Le Groupe islamique armé algérien (GIA) d’Antar Zouabri menace d’intensifier ses attentats en Algérie et à l’étranger, dans un communiqué diffusé mardi par le quotidien arabe al-Hayat. Le communiqué s’en prend violemment aux partisans de la «trêve» décidée par l’Armée islamique du salut (AIS), le bras armé du Front islamique du salut (FIS, dissous) et qui a décidé de déposer les armes. L’AIS avait annoncé cette décision, il y a une quinzaine de jours, dans une lettre au président Abdelaziz Bouteflika. Les partisans de la trêve «ont prêté allégeance à la junte militaire en se soumettant aux conditions inacceptables imposées par le général Smain Lamari (numéro deux des services secrets)», affirme le communiqué, le premier du GIA depuis les massacres de l’été 1997 en Algérie. «Le GIA, seul cadre légitime du djihad (guerre sainte) en Algérie, réaffirme que son silence ne signifie pas une altération de sa détermination et qu’il va poursuivre son djihad en usant du langage du feu et du fer contre les apostats et les mécréants», menace le texte. «Le GIA annonce une intensification de son djihad aussi bien sur la ligne de front à l’intérieur du pays qu’à l’étranger et cela n’est pas un choix mais une nécessité légitime», ajoute-t-il. «Le GIA considère que ses émirs sont ses ambassadeurs et ses soldats ses diplomates (...). Il promet aux gouvernements qui s’impliqueront dans la répression des moudjahidine un déluge de terreur et des bains de sang», poursuit le communiqué. «Le GIA ajoute sur la liste des ennemis de l’islam tout État ayant signé un document condamnant le djihad et menace de frapper sans avertissement ses représentants et ses intérêts», prévient encore cette organisation. Ce texte a été signé par Abou Hamza el-Afghani, émir de la phalange de Chouhada (martyrs), un lieutenant de Zouabri. «Un président en mal de légitimité» L’AIS, qui observe une trêve depuis le 1er octobre 1997, a annoncé qu’elle déposait les armes et se mettait sous l’autorité de l’État. Cette trêve avait été dénoncée comme un «acte d’apostasie» par les principaux rivaux de l’AIS, le GIA et le GSPC, fondé en octobre 1998, opposés à «tout dialogue» et à «toute réconciliation» avec le pouvoir et qui ne reconnaissent pas la tutelle politique du FIS. Le communiqué diffusé par al-Hayat critique également la correspondance échangée ces derniers jours entre le chef de l’AIS, Madani Mezrag, le chef du FIS, Abassi Madani et le président Bouteflika. Dans cette correspondance, Abassi Madani approuvait notamment la démarche de Madani Mezrag et demandait aux autres groupes armés de se «joindre à la paix». Le président Bouteflika avait répondu qu’il allait soumettre un projet de loi pour régler la situation juridique des islamistes armés qui se rendraient. Ce texte qualifie cette correspondance d’«échange de salutations et de politesses entre une catégorie qui a choisi la fuite et un président en mal de légitimité». Le GIA est particulièrement implanté dans la capitale, la plaine de la Mitidja et les monts de Blida, aux portes sud d’Alger, dans l’ouest du pays, alors que le GSPC est surtout basé en Kabylie, à l’est d’Alger. Les combattants de l’AIS, évalués à quelques milliers, sont stationnés dans des cantonnements à Jijel (est), Chlef (ouest) et Larbâa (algérois).
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