Les critiques auxquelles la Fête de la musique a donné lieu (organisée lundi dernier sur la corniche de Aïn Mreyssé), et dont nous nous sommes fait l’écho, ont suscité deux mises au point, l’une de l’organisateur – le Centre culturel français – et l’autre de M. Fouad E. Maroun au nom du groupe Champlain, qui s’était produit ce soir-là. Les explications du CCF et de M. Maroun portent sur les conditions d’organisation de cette fête. Elles ne réfutent pas le point de vue de tous ceux et celles qui ont été déçus par cette soirée. M. Fouad Maroun écrit : «Chaque groupe libanais avait, “au maximum”, 25 minutes de passage, incluant la montée et la descente de scène, la mise en place des instruments et des micros et le réglage du son. Ceci laisse 15 à 20 minutes de temps de chanson effectif au groupe, temps durant lequel un membre de l’organisation prenait soin de rappeler continuellement aux chanteurs qu’il fallait se préparer à quitter la scène. Sachant qu’il faut au moins une ou deux chansons pour entrer dans l’ambiance, vous pourrez constater par vous-mêmes la quasi-impossibilité pour les groupes d’assurer une présence valable sur scène. «La technique et le son étaient médiocres. Chaque groupe libanais a eu droit, la veille du spectacle, à un “sound-check” de 15 minutes. “Sound-check” qui n’a d’ailleurs servi à rien, le technicien ne prenant aucune note des réglages qu’il faisait. De plus, le son sur scène était particulièrement mauvais le jour du spectacle, ce qui a forcément réduit la qualité de la prestation des groupes libanais. «En contrepartie, les “pros” de “Chebab Artistes” (venus de France) avaient leur propre ingénieur du son et ont eu droit à trois heures de “sound check” (durant lesquelles les “petits minables” libanais poireautaient en attendant leur tour) et à plus d’une heure de passage sur scène; il devient facile, sinon obligatoire, dans ces conditions, d’assurer une présence scénique remarquable. «Finalement, j’aimerai remercier toutes les personnes qui nous ont spontanément exprimé leur satisfaction ainsi que celles qui nous ont formulé leurs critiques constructives». Les précisions du CCF Pour sa part, le CCF fait valoir ce qui suit : «Suite aux articles de “L’Orient-Le Jour” concernant la Fête de la musique, parus les 22 et 23 juin 1999, le Centre culturel français souhaite apporter quelques éléments d’informations complémentaires au sujet de l’organisation de la Fête de le musique 99. «En 1999, le Centre culturel français se devait de marquer ce rendez-vous, fêté par 102 pays du monde, par un événement exceptionnel destiné à s’inscrire dans le cadre de “Beyrouth, capitale culturelle”, à savoir animer la corniche de Beyrouth, lieu symbolique où se côtoient tous les Libanais. Pour cela, plusieurs séances de travail organisées à l’initiative de l’administrateur de Beyrouth ont abordé les questions de la circulation, du voisinage – en particulier de la présence de la mosquée, dont les responsables ont été informés préalablement – et de la sécurité des spectateurs. «Ce spectacle gratuit, offert à tous, démarré à 18h00 – afin de permettre à un grand nombre de formations de jouer – avec le bataillon indien de la Finul, terminé à 2h30 du matin, a voulu rester fidèle au concept de la “Fête de la musique”, dont le slogan “Faites de la musique” définit le principe : donner à “tout le monde” l’occasion de s’exprimer. Pour cela, le Centre culturel a souhaité programmer 12 groupes libanais, afin de donner l’occasion à ces musiciens amateurs de se produire devant un public, par amour de la musique et ceci dans une gamme artistique la plus large, afin de satisfaire aux goûts les plus variés des spectateurs, sans jamais promettre au public “monts et merveilles” ni chercher à “embraser la foule”. Le public présent ce-soir là a su y trouver son compte, comme en témoignent les images transmises par l’ensemble des chaînes de télévision. «Le Centre culturel français regrette que “L’Orient-Le jour” n’ait retenu de cette initiative que des éléments qui, de fait, devraient être radicalement reprochés à un grand spectacle payant présentant des professionnels, et homogène dans sa programmation artistique, autant d’éléments qui sont aux antipodes de ce qu’à voulu le ministre français de la Culture, Jack Lang, au lancement de cette manifestation».
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