David Cronenberg, cinéaste canadien, vient de présider le jury du Festival de Cannes. Un cinéaste absolument pas ordinaire : Cronenberg détourne les codes et les règles du cinéma de l’horreur «classique» pour faire des films impressionnants, écartelés – comme l’a très bien dit S. Blumenfeld – «entre le sublime et l’abject, la science et l’esthétique, l’âme et le corps, le réel et le virtuel, l’Amérique et l’Europe». Le rappel de quelques titres : Videodrome (83) – The Fly (86) – Dead Ringers (Faux-semblants – 88) – Naked Lunch (91) – M. Butterfly (93) – Crash (96) – et, en dernier lieu, eXistenZ. Vraiment de quoi faire peur, souvent, au point que Martin Scorsese avait dit : «La simple idée de rencontrer David Cronenberg me fait peur, tant ses films sont effrayants». Pour se raviser par la suite : «J’ai été surpris de découvrir, au lieu d’un dingue, un type qui ressemblait à un gynécologue de Beverly Hills». La comparaison est bien choisie, à tous égards. Intéressant, Cronenberg, quand il parle du cinéma américain : «Je crains qu’il n’y ait plus un jour, qu’une sorte de films : ceux produits par Hollywood. C’est frappant de voir aujourd’hui la perte de langage qui accompagne le cinéma. Bertolucci n’a, par exemple, plus tourné un seul film en italien depuis vingt ans. On accepte désormais le fait qu’un film doit se parler en anglais, et que tout ce qui n’est pas hollywoodien n’a de raison d’être que dans les festivals de cinéma. Or, je sais que je n’aurais pas supporté la pression d’une carrière hollywoodienne. J’aurais véritablement explosé...». C’est que Cronenberg avait précisé auparavant : «McLuhan disait que s’il avait vécu aux États-Unis, il n’aurait jamais été capable de comprendre ce pays» (tout comme l’Américaine de Nikita Mikhalkov, dans Le barbier de Sibérie, avoue ne pouvoir rien comprendre à l’immense Russie!). Les propos de Cronenberg, sur la situation présente du cinéma, révèlent une inquiétude fondée. Le processus est-il irréversible?
David Cronenberg, cinéaste canadien, vient de présider le jury du Festival de Cannes. Un cinéaste absolument pas ordinaire : Cronenberg détourne les codes et les règles du cinéma de l’horreur «classique» pour faire des films impressionnants, écartelés – comme l’a très bien dit S. Blumenfeld – «entre le sublime et l’abject, la science et l’esthétique, l’âme et le corps, le réel et le virtuel, l’Amérique et l’Europe». Le rappel de quelques titres : Videodrome (83) – The Fly (86) – Dead Ringers (Faux-semblants – 88) – Naked Lunch (91) – M. Butterfly (93) – Crash (96) – et, en dernier lieu, eXistenZ. Vraiment de quoi faire peur, souvent, au point que Martin Scorsese avait dit : «La simple idée de rencontrer David Cronenberg me fait peur, tant ses films sont effrayants». Pour se raviser par...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.