Le Congrès, à l’instar de l’opinion publique américaine, a poussé un «ouf» de soulagement au sortir de la crise du Kosovo, mais rares sont ceux qui crient victoire. Selon un sondage d’opinion, publié en début de semaine par le quotidien USA Today , 40 % des Américains estiment que l’issue de la guerre représente une «victoire» pour les États-Unis. Mais ils sont 53 % à penser le contraire. Au Congrès, dominé par les adversaires républicains du président Bill Clinton, les deux Chambres se sont abstenues jusqu’à présent de voter une résolution félicitant l’Otan, et donc le président, pour avoir remporté la partie de bras de fer face au président yougoslave Slobodan Milosevic, dont nombre d’élus réclament la tête. «Ce n’est pas encore fini», a reconnu le sénateur démocrate Joseph Biden, tête de file de son parti à la commission des Relations étrangères et confident du président sur ces questions. Le Congrès, souvent hostile à l’envoi des GI’s à l’étranger, «n’a encore vu aucune proposition détaillée (du gouvernement) concernant la future marche à suivre», selon le sénateur du Delaware. «Bien sûr, celui qui mérite le plus de félicitations est Clinton, le seul au sein du gouvernement qui n’ait jamais eu de doute sur la marche à suivre», selon M. Biden. Mais ce n’est pas le moment pour les démocrates de faire les fiers face aux républicains, dont certains ont été très critiques vis-à-vis des objectifs et de la conduite la guerre, car leur coopération sera nécessaire pour la suite des événements, souligne M. Biden. Le Congrès est particulièrement prudent car «tous se rendent compte que les soldats américains sont appelés à rester un bon moment au Kosovo et l’opération de maintien de la paix pourrait être plus dangereuse pour eux que les opérations de bombardement», souligne pour sa part un responsable républicain du Congrès. «Le gouvernement Clinton fait passer le bon message en faisant valoir que c’est l’Europe qui assumera l’essentiel des coûts de reconstruction, mais tout le monde sait que les institutions financières internationales joueront un rôle de premier plan, ce qui implique les Etats-Unis», leur principal bailleur de fonds, selon ce responsable qui a requis l’anonymat. La perspective républicaine est que «les États-Unis ont assumé l’essentiel des coûts et des risques pendant la guerre aérienne. Maintenant, c’est au tour des autres de payer», a-t-il ajouté. «Ce n’est pas au contribuable américain de payer pour la stabilité en Europe», affirmait mardi le représentant républicain Dana Rohrabacher. «L’Europe nous doit beaucoup et nous devons très peu à l’Europe», affirmait pour sa part le représentant démocrate Tom Lantos, qui est né en Hongrie. En attendant le retrait final des troupes yougoslaves du Kosovo, l’installation des troupes de l’Otan, le retour des réfugiés et la présentation d’une ardoise pour payer la reconstruction, le Congrès, qui estime déjà à 20 milliards de dollars le coût des opérations, se refuse à accorder un blanc-seing à la politique présidentielle. Le gouverneur du Texas et prétendant à l’investiture républicaine pour la course présidentielle, George Bush Junior, n’a d’ailleurs pas hésité à affirmer que l’Otan n’avait pas de «plan de mise en œuvre» de l’accord sur le Kosovo. «Nous avons un accord, sans plan de mise en œuvre», a souligné M. Bush, qui a exigé que M. Clinton dise «pour combien de temps les troupes (américaines) seront là-bas».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Congrès, à l’instar de l’opinion publique américaine, a poussé un «ouf» de soulagement au sortir de la crise du Kosovo, mais rares sont ceux qui crient victoire. Selon un sondage d’opinion, publié en début de semaine par le quotidien USA Today , 40 % des Américains estiment que l’issue de la guerre représente une «victoire» pour les États-Unis. Mais ils sont 53 % à penser le contraire. Au Congrès, dominé par les adversaires républicains du président Bill Clinton, les deux Chambres se sont abstenues jusqu’à présent de voter une résolution félicitant l’Otan, et donc le président, pour avoir remporté la partie de bras de fer face au président yougoslave Slobodan Milosevic, dont nombre d’élus réclament la tête. «Ce n’est pas encore fini», a reconnu le sénateur démocrate Joseph Biden, tête...