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Actualités - Chronologie

Exposition - Van Gogh, Magritte, Calder Le mythe de la Nouvelle Frontière

L’évolution du mythe de la Nouvelle Frontière fait l’objet, sous le titre «Cosmos», d’une importante exposition au musée des Beaux-Arts de Montréal où voisinent tableaux de Van Gogh ou de Magritte, mobiles de Calder et cafetière en forme de sphère terrestre. Trois cent quatre-vingts œuvres – peintures, sculptures, dessins, objets d’art décoratif et photographies – en provenance de dix-sept pays racontent jusqu’au 17 octobre la progression du rêve d’un «ailleurs» inexploré et forcément merveilleux au cours des deux derniers siècles. Le commissaire de l’exposition, Jean Clair, directeur du musée Picasso à Paris et ancien conservateur du musée Pompidou, dit vouloir participer ainsi à l’«archéologie du savoir» chère au sociologue Michel Foucault. L’exploration de l’Univers, au XIXe siècle, c’est d’abord celle de la Terre, la conquête de l’Ouest et les artistes s’émerveillent devant les séquoias géants ou les chutes du Niagara. Une fois l’Ouest exploré, la curiosité se tourne vers le Grand Nord qui fait toujours rêver, avec ses icebergs beaucoup plus colorés qu’on ne le croit et ses aurores boréales. Mais bientôt on se lasse des étendues glacées et les artistes regardent encore plus loin, vers l’espace qui les inspire. « Terreur sacrée » Il y a le ciel étoilé de Van Gogh, une toile très dense du Musée Kroller-Muller, prêtée en échange de 14 Picasso. Il y a aussi les Constellations de Calder, les dessins de Méliès pour Le voyage dans la Lune ou les tourbillons de Kupka. Chirico, Mondrian, Kandinsky et Goya sont aussi de la partie. Tintin est là avec On a marché sur la Lune et Objectif Lune. On peut voir aussi l’œuf cosmique de Brancusi Commencement du monde, La planète affolée de Max Ernst ou les photos de la Lune prises par des sondes de la Nasa. Les photographies d’étoiles en couleurs réelles – oranges, bleues ou blanches – ressemblent à des peintures et l’artiste parfois, comme Miro et son Bleu, semble rester bouche bée devant la réalité céleste. À moins qu’il ne veuille fuir le quotidien et s’y évader. L’étrange montage d’Ilya Kabakov de l’Homme qui s’est envolé dans l’espace depuis son appartement, grandeur nature, occupe toute une salle du musée. Claudio Parmiggiani pose une échelle devant un hublot ouvrant sur la seule galaxie – de quoi ressentir la «terreur sacrée» dont parlait Victor Hugo en regardant les étoiles. Une vingtaine d’instruments scientifiques d’observation et le premier prototype de combinaison spatiale aident à redescendre sur terre. Cette exposition thématique, en hommage à l’an 2000, «provoque la réflexion», souligne Pierre Théberge, directeur du comité scientifique. C’est actuellement «une des plus belles expositions à voir dans le monde», estime le directeur du musée des Beaux-Arts de Montréal, Guy Cogeval. Elle se rendra en novembre à Barcelone.
L’évolution du mythe de la Nouvelle Frontière fait l’objet, sous le titre «Cosmos», d’une importante exposition au musée des Beaux-Arts de Montréal où voisinent tableaux de Van Gogh ou de Magritte, mobiles de Calder et cafetière en forme de sphère terrestre. Trois cent quatre-vingts œuvres – peintures, sculptures, dessins, objets d’art décoratif et photographies – en provenance de dix-sept pays racontent jusqu’au 17 octobre la progression du rêve d’un «ailleurs» inexploré et forcément merveilleux au cours des deux derniers siècles. Le commissaire de l’exposition, Jean Clair, directeur du musée Picasso à Paris et ancien conservateur du musée Pompidou, dit vouloir participer ainsi à l’«archéologie du savoir» chère au sociologue Michel Foucault. L’exploration de l’Univers, au XIXe siècle,...