Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Tribune Une télévision libanaise enfin adulte ?

Les premières émissions de télévision virent le jour au Liban il y a quarante ans déjà. Quel chemin parcouru ! Rendre honneur aux pionniers de la première heure ou raconter les péripéties de l’aventure que représentait la conquête des foyers par la télévision est, me semble-t-il, peu important aujourd’hui, alors que plus d’un million de récepteurs captent près d’une cinquantaine de programmes provenant de l’étranger par câble ou par satellite et que les 5 où 6 réseaux hertziens libanais s’essoufflent, à coups de matches de football, basket-ball et autres élections de Miss, pour conserver leur part d’audience. Il fut un temps où la première Compagnie libanaise de télévision (CLT) émettant à partir de ce que l’on appelait alors les dunes de Tallet el-Khayat avait œuvré pour mettre en valeur, à travers des programmes locaux, la richesse du patrimoine culturel, historique et social. Plus tard, entre 1975 et 1978, l’État, conscient du rôle que la télévision pouvait jouer dans l’édification de la société et dans la propagation de l’image libanaise, prenait la décision de fusionner au sein d’une seule compagnie, Télé-Libam, tous les moyens humains, techniques, financiers et commerciaux des sociétés de télévision opérant au Liban. L’État avait décidé que la réalisation des objectifs ne pouvait être faite qu’à travers une action conjointe menée par accord entre le gouvernement gérant les fréquences nationales et les ayants droit : entrepreneurs privés exploitant celles-ci. À partir de 1992, au lendemain de la guerre, alors que plus d’une cinquantaine de stations illégales émettaient des programmes piratés et des informations partisanes alimentant les divisions, l’État décidait d’intervenir pour normaliser la situation. Toutes les stations pirates devaient cesser d’émettre. Des licences furent octroyées, non pas sur base du «mieux-disant», selon la formule employée par Jack Lang, ancien ministre français de la Culture, mais sur base d’une répartition abusive, perçue par le public comme étant la confirmation des divisions. La fantastique potentiel que représentait la télévision libanaise n’a pas été canalisé en fonction d’un concept national, mais a été gaspillé au fur et à mesure des changements de gouvernements. Le développement de la télévision exige la mise de fonds et de moyens très importants. Les centaines de millions de dollars dépensés jusqu’à présent par des stations locales pour se disputer des parts du marché, auraient pu être investis pour doter le pays d’une «technopole de la communication». Tout n’est pas perdu, il est heureux que pointe enfin à l’horizon une lueur d’espoir : la concurrence, les conditions du marché local et régional, les pertes subies, amènent les responsables des télévisions à repenser la situation. On recommence à prendre conscience de l’enjeu. Le premier devoir de la télévision est de rendre service à la communauté. C’est ainsi que, d’une part, on a eu l’occasion de voir à la télévision des programmes traitant des grands problèmes auxquels l’ensemble de la société libanaise est confrontée, dont : la préservation de l’environnement, les droits de la femme et de l’enfant, l’évolution des institutions, etc. Et, d’autre part, on a appris que des pourparlers ont eu lieu entre les représentants des diverses sociétés libanaises de télévision pour tenter de regrouper partiellement quelques-unes de leurs activités. Le processus, s’il est enclenché, permettra à la télévision de passer du stade de l’adolescence, dans lequel elle a vécu pendant 40 ans, à l’âge adulte. Je souhaite à tous ceux qui vont continuer l’œuvre plein succès.
Les premières émissions de télévision virent le jour au Liban il y a quarante ans déjà. Quel chemin parcouru ! Rendre honneur aux pionniers de la première heure ou raconter les péripéties de l’aventure que représentait la conquête des foyers par la télévision est, me semble-t-il, peu important aujourd’hui, alors que plus d’un million de récepteurs captent près d’une cinquantaine de programmes provenant de l’étranger par câble ou par satellite et que les 5 où 6 réseaux hertziens libanais s’essoufflent, à coups de matches de football, basket-ball et autres élections de Miss, pour conserver leur part d’audience. Il fut un temps où la première Compagnie libanaise de télévision (CLT) émettant à partir de ce que l’on appelait alors les dunes de Tallet el-Khayat avait œuvré pour mettre en valeur, à...