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Actualités - Analyse

Entre le nucléaire et l'embrasement régional, quelle issue au conflit ?

Longtemps passé sous silence, le conflit cachemiri tient maintenant le haut du pavé dans le classement des poudrières de la planète. Tant les répercussions éventuelles de cette lutte territoriale sur les situations internes des deux belligérants que ses répercussions à l’échelle régionale ont éveillé l’inquiétude des puissances internationales qui lancent des appels à la retenue et à la reprise des négociations. Une inquiétude particulière entoure le conflit au Cachemire du fait de la possession par les deux belligérants de l’arme nucléaire. Les essais atomiques et tests de missiles balistiques de l’Inde et du Pakistan en mai 1998 sont là pour rappeler le potentiel explosif du conflit. Actuellement, l’Inde est en possession de deux systèmes de missiles balistiques à capacité nucléaire. L’Agni (le Feu), d’une portée de 1 500 kilomètres, peut atteindre n’importe quel point du territoire pakistanais. L’autre, d’une portée de 2 500 kilomètres a été testé avec succès en avril. Le Pakistan a testé aussi en avril un missile Ghauri de 2 300 kilomètres de portée. Les experts divergent sur l’éventualité d’une utilisation de ce potentiel atomique. Les autorités pakistanaises, représentées par un haut diplomate, Shamshad Ahmad, affirment qu’Islamabad est prêt à «utiliser toutes ses armes» si une menace venait à planer sur l’intégrité de son territoire. Le Pakistan n’a pas réitéré ces propos mais son énonciation, ne serait-ce qu’une seule fois, est déjà un message clair en direction de l’Inde. Les experts indiens, et notamment K. Srinivasan, ancien directeur de la Commission indienne à l’énergie atomique, atténuent la portée réelle de la menace en affirmant que les capacités des deux parties sont limitées. Certains militaires indiens restent préoccupés par les capacités nucléaires pakistanaises et affirment que l’Inde ne devrait pas sous-estimer le Pakistan dont les avions F-16 seraient déjà prêts à être éventuellement équipés d’armes atomiques. Mais les experts en armement indiens affirment que les technologies indiennes et pakistanaises souffrent encore d’importantes lacunes. Un responsable de l’Organisation d’État indienne pour la recherche et le développement de défense (DRDO) affirme que New Delhi doit encore parachever le processus de miniaturisation des têtes et que les missiles pakistanais ne seraient même pas encore assemblés. L’Inde bénéficierait tout de même d’un avantage sur son voisin du fait de l’antériorité de son programme. Les recherches sur le nucléaire ont débuté en Inde dès 1974. Vers une extension du conflit Si l’utilisation du nucléaire reste très hypothétique, la communauté internationale n’est pas pour autant indifférente au conflit. Tout à fait consciente du risque d’un embrasement régional, elle ne cesse d’appeler les deux parties à la retenue. Pendant près de cinquante ans, le conflit a été considéré par la communauté internationale comme local. Les États-Unis notamment n’y trouvaient pas d’intérêt. Aujourd’hui, le Cachemire est entouré de trois puissances nucléaires, l’Inde, le Pakistan et la Chine. De plus, outre le conflit pakistanais, le Chine et l’Inde entretiennent des relations tendues depuis 1962. Les données ont donc quelque peu changé. Cette partie du monde, qui a essuyé trois guerres en un demi-siècle, est considérée comme une région à risque. Un risque notamment nucléaire. Les menaces d’un conflit direct entre l’Inde et le Pakistan ne peuvent en outre être ignorées. Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee n’a pas hésité à affirmer que l’Inde devait être prête pour la guerre. Une solution au problème n’est pas encore en vue. Malgré les espoirs suscités par le voyage de Atal Behari Vajpayee à Lahore pour rencontrer son homologue pakistanais lors d’un premier sommet bilatéral depuis dix ans, les accrochages ont repris de plus belle sans qu’une issue pacifique n’apparaisse réellement. Le conflit pourrait-il dégénérer en guerre ouverte entre l’Inde et la Pakistan ? Certains éléments permettent d’en douter. D’une part, la situation économique des deux puissances est trop critique pour qu’elles puissent se permettre de financer une véritable guerre. D’autre part, la situation interne des deux pays n’est pas assez stable pour assurer la gestion d’une guerre à grande échelle. Le maintien de l’ordre dans leurs propres frontières requiert déjà beaucoup de moyens et d’attention. Le nucléaire, enfin, exerce un effet dissuasif. Les puissances occidentales n’ont parallèlement aucun intérêt à voir la situation dégénérer. Les multiples appels américains ou européens à la reprise au dialogue l’illustrent bien. Cependant, alors que les affrontements gagnent en violence au fil des jours, on peut craindre que le Pakistan finisse par opter pour la fuite en avant. L’esprit même de ses combattants, convaincus de défendre la cause de l’Islam, va dans ce sens.
Longtemps passé sous silence, le conflit cachemiri tient maintenant le haut du pavé dans le classement des poudrières de la planète. Tant les répercussions éventuelles de cette lutte territoriale sur les situations internes des deux belligérants que ses répercussions à l’échelle régionale ont éveillé l’inquiétude des puissances internationales qui lancent des appels à la retenue et à la reprise des négociations. Une inquiétude particulière entoure le conflit au Cachemire du fait de la possession par les deux belligérants de l’arme nucléaire. Les essais atomiques et tests de missiles balistiques de l’Inde et du Pakistan en mai 1998 sont là pour rappeler le potentiel explosif du conflit. Actuellement, l’Inde est en possession de deux systèmes de missiles balistiques à capacité nucléaire. L’Agni (le...