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Actualités - Reportages

La revue hebdomadaire des marchés financiers Beyrouth : dollar survendu

Le calme est revenu sur le marché des changes de Beyrouth cette semaine au lendemain de la tentative de déstabilisation de la situation intérieure dans le pays illustrée par l’acte terroriste qui avait coûté la vie à quatre magistrats au Palais de justice de Saïda. De fait, les opérateurs ont été réconfortés par la décision du gouvernement, lundi, de reconduire le mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), M. Riad Salamé, pour un nouveau sexennat à la tête de cette institution. Certes, cette mesure, qui constitue un appui à la politique de stabilité monétaire et de lutte contre l’inflation menée avec grand succès par le gouvernorat de la BDL, est venue renforcer la demande de la livre libanaise. Celle-ci ne devait guère se ressentir par la suite du tollé soulevé par la publication d’un communiqué attribué à des «sources ministérielles» anonymes contre l’ancien chef du gouvernement M. Rafic Hariri. En effet, le dollar continuait à être survendu jusqu’à la fin de la semaine en l’absence d’intérêts à la demande en dehors de la BDL. Mais, c’est grâce au maintien par celle-ci de son taux d’intervention à l’achat à 1 502,00 LL tout en le proposant à 1 514,00 LL, que le billet vert a pu clôturer tous les jours, de lundi à vendredi, au même taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre 1998, tout en se négociant pratiquement dans les échanges interbancaires au bas de cette fourchette d’intervention, entre 1 502,00 et 1 502,50 LL, comme la semaine dernière. Mais, il n’en demeure pas moins que, dans cette évolution, l’activité du marché est demeurée modérément nourrie avec des volumes d’affaires ne dépassant pas sur la semaine quelque 65 millions de dollars, en grande partie achetés par la BDL à 1 502,00 LL, à en croire les milieux cambistes de la place. Fermeté du dollar malgré l’intervention de la Banque du Japon À l’étranger, la Banque du Japon a pris des mesures concrètes cette semaine pour contrer la récente montée du yen en intervenant sur les marchés des changes internationaux à plusieurs reprises, notamment hier, un geste qui a profité indirectement à l’euro. Mais sur la semaine, le dollar est resté relativement soutenu face aux principales devises alors que la perspective de hausse des taux d’intérêt américains à la fin du mois a paru se préciser la veille avec l’intervention du président de la Réserve fédérale (Fed) devant la commission économique du Congrès. De fait, depuis le rebond surprise de la croissance japonaise révélé la semaine dernière, les cambistes n’ont cessé ces derniers jours de tester le yen à la hausse face au dollar et ont persisté malgré une intervention au début de la semaine de la Banque du Japon. Toutefois, les opérateurs ont été pris de court hier en début d’après-midi par des ventes massives de yen sur le marché. En l’espace de quelques minutes, le dollar est passé de 119,00 à plus de 120,00 yens alors que l’euro a rebondi dans le même temps de près de 1,03 dollar à plus de 1,04 dollar. Ce mouvement a été attribué immédiatement à une intervention concertée de banques centrales dont la Banque centrale européenne (BCE) qui a confirmé peu après avoir acheté massivement des euros et vendu des yens sur la demande et pour le compte de la Banque du Japon. Selon certaines sources dignes de foi, la Fed américaine serait également intervenue. Le fluctuations sur le yen se sont répercutées sur la parité dollar/euro et ont sauvé la monnaie unique européenne d’un nouvel accès de faiblesse qui l’avait entraînée par moments sous le seuil de 1,03 dollar, soit non loin de son record de faiblesse de 1,0260 dollar établi le 7 juin. La monnaie unique européenne n’a toutefois pas retrouvé ses niveaux de la semaine précédente. Pourtant le baromètre IFO sur le climat d’affaires en Allemagne, meilleur que prévu, est venu confirmer le sentiment de reprise de l’économie allemande signalé par les derniers chiffres sur la croissance parus la semaine précédente. Les investisseurs ne semblent cependant pas encore convaincus du redémarrage de l’activité en Allemagne et n’ont pas apprécié la mise en garde lancée la veille par le ministre français de l’Économie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn, quant à un possible dépassement par la France du critère de Maastricht sur l’endettement public. De son côté, le dollar a toujours la faveur des investisseurs, l’économie américaine continuant à conjuguer forte croissance et faible inflation et alors qu’une hausse prochaine des taux d’intérêt aux États-Unis semble de plus en plus probable. A cet égard, le discours d’Alan Greenspan devant le Congrès, jeudi dernier, a en effet semblé confirmer ce sentiment sans pour autant affoler Wall Street, la Fed paraissant n’envisager qu’un resserrement limité de sa politique monétaire. Alan Greenspan a déclaré que la Fed devrait resserrer légèrement sa politique monétaire «préventivement pour éviter que les déséquilibres actuels ne menacent à terme la stabilité économique». C’est dans ce contexte que le dollar est parvenu à achever la semaine hier sur un ton soutenu par rapport à la semaine dernière, se négociant hier à New York comme suit : – 1,0387 pour un euro contre 1,0535, vendredi dernier – 1,5965 pour un