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Actualités - Analyse

Des querelles préjudiciables aux intérêts du pays

Un refrain jamais usé, quoique ayant l’air un peu désuet à l’ère de la démocratie du tout-média : «C’est sous la coupole du Parlement, dit un ancien ministre, et nulle part ailleurs, que l’on doit, le cas échéant, prendre à partie le gouvernement». Sauf que c’est ce dernier qui porte l’attaque hors de l’Assemblée. Et par le moyen honteux d’un communiqué anonyme. Sauf aussi que les députés, pour leur part, ramènent effectivement la joute place de l’Étoile en posant à l’Exécutif sur ses agissements une question collective, transformable en interpellation puis, si besoin est, en motion de défiance. Toujours est-il que cet ancien ministre a raison quand il rappelle que «les querelles politiciennes font le plus grand tort à une économie nationale déjà mal en point. Sans compter que ces crêpages de chignon sordides sont mal venus au moment où la région aborde une phase de mutation qui va décider du sort de tous les pays qui en font partie. Le président Lahoud le rappelle fort à propos, en appelant l’unité des rangs intérieurs face aux visées de l’ennemi». Ce vétéran note ensuite que «les opposants sont dans leur rôle quand ils multiplient rencontres et déclarations visant à faire tomber le gouvernement. M. Hoss ne cesse de répéter que son gouvernement reste en place jusqu’aux législatives de l’an prochain. S’il trouve que cela ne suffit pas pour contrer une campagne antigouvernementale qui le gêne, il n’a qu’à mettre ses menaces à exécution en posant effectivement la question de confiance. Sans attendre que l’opposition dépose une motion de défiance. On mettrait ainsi un terme à la confusion ambiante. Si le Cabinet remporte le vote de confiance, ce qui est presque certain du moment qu’il est toujours protégé par les décideurs, alors l’opposition devra en tirer les conséquences et cesser de tenter de le déboulonner. De plus, le débat de confiance permettrait de clarifier nettement les choses, de savoir qui est vraiment avec le Cabinet et qui est contre. Car, aujourd’hui, au Parlement la majorité paraît flottante : nombre de députés se lancent dans les médias dans des surenchères critiques contre le gouvernement alors que dans les commissions ou en séance ils en approuvent les projets». Et de souligner que, «comme dans les pays évolués, il faut que la pratique démocratique passe par les institutions, non par des communiqués fantômes parachutés à l’Ani. L’affrontement doit se faire à visage découvert, c’est là le moindre des respects que l’on doit aux Libanais. Il est du reste un peu étonnant que devant l’outrage flagrant fait aux règles les plus élémentaires, devant le procédé illégal qui a été adopté, le parquet ne se soit pas ému immédiatement. Ceci sans compter la nécessité d’une enquête administrative et de la constitution également d’une commission d’enquête parlementaire. Car il y a dans cette affaire de mystérieux communiqué avalisé par l’information officielle une triple infraction : judiciaire, administrative et politique». Ceci étant, cette personnalité relève que, «de toute évidence, il y a litige entre l’Exécutif et le Législatif au sujet de la procédure à suivre pour le plan quinquennal, ce qui retarde l’examen du budget 1999. Les parlementaires dans leur ensemble souhaitent que le plan quinquennal soit jumelé au projet de loi de finances, pour qu’ils puissent en débattre et éventuellement en amender les dispositions. Ils font valoir que ce droit de contrôle est légitime, impératif même, puisque ce plan quinquennal découle d’une stratégie financière dont le gouvernement doit forcément rendre compte au peuple, c’est-à-dire à ses représentants. Le Cabinet s’y refuse cependant, en arguant du fait qu’il s’agit là d’un simple programme, d’un canevas général modifiable suivant les circonstances, l’Exécutif n’étant comptable que des projets de lois qui en découleraient et qui seraient pour leur part effectivement soumis à la Chambre. Cette dernière veut contrôler tout acte du gouvernement, c’est son droit. Le Cabinet affirme que le plan quinquennal n’est pas un acte de gouvernement mais une vision globale sujette à modification et qui n’est donc pas discutable en l’état. En principe, les deux points de vue en présence semblent se défendre. Mais on ne peut rester dans le flou. Il faut trancher en sollicitant un arbitrage, celui du Conseil d’État par exemple. Cependant, il ne s’agirait que d’un avis consultatif. Et le dernier recours, si on veut suivre la Constitution, serait qu’il y ait un vote à la Chambre même. Et si le résultat déplaît au gouvernement, il peut toujours annuler le plan quinquennal. Ou démissionner».
Un refrain jamais usé, quoique ayant l’air un peu désuet à l’ère de la démocratie du tout-média : «C’est sous la coupole du Parlement, dit un ancien ministre, et nulle part ailleurs, que l’on doit, le cas échéant, prendre à partie le gouvernement». Sauf que c’est ce dernier qui porte l’attaque hors de l’Assemblée. Et par le moyen honteux d’un communiqué anonyme. Sauf aussi que les députés, pour leur part, ramènent effectivement la joute place de l’Étoile en posant à l’Exécutif sur ses agissements une question collective, transformable en interpellation puis, si besoin est, en motion de défiance. Toujours est-il que cet ancien ministre a raison quand il rappelle que «les querelles politiciennes font le plus grand tort à une économie nationale déjà mal en point. Sans compter que ces crêpages...