 45 chefs d'Etat cinq mois après la crise

Cinq mois après la forte crise financière qui l’a secoué, le Brésil reçoit à Rio 45 chefs d’État et de gouvernement européens et latino-américains en vue de libéraliser les échanges commerciaux entre les deux blocs. En janvier dernier, pour éviter des attaques spéculatives, le gouvernement du président brésilien Fernando Henrique Cardoso s’est vu forcé de dévaluer la devise nationale, le réal, de 42 % face au dollar, symbole jusque-là intouché du plan «réal» de stabilisation économique lancé en 1994. La fin de l’inflation galopante, la stabilité du réal et sa parité avec le dollar pendant quatre ans avaient permis à M. Cardoso de se faire réélire à la majorité absolue pour un second mandat en octobre dernier. Mais en novembre, avec les retombées de la crise russe sur le Brésil, le gouvernement de M. Cardoso avait été contraint d’avoir recours au Fonds Monétaire international, la Banque Mondiale et la communauté financière internationale afin d’obtenir une aide financière de 41,5 milliards de dollars. La crise de janvier et la maxi dévaluation de la devise brésilienne qui s’en est suivie ont conduit le pays à réviser les objectifs de l’accord avec le FMI. Depuis, la popularité du président Cardoso, pourtant réélu en octobre à la majorité absolue, n’a cessé de chuter et le chômage d’augmenter dans le pays. Mais même si la popularité du président est au plus bas – 46 % des personnes interrogées considéraient son gouvernement «mauvais ou très mauvais» en mai dernier, contre 23 % seulement en décembre, selon le dernier sondage Vox Populi – le Brésil a néanmoins connu une récupération économique plus rapide que prévu. Les perspectives pour le second semestre sont bonnes et se fondent sur l’obtention d’un excédent de la balance commerciale, alors qu’en 1998 elle avait connu un déficit de plus de six milliards de dollars. Lors du sommet de Rio, le président Cardoso cherche à montrer qu’il est toujours le leader naturel de la région et surtout du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay) puisqu’il dirige l’économie la plus puissante et diversifiée, la huitième du monde. «Notre priorité est de promouvoir un échange ouvert», sans entraves et diversifié avec l’Union européenne. Le sommet de Rio peut représenter un moment de renversement du processus injuste et pervers qui affecte les marchés émergents appelé «globalisation asymétrique», a déclaré récemment le chef de l’État brésilien. D’après lui, les relations commerciales entre l’UE et le Brésil sont dominées par le «déséquilibre». «De 1990 à 1997, les importations venant de l’UE ont augmenté de 340 %, tandis que la croissance de nos ventes vers ces pays n’a été que 30 % seulement», a-t-il dit. «Nous avons envoyé un document à Bruxelles où nous manifestons notre volonté négociatrice et qui spécifie les conditions pour arriver à une zone de libre-échange avec l’UE, telles que la non-exclusion du secteur agricole, notamment, dans ce processus», a déclaré quant à lui M. José Alfredo Graça Lima, un porte-parole du ministère brésilien des Affaires Étrangères. L’UE a approuvé la semaine dernière un mandat pour entamer dès juillet 2001 les négociations sur les produits tarifaires (soumis à des barrières douanières) et les services, un premier pas pour la création d’une zone de libre-échange Mercosur/UE. Mais le sommet de Rio «ne se limite pas aux discussions commerciales et marquera les ‘retrouvailles’ de l’Amérique latine et de l’Europe», a estimé le ministre brésilien des Affaires Étrangères M. Luiz Felipe Lampreia. Le gouvernement brésilien profitera ainsi de l’occasion pour reformuler les accords de coopération dans les domaines de l’éducation, de la culture et des sciences. «Les Européens ont déjà ouvert une fenêtre d’entente avec l’Asie et le sommet de Rio est l’étape qui manquait pour l’Amérique latine», a-t-il précisé.
Cinq mois après la forte crise financière qui l’a secoué, le Brésil reçoit à Rio 45 chefs d’État et de gouvernement européens et latino-américains en vue de libéraliser les échanges commerciaux entre les deux blocs. En janvier dernier, pour éviter des attaques spéculatives, le gouvernement du président brésilien Fernando Henrique Cardoso s’est vu forcé de dévaluer la devise nationale, le réal, de 42 % face au dollar, symbole jusque-là intouché du plan «réal» de stabilisation économique lancé en 1994. La fin de l’inflation galopante, la stabilité du réal et sa parité avec le dollar pendant quatre ans avaient permis à M. Cardoso de se faire réélire à la majorité absolue pour un second mandat en octobre dernier. Mais en novembre, avec les retombées de la crise russe sur le Brésil, le gouvernement...