Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Reproduction La stérilité au masculin(photos)

La stérilité masculine est un problème que, depuis la nuit des temps, on aborde sur la pointe des pieds. Si l’histoire des hommes est peuplée de femmes répudiées, souvent même exécutées parce qu’elles s’avéraient incapables d’assurer à leur maître et seigneur une descendance, aucun homme n’a subi le même sort pour la même raison. Lorsque le cas se présentait, on trouvait toujours un bouc émissaire pour lui faire endosser la responsabilité de l’infécondité seigneuriale. Même de nos jours le sujet reste particulièrement délicat. D’ailleurs, la médecine actuelle dispose d’un nombre limité d’examens permettant d’évaluer la fertilité masculine. Le spermogramme n’est interprété que selon une règle assez shématique, dite «des 60»: 60 millions de spermatozoïdes par cm3 (60% de spermatozoïdes normaux et 60% de mobilité à la première heure suivant l’émission) permettent une évaluation de la fécondité; moins de 60% de spermatozoïdes normaux, la graine masculine est jugée insuffisante. Or le problème est bien plus complexe que cela. Ainsi, de nouveaux espoirs viennent à l’aide des «insuffisants» inspirés par des techniques qui s’avèrent de plus en plus efficaces. C’est là peut-être un des plus précieux cadeaux du siècle qui se termine. Face au miracle d’une vie qui surgit contre tout espoir, pour rectifier une injustice de la nature, on serait enclins de glisser en baissant les yeux sur son crime le plus lourd: l’invention de la bombe atomique. Entre l’absence totale de spermatozoïdes la redoutable «azoospermie», et la discrète diminution du nombre (ou de la mobilité) des spermatozoïdes que de drames, que de larmes, que de souffrances... Quand peut-on affirmer qu’une stérilité masculine est totale? Quand peut-on dire, comme on le fait pour les femmes, que «cet homme est “stérile”»? La logique intervient pour affirmer que lorsqu’il y a absence totale de spermatozoïdes on peut confirmer l’infécondité. Or des anomalies mineures peuvent aussi en être responsables. Un test peut apporter des réponses précises à ces interrogations. L’examen (post-coïtal) démystifie peut-être la sublimation de l’alchimie érotique mais il est absolument nécessaire pour savoir quelle est la qualité et la valeur précise du don de l’homme à la femme qu’il honore. C’est là un examen essentiel dans l’évaluation du pouvoir de fécondation des spermatozoïdes émis et en conséquence de la fécondité du sujet. Absence totale ou bien partielle? Une absence totale de spermatozoïdes peut provenir soit d’une complète obstruction des canaux transporteurs du sperme, soit de l’absence de leur fabrication au niveau des testicules. Face à une déficience évidente (absence ou insuffisance de spermatozoïdes), la science actuelle ne peut proposer que l’insémination du sperme amélioré en laboratoire. Injecté dans l’utérus maternel, au moment de l’ovulation, il sera en mesure de jouer convenablement son rôle. Une technique, proposée aux hommes à sperme détenteur de quelques spermatozoïdes mobiles et malformés, reste (heureusement) très peu prisée dans notre partie du monde par crainte du risque qu’elle représente. Le secours ultime alors des couples exclus du don de la procréation reste l’insémination médicale avec donneur. La révolution «ICSI» L’Intra Cytoplasmique Spermatozoïde Injection (ICSI), mise au point en 1992 par le Pr Palerme, est véritablement la tentative ultime: «un seul» spermatozoïde est injecté à l’intérieur même de l’ovule (l’œuf féminin). Pour schématiser cette opération de la dernière chance, on peut dire que le timide candidat (les spermatozoïdes), paralysé par le trac, se montre incapable de pénétrer l’ovule et de former ainsi la toute première cellule d’un futur être humain. On va donc l’introduire à l’intérieur même de l’ovule en le poussant médicalement. Mais la grande difficulté de cette méthode consiste dans la sélection du spermatozoïde valide, compte tenu du fait qu’il existe souvent une absence totale de spermatozoïdes dans le sperme émis. C’est alors en ponctionnant la canalisation sortant des testicules, l’épididyme, qu’on parvient à capter des spermatozoïdes. Si, même là il y a absence de la précieuse graine paternelle, une biopsie du testicule permettra de trouver un ou plusieurs des spermatozoïdes recherchés. La ponction ovarienne permet de recueillir chez la femme l’ovule nécessaire à la mise en marche de la fabrication d’un être humain sans que le Seigneur courroucé chasse du laboratoire-paradis l’auteur du crime lèse-création. Le dernier acte de cette épopée consiste à l’implantation du couple fusionnel spermatozoïde-ovule dans l’utérus maternel où l’embryon deviendra fœtus. La gestation se poursuivra identique à une grossesse classique. Une réussite sur trois On évalue à 30% la réussite de cette méthode (ICSI) qui se rapproche de près de la fécondation «in vitro». Généralement, on implante dans l’utérus plus d’un ovule fécondé (embryon) mais jamais plus de trois, afin d’éviter les grossesses multiples. Les résultats toutefois sont meilleurs lorsque les spermatozoïdes proviennent du liquide séminal lors d’une éjaculation, ou encore repérés dans l’épididyme. Un point positif très important à signaler: le taux de malformation des enfants nés par ICSI est strictement identique à celui des enfants conçus naturellement. Il va sans dire pourtant que d’éventuelles anomalies génétiques présentes chez les parents seront transmises, selon les lois de l’hérédité, à l’enfant implanté. Si donc la stérilité du père est due à une anomalie génétique, située généralement sur le chromosome Y, les enfants mâles qui naîtront grâce à l’ICSI auront eux-mêmes la même anomalie. Le dernier point d’interrogation que seul le temps permettra d’éclaircir c’est le développement de ces enfants à long terme. Entre-temps, c’est aux couples de décider en toute connaissance de cause s’ils sont prêts à prendre le risque. D’où la nécessité absolue d’être mis au courant de toute la situation, y compris des dangers encore peu connus des méthodes innovatrices.
La stérilité masculine est un problème que, depuis la nuit des temps, on aborde sur la pointe des pieds. Si l’histoire des hommes est peuplée de femmes répudiées, souvent même exécutées parce qu’elles s’avéraient incapables d’assurer à leur maître et seigneur une descendance, aucun homme n’a subi le même sort pour la même raison. Lorsque le cas se présentait, on trouvait toujours un bouc émissaire pour lui faire endosser la responsabilité de l’infécondité seigneuriale. Même de nos jours le sujet reste particulièrement délicat. D’ailleurs, la médecine actuelle dispose d’un nombre limité d’examens permettant d’évaluer la fertilité masculine. Le spermogramme n’est interprété que selon une règle assez shématique, dite «des 60»: 60 millions de spermatozoïdes par cm3 (60% de...