sterling contre 1,6175 – 1,8830 DM contre 1,8565 – 6,3150 FF contre 6,2265 – 1,5375 FS contre 1,5140 – 1 864,25 lires contre 1 838,25 – 120,50 yens contre 118,10. Bourse de Beyrouth : coup d’arrêt à la hausse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a dû interrompre son mouvement ascensionnel de la semaine dernière à la suite de la baisse des actions A de Solidere et de celles au porteur des Ciments blancs dans une proportion plus grande que la hausse des actions nominatives de cette dernière société dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a légèrement diminué de 0,08 % à 77,67 points à la fin de cette semaine contre 77,73 points à la fin de la semaine dernière, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 179,03 points. Cette évolution s’est produite cette semaine dans des volumes d’affaires extrêmement faibles, ne dépassant pas au total 270 798 actions d’une valeur de 1 073 320 dollars contre 341 486 actions d’une valeur de 1 851 142 dollars la semaine dernière. Bonne semaine pour Wall Street Sur les autres places, Wall Street a renoué avec la hausse cette semaine, ignorant l’avertissement du président de la Fed, Alan Greenspan, selon lequel il devait agir préventivement en matière de politique monétaire en envisageant un relèvement d’un quart de point en pourcentage à 5 % des taux servis sur les fonds fédéraux (Fed funds). Certes, le marché a évolué toute cette semaine sous le signe des opérations de mise à jour et d’habillage de portefeuilles à l’occasion de l’expiration mensuelle, trimestrielle et semestrielle d’options sur des actions et des indices boursiers à terme (journée des trois sorcières). Dans ce contexte, la publication de nouvelles statistiques montrant une absence d’inflation aux États-Unis et une croissance toujours soutenue mais sans surchauffe, avec comme corollaire un indice des prix à la consommation inchangé et un ralentissement de la hausse de la production industrielle en mai, est venue donc rassurer les opérateurs quant à l’avenir de leurs placements en actifs américains. Certes, nombre d’entre eux considèrent d’ores et déjà une hausse d’un quart de point des taux de base de la Fed dans les cours. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles s’est installé sur une ligne ascendante dès le début de la semaine, pour afficher hier en préclôture 10 842,89 points contre 10 490,51 points à la fin de la semaine dernière, marquant une hausse de 3,36 % d’une huitaine à l’autre. Bonne tenue des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont également affiché une bonne orientation cette semaine sous l’impulsion du marché américain après que le président de la Fed eut laissé entendre que les taux américains ne seraient que légèrement relevés. Cette perspective est venue donc apaiser les craintes de voir Wall Street fortement malmenée par une série de hausses du loyer de l’argent. Finalement, l’indice Footsie de la Bourse de Londres a achevé la semaine en hausse de 0,66 % à 6 527,80 points, l’indice X-DAX de la Bourse de Francfort a gagné 0,78 % à 5 337,19 points ainsi que l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris qui a avancé de 3,51 % à 4 539,56 points, alignant trois records consécutifs de hausse au-dessus du seuil psychologique des 4 500 points. Tokyo devrait poursuivre sa progression La Bourse de Tokyo devrait continuer sa progression la semaine prochaine, les investisseurs restant confiants dans la reprise économique japonaise, selon les analystes. La tendance sur le marché a changé depuis l’annonce d’une hausse surprise de 1,9 % du Produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre 99, expliquent les opérateurs. Cette hausse a mis fin à 15 mois consécutifs de contraction de l’activité économique et représente un taux de croissance pour le premier trimestre 99 de 7,9 % en rythme annuel. «Le marché à Tokyo va continuer à monter», estime Massaki Higashida de Nomura Securities, à l’issue d’une semaine au cours de laquelle la Bourse a atteint son plus haut niveau depuis 20 mois. Suite à l’annonce des chiffres du PIB le 11 juin, les investisseurs vont continuer à «essayer de corriger les positions prises sur des estimations erronées», a-t-il estimé. L’indice Nikkei a gagné 232,71 points sur la semaine, soit 1,4 %, et a terminé à 17 431,26. L’indice de référence de la Bourse de Tokyo s’est affiché jeudi à 17 470,45, son plus haut niveau depuis le 22 octobre 1997. Il affichait une modeste perte de 0,2 % vendredi, en raison de prises de bénéfices, suite à la progression de la veille.
Le calme est revenu sur le marché des changes de Beyrouth cette semaine au lendemain de la tentative de déstabilisation de la situation intérieure dans le pays illustrée par l’acte terroriste qui avait coûté la vie à quatre magistrats au Palais de justice de Saïda. De fait, les opérateurs ont été réconfortés par la décision du gouvernement, lundi, de reconduire le mandat du gouverneur de la Banque du Liban (BDL), M. Riad Salamé, pour un nouveau sexennat à la tête de cette institution. Certes, cette mesure, qui constitue un appui à la politique de stabilité monétaire et de lutte contre l’inflation menée avec grand succès par le gouvernorat de la BDL, est venue renforcer la demande de la livre libanaise. Celle-ci ne devait guère se ressentir par la suite du tollé soulevé par la publication d’un communiqué...